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La CIA aurait utilisé Tupac, Dr. Dre ou encore Eminem pour torturer des prisonniers

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En 2014, un scandale impliquant la CIA révélait que celle-ci utilisait Tupac ou encore Eminem pour torturer des prisonniers.

Imaginez vous essayant de dormir sur le sol de votre cellule. À 2 centimètres de vos oreilles, de la musique à fort volume, jouée en boucle pendant des heures ou des jours. Vous deviendrez fous, pas vrai ? Selon des rapports déclassifiés dévoilés en 2014, ainsi que des vidéos et des témoignages de gardiens et de soldats, le gouvernement américain aurait utilisé la musique pour torturer des détenus. Et dans leur petite playlist, « All Eyez On Me » de Tupac, certains morceaux de Dr. Dre ou encore « White America » et « Kim », d’Eminem.

Binyam Mohamed racontait avoir «souffert» de « Slim Shady », d’Eminem, pendant 20 jours. «J’ai entendu ça sans arrêt», aurait-il déclaré à Clive Stafford Smith, son avocat et le fondateur et directeur de Reprieve, une organisation basée au Royaume-Uni déterminée à mettre fin aux pratiques de torture musicale. «Je pouvais entendre d’autres personnes dans la prison crier et se casser la tête contre les murs».

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«Le train de pensée ralentit et la volonté se brise»

La torture musicale était une pratique courante de la CIA faisant part intégrante de la « technique d’interrogatoire renforcée« . Utilisée par le gouvernement de George W. Bush (2001-2009), cette technique désignait de nouvelles méthodes d’interrogatoires appliquées par les services de renseignements militaires américains et la CIA. Les individus concernés par leur application avaient été capturés dans le cadre de la guerre contre le terrorisme, après les attentats du 11 septembre 2001. En 2009, le gouvernement de Barack Obama conclut que ces méthodes sont équivalentes à la torture. Il interdit la « technique d’interrogatoire renforcée ».

L’objectif de la torture musicale : empêcher les détenus de dormir jusqu’à les mener à la folie. Déclencher en eux le délire, la vulnérabilité. Mark Hadsell, à l’époque membre de l’équipe des opérations psychologiques aux États-Unis, décrivait l’efficacité de cette méthode. «Si vous écoutez de la musique pendant 24 heures, votre cerveau et les fonctions de votre corps commencent à diminuer. Votre train de pensée ralentit et votre volonté se brise. C’est à ce moment-là qu’on entre en jeu, et qu’on leur parle.»

Cette coercition psychologique consiste à exposer un individu à un même signal auditif. Généralisée et perfectionnée, des soldats avaient déjà fait usage de cette technique dans les années 70. À l’époque, la Grande-Bretagne avait été condamnée pour son utilisation d’armes sonores, destinées à déstabiliser les prisonniers irlandais.

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Dr. Dre, Eminem et Tupac choisis selon des critères bien précis

Certains anciens prisonniers ont décrit cette surexposition. La CIA employait à vrai dire deux méthodes, aussi perverses l’une que l’autre. Utiliser des bruits sourds diffusés à un volume d’environ 82 décibels, interrompus de seulement 7 secondes toutes les 45 minutes. Ou la diffusion de morceaux en boucle, choisis en fonction de leur structure ou du thème abordé au sein de la piste. Par exemple, certains morceaux choisis peuvent être offensant envers la religion ou la culture d’un prisonnier.

Bruits de fond de la guerre, certains rappeurs et chanteurs utilisés n’ont rien de l’idée que la plupart d’entre nous se ferait de la torture. Eminem, Tupac, Dr. Dre, ou encore Christina Aguilera, Britney Spears, Prince et les Bee Gees en font partie. En fait, certaines sonorités hip-hop sont très propices à la diminution des capacités cérébrales. Les boucles utilisés sur les beats, ainsi que les drums poussées à haut volume, peuvent être terriblement douloureuses à répétition. Souvent associé à la violence, la drogue ou encore le sexe, le rap était également destiné à choquer les religieux captifs de la CIA. La playlist spéciale torture de la CIA comporte également de nombreux artistes de métal.

Selon une enquête menée par le média Al Jazeera, Abou Zoubaydah, membre d’Al-Qaïda, a subi ce type de torture lorsqu’il était captif. Enchaîné par les poignets au plafond de sa cellule, ses geôliers l’ont soumis à une boucle sans fin de musique à très haut volume. Une source d’Al Jazeera, membre de la CIA, a confié que la musique utilisée pour le torturer était celle des Red Hot Chili Peppers.

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