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Musique

Il serait peut-être temps de prendre Fixpen Sill au sérieux

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Il serait peut-être temps de prendre Fixpen Sill au sérieux

Nouvel album pour le duo parisien. Fixpen Sill a planté son FLAG dans la gueule d’un rap qui les a trop longtemps sous-estimé jusqu’à ne plus rien attendre d’eux. 

Tranquillement, Fixpen Sill vient de claquer pas mal de bouches. Le duo parisien, emmitouflé dans un cercle à mi-chemin entre les puristes et la stagnation, vient d’envoyer un nouvel album empli de maturité et de pertinence. Au cours des 17 morceaux s’enchaînent plusieurs univers imagés avec une fil conducteur cohérent porté sur un mixage surpuissant. Dès l’intro, “La pilule”, Vidji et Keroué semblent chevaucher la prod façon rodéo. Maîtrisant les temps de pause et les reprises de rythme à la perfection, le premier track pose les bases : ça va rapper fort.

Fixpen Sill avec du Népal et du Lomepal

Finalement, on trouve un équilibre entre le kickage et les singles à potentiel. L’incroyable “HAYDN”, “Attila” et “DSS FLAG” se glissent dans cette première catégorie, ultra épurée, prêt à pogoter en concert. On trouve des vibes plus douces, sans être tirées vers les stéréotypes, avec “Désolé” et “Bye bye”. Et quelques pépites qui se dissimulent au milieu de cette dichotomie, façon “Rien d’plus”. Une énorme claque.

Sobre sur les featurings, le duo a misé deux valeurs sûres. Lomepal, pour le single “Bye Bye”, qui peine à décoller efficacement sur YouTube malgré le sublime clip qui entoure le potentiel tube du morceau. Autre collaboration : un Népal ultra bouillant sur le titre “Touareg”. Loin d’être une grossière succession de brutalité épaisse en couplets, le trio a misé sur un refrain plutôt chanté après lequel Népal vient briser des nuques. D’ailleurs, nul autre que lui ne peut décrire la philosophie du titre : «J’ai trois règles : faire c’que j’ai à faire, faire c’que j’ai à faire, faire c’que j’ai à faire»

On retrouve donc un Fixpen Sill plus qu’aiguisé, original et ambitieux. Le groupe, qui précise avoir longuement travaillé sur les finitions de l’album, rend une copie brillante, également portée par un travail à la production exceptionnelle et une cover de Raegular encore en mode “masterclass”. Toutes les planètes sont alignées désormais, reste plus qu’à défendre l’album comme il le mérite.