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Musique

Hugo TSR, félicitations pour ton premier disque d’or

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Hugo TSR

À l’occasion du disque d’or de Tant qu’on est là, Interlude a tenu à adresser quelques mots à un artiste qui n’aura que très rarement fait l’actualité pour des certifications. Mais celle-ci a une saveur toute particulière. 

Alors oui, si on devait écrire une lettre à chaque disque d’or dans le rap, Interlude prendrait la forme d’une plateforme postale indigeste. Mais certaines certifications en valent mille. Et celle-ci, particulièrement, relève d’un goût doré savoureux, qui valait au moins un article. 

Ce dimanche 30 juin 2019, Hugo TSR a obtenu le premier disque d’or de sa carrière. Le premier, après vingt ans à salir les instrumentales, à travers morceaux, freestyles et featurings. Le premier, après cinq albums solo et trois avec son crew. Le premier, après être devenu le symbole d’un rap clamant haut et fort les valeurs d’un hip-hop qu’on a trop tendance à oublier. 

Hugo TSR a fait un choix, celui de rester fidèle à son appréciation du rap, de sa première rime à sa dernière. Et son rap, archaïque pour certains, originel pour d’autres, s’est toujours tenu éloigné des parasites commerciaux et décomplexés qui ont traversé le genre. Malgré sa généreuse évolution en vingt ans, Hugo TSR n’a jamais plié sous les directives de la mode et des tendances. Son truc à lui, c’est le rap. Désolé pour le reste. 

En deux décennies, Hugo TSR aura atteint une vaste notoriété, bien plus large que l’audience touchée réellement par son rap. À sa peau colle l’étiquette d’un mec qui rappe toujours de la même manière, toujours les mêmes instrumentales, mais toujours avec la même efficacité. Bah ouais, c’est ça le rap, les gars : du rythme et de la poésie. Des belles rimes, des constructions ficelées et quelques messages engagés, parsemés sur des charley et des grosses caisses.

En fait, tout le monde devrait kiffer Hugo TSR

Aujourd’hui, Hugo TSR vit plus à travers les commentaires aigris d’une fanbase qui lui voue une reconnaissance éternelle qu’à travers son actualité. Car avec lui, pas de théories bancales ou de double-album sorti en collaboration avec les plateformes de streaming. Il fait dans le vrai, dans le dur, dans le basique. En fait, il en vient presque à représenter un rap qui n’existe plus. Comme s’il était un vestige précieux et inespéré d’une époque lointaine, qu’on regrette, ponctuée de « C’était mieux avant. »

Tout le monde devrait commencer le rap par Hugo TSR, découvrir les fondamentaux, avant d’explorer les autres sphères que le rap a inspirées. Tout le monde devrait pouvoir faire les backs lorsqu’un mec prétend « viser la Lune comme Mimie Mathy dans un concours de dunk ». Tout le monde devrait avoir capté la finesse des paroles qui découpent les productions de Tant qu’on est là. En fait, tout le monde devrait kiffer Hugo TSR.

Finalement et ironiquement, le grand perdant de son choix de carrière, c’est lui. Ce disque d’or ne vient que le prouver. Recueilli deux ans après la sortie de son album, il prouve simplement que le boom-bap n’a rien de vendeur et n’intéresse qu’une infime partie de fans. Son existence, vitale, croule sous une force commerciale que seuls éthique et honneur peuvent sauver.

Tant qu’on est là a donc dépassé les 50 000 ventes cumulées. Ce n’est ni un record, ni un exploit, mais ça valait au moins un article. Comme une lettre d’excuses, pour le manque de tous ceux que l’on n’a pas fait car Hugo TSR, « ça ne fait pas assez cliquer ». Mais ta sincérité, submergée dans tes textes pendant près de vingt ans, valait au moins la nôtre.

Tant qu’on est là est enfin recouvert d’un minimum de reconnaissance. Mais une chose est sûre, tant que Hugo TSR sera là, le rap ira mieux, sans trop forcément lui avouer quotidiennement.

Merci pour le courage d’avoir fait une carrière comme celle-ci, en restant fidèle à ton éthique et en permettant aux valeurs du rap de travers les époques. Merci de t’être trimballé ta charley pendant deux décennies, en restant sobre et efficace quand, autour de toi, le rap game s’est entretué.

Merci pour tout, et félicitations.

2 Comments

2 Comments

  1. Demange

    2 juillet 2019 at 22 h 22 min

    Merci pour cet article… en effet il le mérite amplement.

  2. G

    11 août 2019 at 1 h 11 min

    Merci pour l’article, il le mérite 🙂

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