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Que peut-on comprendre de la montée du troll rap ? Que peut-on comprendre de la montée du troll rap ?

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Que peut-on comprendre de la montée du troll rap ?

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Depuis un peu plus d’un an, nous ne pouvons que constater la montée d’un rap, aux paroles, a priori dénuées de sens. Regroupés sous le nom de troll rap, les rappeurs les plus représentatifs de ce mouvement sont Lorenzo ou encore Biffty. Cette absurdité poussée à l’extrême n’est pas sans rappeler la démarche des dadaïstes, qui utilisaient leur art pour mettre en lumière les aberrations de la société. 

Un troll est une personne qui est prête à dire ou faire n’importe quoi dans le but de créer la polémique. Particulièrement développée sur internet, la communauté troll commence à s’exprimer également dans la musique. Les rappeurs adeptes du concept semblent parfaitement au courant des ficelles du web et de la viralité.

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Troll rap ou le succès du troisième degré

Il y a quelques années déjà Michael Youn en France ou Ali G en Angleterre offraient un contenu plein d’ironie, une parodie de la musique de l’époque. Mais le burlesque de leur œuvre la rendait plus drôle que porteuse de message. Au contraire, le troll rap tel que porté par Vald ou Lorenzo veut provoquer l’auditeur mais aussi interpeler les médias afin de faire parler. Car ce rap basé sur du second, voire du troisième degré n’a d’impact que si un maximum de personnes en parlent… en bien ou en mal ! Ce mouvement et ses artistes bénéficient d’une couverture médiatique importante : des médias tels que Arte y consacrent même des dossiers. Et comme dirait Vald :

« D’ailleurs si tu trolles pas, t’es con. »

Le troll rap serait-il le dadaïsme de notre époque ? 

Au-delà du succès commercial du troll rap, avec par exemple Agartha de Vald à présent disque de platine, ce mouvement semble être une réponse absurde à une société non moins absurde. De Vald à Lorenzo qui s’auto-proclame « L’empereur du sale », cette volonté de créer la polémique et de choquer les gens a pour vocation de rappeler que tout n’est pas censé se passer comme cela se passe.

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Né pendant la Première Guerre Mondiale, le mouvement Dada avait également pour but de provoquer le spectateur afin de l’amener à réfléchir sur les fondements de la société. Les artistes et intellectuels du mouvement manifestaient leur point de vue un peu différemment. De la Fontaine en forme d’urinoir de Marcel Duchamp à la baguette bleue de Man Ray, le dadaïsme visait à « troller » la conscience collective pour lui rappeler que cette société en guerre n’avait rien de normal.

Cent ans plus tard, Biffty a fait de la polémique son fond de commerce et Columbine reste persuadé que « la provocation, ça peut encore faire sens ». Par leurs styles vestimentaires et les choix capillaires discutables, par leurs textes dérangeants, ces rappeurs dérangent. Mais un des buts de l’art, de la musique ne serait-il pas de pousser chacun à remettre en question ce qu’il sait ou croit savoir ? Un artiste offre à son public de l’art, mais également sa manière de penser et son univers. Derrière l’absurdité apparente du troll rap, il semblerait y avoir plus à comprendre et à considérer.

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À lire aussi : Vald, itinéraire d’un rappeur sans queue, ni tête

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