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Musique

Ce jour où Youssoupha a dévoilé “Menace de mort”

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Youssoupha

Il y a 9 ans sortait le troisième album studio de Youssoupha : Noir Désir. On y retrouve en son sein le titre “Menace de Mort” sorti dans un contexte juridique lourd. A l’époque le rappeur était engagé dans un procès contre le polémiste Eric Zemmour. Retour sur ce morceau, témoignant d’un manque de compréhension entre deux mondes, toujours d’actualité.

«J’mets un billet sur la tête de celui qui fera taire ce con d’Éric Zemmour». Ces mots sont à l’origine d’un des plus grands plaidoyers en faveur du rap français. Ils sont tirés du morceau “À force de le dire”, interprété et dévoilé par Youssoupha en 2009. Après sa parution, le principal concerné portera plainte contre le rappeur, entraînant un début de conflit de juridique entre l’éditorialiste et l’artiste. Alors, deux ans plus tard, la veille du début du procès, Youssoupha sortira “Menace de mort.” C’est la première fois que le rappeur revient sur cet événement en musique et il se pose en défenseur d’une culture entière, une “culture d’analphabète” selon les mots de Zemmour. La réponse sera cinglante et prend aujourd’hui une place importante parmi les morceaux ayant compté dans l’éternelle lutte entre rap et paysage audiovisuel et médiatique français.

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“Menace de mort”, un titre culte

Lors du premier couplet, défenseur des valeurs que le rap de Youssoupha à toujours véhiculé, il y remet en question le rock, qui était auparavant une musique dénonciatrice de la politique qui était menée en France, le groupe Noir Désir en tête, rappelant le titre de son album, et considère que le rap est le dernier “son hardcore”. Un problème qu’il tourne en dérision avec une référence au slam, et aux quatre Victoires de la Musique d’Abd al Malik, à ce moment là, un rare représentant d’une culture hip-hop à un si haut niveau d’exposition médiatique.

Pourtant et selon Youssoupha, la France se voile la face à propos de la violence lyricale du rap. En effet, il y oppose les paroles de l’hymne nationale, les considérant plus violentes que la plupart des textes français souvent remis en cause. Il cite tour à tour La Rumeur, NTM, Sniper, Monsieur R et Orelsan tous victimes, avant lui, du même traitement médiatique et juridique. Il termine ce couplet sur une phrase lourde de sens, faisant référence aux menaces de mort dont on l’accuse, expliquant que c’est ici sa liberté d’expression qui en est victime.

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“Qui peut prétendre faire du rap sans prendre position ?”.

Les deux couplets entourent un refrain puissant remettant en cause la différence de traitement que les grandes instances imposent au rap déclarant que les sentences sont inégales et que faire du rap est maintenant quelque chose d’illégal. Il enchaîne ensuite sur un deuxième couplet assassin. Le lyriciste bantu s’en prend à Zemmour de nouveau, le journaliste Jean-Marc Morandini et le journal Le Figaro. Il les accusent de n’amener que de la haine et de l’idiotie sur les plus grands canaux d’informations nationaux.

Tout d’abord il revient sur le passage mis en cause dans “À force de le dire” expliquant qu’il ne pouvait s’empêcher de réagir à des propos le traitant d’analphabète. Il exprime son opposition à cette idée en disant que c’est chez Morandini que la culture touche le fond, et absolument pas lorsqu’un nouveau texte de rap est entendu sur les ondes. Cependant il mesure les risques que peuvent lui apporter son écriture et les thèmes dénoncés dans sa musique, sachant parfaitement que certains journalistes n’hésiteront pas à le descendre par tous les moyens, pour pouvoir faire gonfler la polémique et vendre leur journaux. Il ne se considère pas du même monde qu’eux et remet en cause une France qui va mal et qui se trompe de combat, l’inculpant pour “Menace de mort”.

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Youssoupha : «Assimiler un rappeur à un agitateur dangereux n’est pas un fait très original»

Le son se termine sur une puissante outro ou l’on retrouve notamment Sniper et Monsieur R reprenant les mêmes lignes, se terminant sur la fameuse phrase d’Arsenik qui n’a eu cesse d’être reprise : “Qui peut prétendre faire du rap sans prendre position ?”. Youssoupha joue aussi avec la notion de légitime défense, expliquant plaider cette dernière lorsqu’il répond à Eric Zemmour qui le traite d’analphabète.

Concernant le titre et ce qu’il défend, Youssoupha ne réagira que par l’intermédiaire de commentaires audio. «J’en ai pas beaucoup parlé dans les médias et en fait ce morceau vient un peu résumer la situation à travers ce que je sais faire de mieux, c’est à dire faire du rap.»  Médiatiquement avant la sortie de “Menace de mort” il s’était d’abord exprimé dans une tribune parue dans le journal Le Monde : «Assimiler un rappeur à un agitateur dangereux n’est pas un fait très original», relayait-il. Derrière cette tribune s’était rangée la quasi totalité des rappeurs français, un soutien d’une ampleur sans précédent, faisant preuve d’un milieu soudé et solidaire. Youssoupha finira par être relaxé après avoir fait appel. Une histoire qui aura marqué le rap et ses positions, sans pour autant les refermer.

En effet, Sneazzy a connu une polémique médiatique similaire lors de la sortie de son album. C’était le morceau “Zéro Détail” et un passage évoquant Pascal Praud qui avait été mis en cause. Le journaliste avait d’abord menacé d’amener cette affaire devant les tribunaux avant de finalement se rétracter.

Dans le reste de l’actualité on vous spoile l’année 2021 du rap jeu.

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