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Musique

Le lourd message du feat Kalash Criminel et Damso

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Kalash Criminel a sorti un extrait de son nouvel album R.A.S. "But en Or", le feat avec Damso est une prouesse lyrique et audiovisuelle.
Crédit : @kalash.criminel / Instagram

Kalash Criminel a sorti un extrait de son nouvel album R.A.S. : “But en Or”, un feat avec Damso, chargé d’un message fort. 

Alors que Kalash Criminel avait annoncé la sortie de son album fin août avec un casting rocambolesque (Nekfeu et Damso quand même), voilà qu’il pose une première solide pierre à travers sa collaboration “But en or” avec Damso. Événement, le clip, qui cumule près de 700k vues en une vingtaine d’heures, s’impose comme une prouesse, qu’elle soit artistique ou dans la réalisation. Contrairement à son habitude, on retrouve un Kalash Criminel beaucoup plus calme. En effet, l’habituel kickage brut de l’artiste, que l’on retrouvait dans La fosse aux lions, se veut plus doux. Finalement plus adéquat pour dénoncer les tares que l’artiste peut y voir dans la société. Là où on pouvait s’attendre à une rencontre agressive et brutale entre deux manieurs hors-pair de la plume salace et abrupte, “But en or” se dévoile sur un terrain presque conscient. Parlons-en.

« Pourquoi tu cries à l’aide ? Africain jamais ne te prosterne »

Kalash Criminel traite de trois grands sujets dans “But en or”. D’abord, le racisme. Il s’intéresse aux discriminations, notamment via l’albinisme, et les personnes qui le décrédibilisent. De même, Kalash Crimi estime qu’il doit travailler deux fois plus que les autres pour obtenir la même chose. La société reste critique envers les siens. Selon lui, il s’agit ici d’un racisme institutionnel, empêchant toute évolution dans la société. Il parle également de haine, et précise que le monde ne partage pas les bonnes valeurs. Enfin, il soulève le problème de la censure, en osant une analogie délicate entre deux entités clivantes : «Pourquoi on censure Dieudonné, mais on laisse parler Eric Zemmour ?». Une thématique actuelle, profondément remise sur le tapis à l’heure du débat autour de la liberté d’expression.

De son côté, Damso, plus doux, prolonge l’identité développée dans QALF, récemment, avec de profondes valeurs envers son pays natal : la République Démocratique du Congo. Des origines qu’il partage d’ailleurs avec son hôte. Il alerte sur la situation au Nord Kivu : une région traversée par une guerre civile pour ses minerais. «Mon pays s’fait tuer à cause du coltan», rappelle d’ailleurs Kalash Criminel. Ils s’épuisent de ce manque de médiatisation et des problématiques liées. Damso poursuit en évoquant le colonialisme, ses séquelles, ainsi que ses expériences personnelles de la guerre, qu’il a vécu plus jeune.

Damso et Kalash Criminel porte-paroles de la RDC

“But en Or” est un vrai message politique, frôlant le rap conscient, garant d’un puissant message lié à leurs origines africaines communes. Visuellement, le clip poursuit sa puissante portée. D’ailleurs, Kalash Criminel, porte un pull à l’effigie du pays. On y aperçoit le message “Congo is bleeding” (le Congo saigne), avec un dessin d’une main de sang. Un message choquant, mais interpellant, qui évoque les minerais de sang, tels que le coltan, dont la “rareté fait la richesse”, qui plongent le Congo dans une profonde pauvreté. L’aura des deux artistes, réunis sous un même étendard, permet d’offrir une visibilité plus importante à la forte valeur du titre.

Le clip, réalisé par Félicity Ben Rejeb Price, connue pour ses travaux auprès de Soolking et SCH ou encore Niska, permet d’illustrer avec plus de profondeur les thématiques soulevées par les deux artistes. On y découvre une danseuse seule au milieu d’une pièce. Se retrouvent également une armée de personnes atteint d’albinisme tout de blanc vêtue, qui viennent déposer une couronne sur la tête de Kalash Criminel. Un puissante symbolique. Contrasté avec ce plan très lumineux et clair, on retrouve par la suite les deux rappeurs vétus de noir dans une cave très obscure, comme dans une mine. Le clip, qui mélange ces plans, souligne bien les thèmes abordés dans les couplets et leur donne encore plus de puissance à travers les contrastes.

Dans le reste de l’actualité, Green Montana fait monter la pression avec Booba avant Alaska.

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