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Culture

Nekfeu, Lacrim et Nadine Morano : une semaine de débat sur l’islamophobie

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Une semaine de débat sur l'islamophobie avec Nekfeu, Lacrim et Nadine Morano

Après la polémique initiée par Julien Odoul, élu du Rassemblement national le 11 octobre, plusieurs faits d’actualités se sont chevauchés, impliquant Nekfeu, Lacrim et Nadine Morano. Décryptage.

Dense semaine pour le débat contre l’islamophobie. Le 11 octobre, l’agression d’un élu du Rassemblement national, Julien Odoul, a relancé une «chasse au voile» au sein de l’Hexagone, engendrant des réactions en chaîne. Lors d’un conseil régional, il s’en est violemment pris à une mère, accompagnant une sortie scolaire, pour qu’elle retire son voile. Reprise massivement sur les réseaux sociaux, la vidéo est venue s’engouffrer dans le microcosme du rap, où deux artistes ont condamné l’acte. Chacun à leur manière.

Nekfeu, un combat social

D’abord, Nekfeu. L’artiste, qui n’est pas directement impliqué, a employé la méthode “douce” en paraphant une tribune dans Le Monde. Celle-ci, adressée à Emmanuel Macron et intitulée Jusqu’où laisserons-nous passer la haine des musulmans ?, a été publiée le 15 octobre, sous l’égide de 90 personnalités, parmi lesquelles Omar SyGéraldine Nakache… et donc le rappeur parisien. « Nous demandons à Emmanuel Macron de dire que les femmes musulmanes, portant le foulard ou non, et les musulmans en général ont toute leur place dans notre société », relève la tribune.

Impliqué dans la lutte contre l’islamophobie depuis plusieurs albums, Nekfeu avait déjà explicitement donné son opinion sur le port du voile, notamment dans le morceau “Reuf” : «Ma meilleure amie porte le voile, elle est mignonne.»  Dans tous les cas, cette tribune a vivement fait réagir Nadine Morano sur son compte Twitter. Dans un tweet publié le jour même et supprimé dans la foulée, mais rattrapé par le compte “Fallait pas supprimer”, l’eurodéputée juge les 90 personnalités «contre le peuple de France».

«Nadine, j’aime quand tu t’énerves»

De son côté, Lacrim a d’abord partagé sur son compte Instagram une capture d’écran titrant le “Symbole d’une génération de femmes rejetées”. «Je pose ça là… J’ai mal… Courage à vous madame, on est avec vous», commente-t-il. De plus, une vidéo, beaucoup plus virulente et filmée face-caméra, a été diffusée sur les réseaux sociaux. En moins d’une petite minute, il condamne fermement les propos de Julien Odoul. Partagée sur Twitter, la vidéo est tombée dans les mains de… Nadine Morano, une nouvelle fois. Et là, la discussion est bien plus virulente qu’avec Nekfeu et ses compères.

Relayant la vidéo de Lacrim, l’élue interpelle Christophe Castaner : «Monsieur le Ministre de l’Intérieur, laisserez-vous les Français se faire traiter de fils de putes sans réagir ? Je n’ose imaginer s’il avait prononcer en Algérie ces mots à l’égard des Algériens il croupirait au fond d’un cachot !» Un commentaire auquel a, à son tour, répondu Lacrim : «Nadine, j’aime quand tu t’énerves», a-t-il écrit d’un ton sarcastique, se moquant de l’archaïsme de son interlocutrice.

Cette polémique, qui a provoqué de vives réactions bien au-delà du monde du rap, révèle toutefois le combat politique du mouvement, porté sur la fraternité et la défense des minorités. La prise de position de Nekfeu et Lacrim, populaires auprès d’un public jeune, parfois déconnecté des classes politiques, démontre toute la pertinence d’un engagement au-delà des rimes et des punchlines.

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