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Comment PNL est devenu maître dans l'art de l'auto-référencement ? Comment PNL est devenu maître dans l'art de l'auto-référencement ?

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Quand PNL parle de PNL

Illustration par casual_p2r

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Rap Minerz et Interlude ont pénétré le monde de PNL pour en découvrir ses plus intenses secrets. Morceaux, gimmicks, paroles, thématiques, clips : on a tout analysé pour découvrir comment le duo a forgé son univers, si unique.

Il était une fois un monde. Le monde. Le M, celui de PNL. En quatre albums, l’incontournable groupe parisien a façonné une imagerie éblouissante, qu’il trimballe à coup de clips spectaculaires et prouesses marketings. Derrière cette façade chargée d’images et de visuels, Ademo et NOS ont également bâti un univers singulier enfoui dans leurs textes. De la pop-culture aux personnages Disney en passant par des gimmicks créées de toutes pièces, le tandem est garant du monde franchisé QLF.

C’est ainsi que Rap Minerz, média spécialisé dans l’analyse de datas et Interlude ont cherché à décortiquer ce cosmos composé de quatre opus. Au fur et à mesure de sa discographie, de son ascension, PNL est devenu maître dans l’art de l’auto-référencement, en s’offrant une multitude d’easter eggs, puisés dans son propre univers. Morceaux, gimmicks et paroles récurrentes : voyons voir de plus près comment PNL s’est façonné.

Auto-référencement de noms de morceaux 

D’abord, les morceaux : 22 titres de morceaux de PNL se retrouvent dans les lyrics d’autres morceaux. Le premier est assez parlant… “PNL”. Ce titre éponyme, tiré de QLF, est cité dans 13 morceaux, preuve d’une reconnaissance auto-centrée autour des deux personnages que sont Ademo et NOS

Viennent ensuite “Mowgli” (9 fois) et “Le M” (6). Ces deux titres, tirés respectivement de QLF et Le monde Chico sont devenus des personnifications récurrentes du duo. Le premier exprime l’aspect sauvage, étroitement lié à la banlieue.

Mais également la solitude, et le renfermement sur soi-même que PNL nourrit jusqu’à son topline clé : Que la famille. “Le M” caractérise l’ambition, la domination. Lequel est devenu, au fil des albums, l’allégorie de la réussite surpuissante du duo.  

“Abonné” est également utilisé 5 fois et vient évoquer le terme récurrent de la drogue. Le mot est utilisé dans l’intégralité des albums, excepté Deux frères, qui s’éloigne légèrement plus du blues du dealer, si cher à PNL dans ses derniers opus.

Gimmicks récurrentes de PNL

Au niveau des gimmicks, Rap Minerz en détecte 13 récurrentes. Cette fois, l’auto-référencement prend la forme de tics de langage développé autour de l’univers. Logiquement, le “Ouais ouais” s’impose en première place avec 16 utilisations, étalées sur tous les opus. Le “Ounga, ounga”, puisé dans l’argot du “quartier”, est utilisé 10 fois. Suivent “Eh eh” (5), “Khey, khey” (4) et l’incontournable “Hmm, hmm” (3).

Se retrouvent également les deux termes “Mira mira” et “Bambina Bambina”, qui combinent la réutilisation d’un titre et d’une gimmick. Le premier fait référence à une réplique culte de Scarface, couplée à Many et aux pélicans, ultra-présents dans le monde de PNL. Le second fait référence à l’enfance, évidemment, mais également à un manga japonais des années 2000. Ces derniers prenant aussi une place importante dans l’esthétisme de l’artiste, mais on y reviendra.

Phrases récurrentes de PNL

Passons désormais aux phrases récurrentes : Rap Minerz en détecte 16. Les deux premières sont occupées, respectivement, par “Que la famille” et “Que la mif”, dans 25 morceaux. Garante de la philosophie du duo, cette expression, exposée dès le nom du premier album, accompagne le groupe jusque dans sa volonté artistique (refus de collaboration et d’interviews). L’expression “J’m’en bats les couilles”, qui revient à 8 reprises, complète plutôt bien ce point de vue…

Fait intéressant : l’utilisation 4 fois de l’expression “Je t’aime”. Trois sont utilisées dans Deux frères, la dernière dans Dans la légende ; preuve de l’accalmie du groupe et de sa transition de la haine vers l’amour.

La récurrence des phrases prend la forme du recyclage avec quelques expressions marquantes. « J’veux du L, j’veux du V, j’veux du G » s’installe dans les trois premiers opus du groupe, dans “Naha”, “Je vis, je visser” et “Le monde ou rien”. « Prononce mon blaze, j’aimerais bien rigoler » revient dans  “Naha” et “Plus Tony que Sosa”. 

Ce « recyclage » s’impose comme l’étape ultime de l’auto-référencement lyrical, où le groupe puise dans les paroles de ses succès les plus forts, pour impliquer un schéma de récurrence. Cette technique fonctionne avec brio dans l’esprit de l’auditeur qui assimile ces nouvelles phrases aux anciennes et capte l’alchimie de cet univers artistique.

Thèmes récurrents

Cet auto-référencement initié dans les paroles du duo se classe par catégories, elles aussi récurrentes. La plus grosse semble être celle du quartier, où PNL a entrepris tout une imagerie, des « cafards » à la personnification détaillée de ses tours, notamment dans le morceau “Chang”, de Deux frères

Cette thématique est étroitement liée à celle de la drogue, qui occupe plusieurs titres de la discographie de PNL de “Je vis, je visser” à “J’vends”, en passant par “Abonné” et “Au DD”. Un protagoniste a également été imaginé pour l’interpréter, une nouvelle fois, Hervé (cité 2 fois), ou V-R (5 fois), personnification du ien-cli (3 fois) et de l’abonné (8 fois). 

Scarface occupe aussi une grosse part dans l’univers des artistes, de la confrontation entre Tony Montana et Alejandro Sosa, aux Pélicans, jusqu’à “Mira” et “Rebenga”. Le long-métrage de Brian de Palma a même inspiré le nom du deuxième opus du groupe, Le monde, Chico. Le générique du film a même été samplé dans l’immense “Déconnecté”, dans Deux frères

Et quid des mangas ? Baignés dans les années 1990, Tarik et Nabil débordent d’inspiration de la culture nipponne. Dans leurs albums, 3 portent le nom de personnages de manga “Ryuk”, “Onizuka” et “Athéna”. Cette dernière, déesse grecque, semble plus être alimentée par son personnage dans Les chevaliers du Zodiaque.

Enfin, les jeux vidéo prennent une place existentielle au coeur du monde de PNL. 3 titres de morceaux leur sont dédiés : “Kratos”, “Blanka” et “Shenmue”. Leurs points communs : un côté sauvage et brutal, qui fait écho aux personnages de Mowgli et Simba (la brutalité en moins, disons). Ces protagonistes dégagent également une quête de vengeance et un parcours solitaire.

Esthétique récurrente

Enfin, tout ce joli petit monde a été projeté en image à travers les clips du groupe. Le monde, « Le M », a été illustré par cette quête de voyage, d’ascension, qui découle de son ambition. Notons l’évolution : pour QLF, l’intégralité des clips ont été tournés en bas des tours. Puis viennent les premiers voyages avec “Oh lala”, pour Le monde est Chico, puis “La vie est belle” dans Dans la légende. Cette ascension atteint son summum avec “Au DD”, où les rappeurs chevauchent la tour Eiffel. Une référence délicieuse au clip de “DA”, trois ans plus tôt, où ils ne faisaient que contempler l’édifice sur les toits de Paris.

Malgré la beauté et l’immense panoplie de panoramas présents dans les visuels de PNL, la grande majorité a été tournée en cité. 16, précisément, en comptant leur voyage à Naples pour “Le monde ou rien”. Une nouvelle fois, cet attachement à la cité semble se conclure en apothéose avec le clip de “Deux frères”, où ils font référence à leurs anciens « eux », plus jeunes. L’immense fresque de leur dernier album est d’ailleurs l’ultime vestige de la cité Gargarine, détruite dans la foulée.

De manière générale, chaque clip de PNL fait référence à un élément puisé dans son propre univers. “Oh lala”, tourné «sur Namek» selon le groupe fait référence à Dragon Ball Z, et par extension, aux mangas. “La vie est belle”, sorti de Namibie, rappelle les vastes savanes du Roi Lion et donc, de Simba. Couplés à “À l’ammoniaque, ces deux visuels font écho à la solitude, où filmés par drone, de haut, les deux frères paraissent bien seuls au milieu du monde. Leur monde.

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