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Yelawolf parle du drapeau confédéré dans une chanson poignante

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Inspirée par une conversation avec Big K.R.I.T, « To Whom It May Concern » retrace le parcours de Yelawolf à travers 8 minutes intenses où le rappeur tente de s’expliquer une dernière fois sur le drapeau confédéré, emblème qu’il décide de ne plus représenter à partir de maintenant.

2010, Yelawolf sort Trunk Muzik, une mixtape unique pour un rappeur atypique. Ce projet puise dans la musique du Sud, et dégage une identité musicale peu commune. Immédiatement après sa sortie, Yelawolf est repéré et signe chez Interscope, puis chez Shady Records le label d’Eminem.
Dans ses chansons, le loup fait maintes fois référence au drapeau confédéré dont il est fier, représentant ses racines sudistes. Pour beaucoup de blancs du sud, cet emblème est leur héritage historique et régional, mais pour les Noirs, il symbolise les lois Jim Crow (ségrégationnistes), l’esclavage et le racisme avant tout. En effet, ce drapeau est aussi utilisé par le Ku Klux Klan et symbolise par les mots de son créateur William Tappan Thompson « La suprématie de la race blanche sur les races colorées ou inférieures ».

Le « Stainless Banner » (« Bannière sans taches ») est le deuxième drapeau confédéré, officialisé le 1er mai 1863. Il symbolise la résistance à l'agression et à la tyrannie du nord.

Le « Stainless Banner » (« Bannière sans taches ») est le deuxième drapeau confédéré, officialisé le 1er mai 1863. Il symbolise la résistance à l’agression et à la tyrannie du nord.

Un drapeau sujet à controverse et cible des mouvements antiracistes depuis longtemps donc, mais qui n’était pas la préoccupation de tous au XIX ème siècle… jusqu’au meurtre de neuf personnes dans la ville de Charleston par un terroriste nommé Dylann Roof, dans la nuit du 17 au 18 juin 2015. Dylann se trouve être un suprématiste blanc, ayant tué ces neuf innocents seulement parce-qu’ils étaient noirs. Ce dernier a fait à plusieurs reprises l’éloge du drapeau confédéré avant son acte odieux. Il n’en fallait pas moins pour qu’une énième polémique éclate, les médias en tête pointant du doigt le drapeau. Yelawolf est donc sorti de ses gonds et s’est exprimé sur son Instagram pour prendre le parti de la défense.

« Il n y a pas moyen que je laisse des gens me détacher de mes racines! Vous les médias, vous prenez tous les avantages de cette situation. Vous n’avez pas conscience que vous donnez une fausse image des gens du sud, NOUS SOMMES DES GENS BIENS. Vous voulez que je mentionne toutes mes idoles du sud ? Big Gipp qui avait sorti un drapeau confédéré au Madison Square Garden en 2005 ou Andre 3000 qui a une ceinture du Dixie Flag dans Ms Jackson ? Ou encore Lil Jon et Pastor Troy. »

Des déclarations qui n’ont fait qu’empirer les choses. Les attaques et les insultes ont amené le rappeur a supprimer ses posts. Yelawolf a donc, en voulant essayer de défendre une fois de plus le drapeau confédéré, écorché un peu plus son image. C’est alors que la réponse que nous attendions tous est arrivée. Le 30 octobre 2015 précisément.

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Intitulée « To Whom It May Concerns » (Aux personnes concernées), l’artiste accepte pour la première fois de changer de point de vue, et reconsidère sa position sur le drapeau polémique. Pendant huit minutes, Yelawolf délivre ce qu’il a sur le cœur, et remémore son parcours. De son enfance dans le sud à son contrat chez Shady Records, en passant bien sûr par la tuerie de Charleston.

Un voyage autobiographique

La chanson suit un cheminement chronologique où il raconte son éducation « Je suis né dans la campagne profonde, élevé par les loups, les clochers des églises et une mère célibataire, j’ai appris à être aveugle face à toutes les couleurs par des Hippies qui fumaient de la weed depuis les 60’s »,  de pourquoi il a voulu adopter le drapeau confédéré « Tous ces enfoirés (le KKK) continuent de brûler des croix, ouais je les vois aux tribunaux, je ne sais pas ce qu’ils essaient encore de prouver. Je savais que le sud était encore malade et avait besoin de changement, j’ai donc pris le drapeau et l’ai foutu dans ma poche arrière et me suis tatoué », et de son ascension jusqu’au respect de ses pairs: « L’Amérique pense que nous sommes en retard, j’ai donc décidé que Yelawolf serait le symbole que nous en avons fini avec tout ça, j’ai peaufiné mon talent, j’ai signé chez Shady et ramené un contrat à la maison, j’ai gagné le respect des vieux briscards, d’abord c’était Bun B, Raekwon puis T.I., ensuite tout le monde voulait un featuring avec moi, mais j’étais une personne imprévisible, ma langue était comme un couteau ». Le rappeur, différent de la norme, sentait que l’industrie ne comprenait pas où il voulait en venir. Il a donc pris du recul et est rentré chez lui. « Après Radioactive j’ai disparu du monde, je suis devenu de plus en plus différent, j’ai exploré la musique avec Love Story, j’y ai mis mon âme, j’ai sorti un single appelé ‘Till It’s Gone’ et traversé le monde ». 

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Avant d’en venir au fait tragique. « Neuf innocents se sont fait tuer, il n’y a aucun mot que je peux prononcer, aucune rime que je peux dire, ce drame est injustifiable, ces enfoirés sont tarés, je suis si en colère face à ma propre image, mais la vérité est là, il l’a fait à cause de la couleur. Il n’y a rien que je peux décrire je me sens tellement honteux, un mec blanc avec un drapeau confédéré a fait cet homicide, j’ai essayé de défendre seul le sud, c’était ma décision, je ne me suis jamais vu comme un politicien, juste un témoin de cette folie ». 

C’est avec ces mots forts que Yelawolf nous propose son vécu face au drame et son lien avec le drapeau confédéré. Ses dernières paroles témoignent également d’un changement radical, puisqu’il annonce en finir une bonne fois pour toute avec le drapeau confédéré « J’aimerai retourner en enfance, je me souviens de mes amis sans différence, mais la couleur de peau est relative n’est-ce pas ? Peut être qu’en 2050 on en aura fini avec tout ça, Big K.R.I.T. je t’aime mon pote continue à tout déchirer, tu as inspiré cette chanson, je couvre également tes arrières, on ne peut pas arranger toute cette ignorance, les drapeaux du sud c’est terminé, je mets fin à tout ça ».

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Vous pouvez découvrir les paroles entières ici, et écoutez la chanson juste ci-dessous:

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  1. Pingback: Trial By Fire: Que pouvons-nous attendre du retour de Yelawolf

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