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Malo : «Ma musique c’est juste moi, je suis pas là pour apprendre des trucs aux gens»

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MALO iD
Alyasmusic

Juste avant l’été, Malo (se) dévoilait (dans) iD. Simplement habillé de quatre photos de lui-même, cette nouvelle mixtape semble porter une idée claire : se révéler, sans concessions. 

Juste avant l’été, Malo (se) dévoilait (dans) iD. Simplement habillée de quatre photos de lui-même, dénuée de couleurs ou d’effets visuels, cette nouvelle mixtape semble porter une idée claire : se révéler, sans concessions. Rencontre avec un artiste ayant d’ores et déjà décollé de la rampe de lancement et sûr de savoir ce qu’il a à faire : «Je fais tout ce que je me demande de faire. Je ne suis pas juste artiste, je suis producteur aussi. Froid Comme Dehors c’est ma société, je pose les sous depuis. Ça veut dire que les réalités artistiques et économiques sont les miennes».

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Grandir en France, la tête aux États-Unis

Au sortir de 4X4, un projet condensé de quatre titres explosifs, qui a permis à Malo de crever l’écran autant visuellement que statistiquement, notamment grâce à “OK” avec La Fève en Cheval de Troie, le rappeur s’est imposé parmi les noms à suivre dans le rap francophone. Désormais identifié d’une branche d’auditeurs avertis, Malo a décidé de se dévoiler au sein d’un projet introspectif et fourni.

iD s’ouvre avec “KOBE”, référence évidente à l’un des meilleurs joueurs de l’histoire de ce sport. «Mon premier rêve c’était de jouer au basket, c’était le sport familial, explique Malo. Mais quand j’étais petit, personne ne calculait le basket. J’avais Shaquille O’Neal comme modèle en grandissant. Il faisait peur à la planète entière. Dans aucun autre sport il y avait un mec aussi dominant». Le jeune Malo se construit sur les parquets, mais rapidement les rêves de basket s’éloignent. À treize ans, il perd un défouloir presque vital et les choses changent du tout au tout : «Ça m’a tué. J’ai commencé à faire des conneries».

Malo ne se plaît pas en France. De septembre à juin, il ne pense qu’à passer les vacances aux États-Unis, auprès de sa famille paternelle. «Mon vrai chez moi c’était là-bas. Ici, je faisais ce que j’avais à faire pour mériter mon billet d’avion. Je partais et j’étais vivant trois semaines dans l’année. Ça me rechargeait assez pour deux ans. Je n’étais pas d’accord avec certaines choses qui se passaient en France, je pensais avoir la vérité en face des yeux quand j’étais aux States. Quand je retournais en France, je voyais juste la rue comme un tas de distractions et de mensonges».

Sa première claque liée au rap, c’est d’ailleurs avec les États-Unis qu’il la prendra : «Un jour, ma tante m’offre un baladeur CD avec l’album de Lil’ Bow Wow. À ce moment là je vois un enfant fan de basket qui a percé». Forcément Malo s’identifie au jeune Américain. Et malgré la méfiance de certains de ses proches envers le milieu de la musique et ses idéaux, il n’a jamais vraiment laissé le rap de côté : «Ça a toujours été là, comme un plaisir interdit».

Guidé par ses références américaines et cette culture de l’entertainment, Malo se cherche mais est persuadé d’une chose : il veut faire des trucs cools. C’est d’ailleurs cette envie qu’il met dans son rap au départ : «J’ai jamais été dans le délire de me créer un personnage ou me cacher. Je me suis toujours dit : “Il faut que l’artiste et la personne évoluent ensemble”. Donc d’entrée de jeu, je ne suis pas là pour en faire un exutoire et raconter ma vie. Je veux juste faire des trucs cools».

Et pour cause, quoi de mieux pour rassembler qu’être cool ? À l’image de ce qu’a su construire Supreme à coup de collaborations inattendues et d’une direction très claire, Malo veut rapidement devenir fédérateur : «Quand je découvre Supreme, je vois qu’ils ont réussis à connecter le rock et le rap, les skaters et les bicraveurs. Ils sont grave chauds. Ils sortent des planches de skate et des collabs avec Gucci Mane en même temps. C’est trop cool (rires)».

Une histoire de connexions

En juillet 2021, Malo se présente sur les plateformes avec son tout premier projet : FROIDCOMMEDEHORS. Il est le fruit d’un travail de longue haleine et d’importantes connexions pour sa musique. Et pour cause, quelques mois auparavant Malo rencontre Alyas, La Fève, Khali et d’autres. Il tombe au milieu d’une ruche en plein bourdonnement et qui s’apprête tout juste à exploser.

KOLAF a fait sauter le verrou un an auparavant et LAÏLA a tapé au même endroit, un mois seulement avant la sortie de FROIDCOMMEDEHORS. Une période intense et riche d’enseignements : «Tout s’accélère, et avec tout ce qui se passe sous mes yeux, j’en apprends énormément. Quand ils sont en train de finaliser le projet et le sortir, j’en apprends beaucoup. Je vois, ce qui se passe, ce que ça représente. Je vois tout l’amour qu’il y avait entre tout le monde».

Une appellation émerge : la New Wave. Un nom presque fourre-tout qui crée débat et que les artistes concernés ont parfois du mal à comprendre : «Il y a déjà des gens qui m’ont dit qu’on sonnait tous pareil. C’est des baisés. Khali l’a dit une fois, mais de là à en faire un groupe ? Au final, si tu prends les artistes et que tu les mets tous dans un sac, tu mets leur travail avec».

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Enfin, comment parler de la musique de Malo sans mentionner le nom de Platinumwav. Véritable architecte musical de ce premier disque, le jeune beatmaker forme avec le rappeur un duo à l’alchimie indéniable. Malo se souvient du jour de leur rencontre : «Je suis confronté aux meilleures prods que j’ai entendues de ma vie. Une prod, deux prods, trois prods, il me sort des noms de rappeurs qui ont pris la prod, ont essayé et ont pas réussi».

Une force de proposition qui n’effraie pas Malo. Mieux encore, le rappeur veut en faire sa force : «Je capte pourquoi ils refusent. Parce que Plat’ il a un truc à lui, qui sonne archi différent. Et si t’es un artiste qui a déjà une DA, ça peut t’écarter. Mais moi, je me dis direct que ça va être ça ma DA. Platinum il m’a construit un moule qui ressemblait exactement à ce que j’avais envie d’être, explique Malo. J’avais juste à me tailler pour pouvoir rentrer dans ce moule. Au départ elles sont trop biens pour moi. C’est dur, c’est un challenge. Mais personne ne me connaît, personne ne m’attend à ce moment-là. Donc je travaille, je prends mon temps parce que je veux honorer les prods».

Se livrer avec sincérité

«Ma musique c’est juste moi, je suis pas là pour apprendre des trucs aux gens ou les faire bander. C’est juste oim. Ceux qui veulent l’entendre, tant mieux». Cette doctrine pourrait à elle toute seule résumer iD. À travers les 11 pistes de la mixtape, Malo dessine son quotidien changé, celui qu’il mêne désormais en tant que rappeur. Sans oublier d’où il vient : «Aujourd’hui « MARNI”, “FETTUCCINI” mais aussi “SANS TAFF” ça raconte ma nouvelle réalité. J’ai été très très light dans iD par rapport à ça. Il y a des petites références, des petits trucs pour voir comment c’est reçu, explique Malo. Je ne veux pas que les gens pensent que maintenant je tape sur mon torse et que je bombe pour rien. J’ai galéré toute ma life à essayer de trouver du sens et maintenant que je l’ai trouvé, j’essaie juste d’améliorer les conditions de vie qui sont les miennes depuis que je suis arrivé dans le monde».

Une sincérité à toute épreuve poussée à son paroxysme sur “YAMAHA INTERLUDE”, l’une des pièces les plus importantes de iD. Un tableau impudique et curateur, le premier dans son genre pour Malo : «C’est le premier son que je fais dans ce style là. Mon zinc avec qui j’ai commencé la musique s’est donné la mort six mois après la sortie de FROIDCOMMEDEHORS. Quand j’ai fais “YAMAHA INTERLUDE”, je l’ai écouté pendant une semaine, et j’ai pensé à mon zinc». Un morceau qu’il lui dédie donc entièrement

«Dans 4X4 ou FROIDCOMMEDEHORS je dis : “Je fais pas de zumba ni de rap tristounet”. Et quand mon zinc part, ça m’a tué. J’étais pas bien et il fallait que je le mette en musique. Et Dieu merci j’ai rencontré Senpaï Katchy. Un bon de ouf, un niveau de bienveillance tu flippes. Quand on se rencontre on discute pendant deux heures et deux heures après on a fini “YAMAHA INTERLUDE”». Avec un tel morceau, Malo a entamé une mue de sa musique. Une pièce peut-être fondamentale pour la suite de sa discographie.

Malo – iD

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