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Musique

«Guizmo, tu m’as fait pleurer», oui, mais ce n’était pas le but 

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«Guizmo, tu m'as fait pleurer», oui, mais ce n'était pas le but 
© David Delaplace pour Viceland

Invité du premier épisode de Thérapie sur Viceland, Guizmo a ému les internautes en se livrant sur son passé. Mais être une source de tristesse n’était pas l’objectif de l’exercice. 

Soyons francs. Au départ, on a voulu faire une simple compilation de réactions sur les réseaux sociaux après le premier épisode de Thérapie, sur Viceland, dédié à Guizmo. Le concept: une conversation entre un artiste et un psychanalyste. Ainsi, pendant 45 minutes, Guizmo s’entretient avec Fernando De Amorim sur tout ce qui a forgé sa personne. Les mots qu’il emploie sont durs, bruts, car d’habitude déguisés derrière rimes et métaphores. Tellement, qu’ils ont fait pleurer certains internautes. Et Guizmo lui-même.

Et c’est ainsi que l’artiste s’est retrouvé acteur de nombreux tweets, emplis de larmes et de tristesse. Mais là n’était pas l’objectif. Pas du tout. Guizmo s’est juste glissé à merveille dans le rôle que lui impose Thérapie, mais en aucun cas émouvoir les internautes, et sûrement encore moins recevoir des messages de soutien, comme s’il était une victime fragile, n’était le but. Au contraire, comme l’indique RebeuDeter, il préférait sûrement que l’on relève le côté positif de ses combats, plutôt que l’on s’accable sur son sort.

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Guizmo et son identité

En fait, cette interview n’est qu’une parfaite illustration des titres de Guizmo. Lequel n’est jamais tombé dans le sensationnalisme émotionnel, bien qu’il en avait l’occasion. Lequel n’a jamais puisé outrageusement dans sa tristesse pour en faire son fond de commerce. Non, son art est authentique, il le représente. Guizmo a un puissant vécu, qui lui permet de raconter des histoires et de sortir des albums profonds. Certains morceaux ont des thèmes, d’autres non, mais tous lui ressemblent et s’inspirent de sa vie.

Ainsi, il y a une différence énorme entre la pitié et la compréhension. Cet entretien proposé par Viceland s’engouffre plus profondément dans les cicatrices de Guizmo, celles qu’il n’avait qu’effleurées avec son rap. Sa sincérité et son implication rendent les 45 minutes éprouvantes, même pour le spectateur, plongé directement dans la vie de celui qui n’était jusque-là qu’un personnage. Mais derrière Guizmo, sa carapace abrupte et son bob, se dissimule des épreuves complexes, que l’artiste a su franchir. Et cette vie, mêlée à un talent de lyriciste inné, offre une pluie d’albums et de mixtapes vrais et profonds. Mais en aucun cas un artiste faible et fragile.