Suivez-nous

Musique

Bolemvn pense-t-il vraiment que Nekfeu est meilleur que Kendrick Lamar ?

Publié

le

bolémvn nekfeu kendrick lamar

De passage dans L’Openspace, Bolemvn a tenu plusieurs affirmations tendancieuses en comparant les rappeurs français et américain. Parlons-en.

Bolemvn est en tendances Twitter, et pourtant, il n’a rien sorti de neuf en ce jeudi 14 avril. En fait, c’est une nouvelle fois pour une phrase mêlant provocation et absurde que le rappeur figure parmi les sujets de la journée. Tout part en fait d’un relai de Kultur, qui cumule près de 700.000 abonnés sur le réseau social, qui a simplement retranscrit une phrase prononcée par l’artiste dans L’Openspace, une émission animée par Josspace, dans lequel il compare les rappeurs francophones et américains. Il dit, pêle-mêle que Hamza «tabasse» Drake, que Josman «tabasse» Kanye West et que Nekfeu «bousille» Kendrick Lamar.

Aussi : Lorenzo prévient : son prochain clip va être censuré

Publicité

Des phrases qui, évidemment, prêtent au mieux à débat, et au pire, à un certain ridicule. De ces affirmations, qui cristallisent toujours de vives réactions sur les réseaux sociaux, découlent pourtant tout un tas d’éléments intéressants à analyser. D’abord, le troll de Bolémvn, évidemment. Comme l’indique Josspace lui-même sur Twitter : «Il est grave dans le troll, mais les gens ne le voient pas». Certainement parce que ses propos sont tellement absurdes que la plupart du public n’a pas foncièrement envie de creuser la discussion. Aussi, parce que Bolémvn a sur le front l’étiquette d’une certaine frange de rappeurs, bourrée de dérision, avec laquelle il semble s’amuser.

Aussi : Sinik explique pourquoi les jeunes rappeurs ne veulent pas feat avec lui

Publicité

Bolémvn : le rap FR avant le rap US

Pendant longtemps – et toujours aujourd’hui d’ailleurs dans une moindre mesure – connaître le rap américain, ses pionniers, ses influences, l’origine de certains mouvements, était presque aussi important que savoir rapper. Désormais, qu’on soit clair : de nouvelles générations s’en foutent éperdument. Bolémvn en est la preuve exacte, comparant l’incomparable avec une folle dose d’ineptie. Et là-dedans, on pourrait y trouver l’héritage d’une génération qui a d’abord subi l’influence du rap français avant celle du rap américain. Plus encore, qui n’a même parfois jamais porté le moindre intérêt pour le rap américain. Des artistes conditionnés par la sphère francophone qui reflètent finalement un large public actuel. Stats à l’appui, on remarque bien que les rappeurs US ne touchent qu’une infime partie des auditeurs français. Les artistes eux-mêmes n’en font parfois pas exception.

Alors évidemment, il y a aussi une certaine forme de chauvinisme. La phrase de Bolémvn sous-entend un point de vue qu’on retrouve de plus en plus dans certains discours : pourquoi fantasmer sur la scène américaine quand la scène française est si riche ? En excluant les comparaisons intrinsèques et inutiles, l’auteur de VOL 169 ATTERRISSAGE semble montrer (très maladroitement) que les plus grosses pointures US ont des équivalents français, toutes proportions gardées. En somme, que le rap francophone n’a plus à rougir de ses confrères outre-Atlantique. Mouv se posait justement cette question il y a une poignée de semaines, quand d’autres rappeurs renchérissent à diverses échelles le propos. On se souvient notamment de Kaaris, qui expliquait au Code qu’aucun projet de Lil Baby ne valait Or noir. Bref, globalement, il y a une sorte de ras-le-bol qui cherche à bousculer les rappeurs américains de leur piédestal et ainsi prouver que les Français sont désormais capables de les regarder droit dans les yeux.

Propos légitimes ou pas, le débat est certainement bien plus vaste. D’autant qu’il ne faut pas non plus être naïf, Bolémvn sait très bien ce qu’il dit et fait lorsqu’il balance de telles phrases. Il n’en est d’ailleurs pas à son coup d’essai : à l’heure de la promotion d’Anarchiste, il avait assuré être meilleur que Lil Baby et Gunna. Des propos qui avaient grandement fait parler et ainsi fait gonfler soigneusement la promotion de son projet. Preuve en est : un public qui lui était d’habitude indifférent s’était intéressé à l’opus, à l’image du média 1863Ce qu’ils en ont pensé, c’est autre chose, mais en tout cas, il aura récolté quelques streams supplémentaires. Là est peut-être tout l’enjeu de ce genre d’affirmations, qui provoquent probablement bien plus d’intérêt que nécessaire.

Publicité

Aussi : Oli répond aux critiques sur “Sacré bordel” : «Je trouve ça intéressant»

Commentaires

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *