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Nicolas Rogès : «Kendrick a prouvé à beaucoup de membres de gang qu’ils pouvaient s’en sortir»

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Retracer le parcours de Kendrick Lamar, de Compton à la Maison-Blanche, c’est le défi que s’est lancé Nicolas Rogès, dans son livre dévoilé mi-septembre aux éditions Le mot et le reste. Le fruit d’un travail de terrain de plusieurs années, en parcourant la ville natale du rappeur, et en tentant de percer les secrets du si intime TDE. Témoignages, rencontres et découvertes : l’auteur se confie sur cette expérience humaine, chargée de dresser le portrait inspirant de l’un des plus influents artistes de cette dernière décennie.

Tu as déjà parlé de musique dans ton précédent livre “Move On Up: La soul en 100 disques essentiels“, une musique qui d’ailleurs a fortement influencé le rap. Pourquoi commencer à parler de rap avec Kendrick Lamar ? 

En fait, ça fait très longtemps que j’écris sur le rap, c’est la musique avec laquelle j’ai grandi. Je suis vraiment de cette génération. Ça fait dix ans que j’écris sur la musique, sur des blogs et des webzines (Néo Boto). L’idée du livre est née lors d’une réunion avec mon éditeur après la sortie de mon livre sur la soul pour discuter de mon prochain projet en octobre 2018. Il m’a d’abord proposé une biographie de Jay Z ou Eminem : je n’étais pas du tout emballé. Non pas parce que je n’aime pas ces artistes, mais je ne me sentais pas forcément prêt et j’étais plus intéressé par la posture de Kendrick, sur ce qu’il pouvait dire sur la société et transmettre via ses chansons. Il m’a alors proposé un livre sur Kendrick Lamar, la grande star du rap à ce moment là. J’ai hésité, je me suis dis que ce n’était peut être pas une bonne idée d’écrire sur un artiste dont la carrière n’est pas finie. Mais dès le lendemain matin, j’étais convaincu. C’est un livre qui pourra être mis à jour, et puis il y a déjà tellement à dire sur ce qu’il a fait, en finalement très peu d’albums.

Le fait d’avoir emmagasiné toute cette culture sur la soul, ça t’a aidé à comprendre et capter les influences de Kendrick ?

Complètement, Kendrick c’est quelqu’un de très influencé par la soul et la funk. Ses parents n’écoutaient que ça donc il a grandi avec The Isley Brothers, qu’il a d’ailleurs samplé sur “I” dans To Pimp A Butterfly, Curtis Mayfield le chanteur préféré de sa mère, Aretha Franklin, etc. Dans le clip de “The Heart Part.1” sorti en 2010, on le voit chez un disquaire et il sort des disques pour les montrer à la caméra, et ce sont tous des disques de soul. Donc oui, effectivement le fait d’avoir fait énormément de recherches sur la soul ça m’a permis de comprendre certains de ses messages et surtout ses influences, d’où il venait afin de les mettre en relation. Si tu fais le parallèle entre la carrière de Curtis Mayfield et celle de Kendrick, il y a beaucoup de similitudes dont je parle dans le livre, comme le fait d’avoir réussi à prouver qu’un message politique et social n’était pas incompatible avec un véritable succès commercial. Et puis le rap c’est aussi le fruit de toutes ces musiques là, le gospel, la funk et Kendrick est quelqu’un qui rend beaucoup d’hommages à ceux qui l’ont musicalement précédé.

Au tout début il y avait des tensions entre Jay Rock et Kendrick qui ne s’appréciaient pas du tout : c’était lié à des histoires de gang.

Kendrick Lamar, lors des sessions d’enregistrement de “DAMN”.

Dans ce livre tu parles aussi longuement du label TDE et de ses artistes. Le travail effectué avec ce label a-t-il été décisif dans sa carrière? 

Toute la carrière de K-Dot. est liée à TDE, il est très attaché à son label. Il faut savoir qu’au départ, c’était Jay Rock qui était censé être la star du label, et pas K-Dotqui devait “juste” l’accompagner en concert. Il n’était pas censé péter comme il l’a fait. S’il a explosé, c’est aussi parce que Jay Rock s’est frotté à pleins de choses négatives : un deal avec Warner Bros qui a complètement foiré, des singles qui n’ont pas bénéficié d’une promotion digne de ce nom, et pleins d’autres désillusions. Et K., dans son coin, les observait faire des erreurs, Jay Rock et Top Dawg, le grand ponte de TDE et il est arrivé après tout ça en évitant ce genre de pièges. Encore aujourd’hui, je pense qu’il ne quittera jamais TDE, car c’est une famille dont il est un peu le “fils prodige”. Ils font tout avec un entourage réduit et sont restés très soudés depuis leur débuts en 2004. Kendrick les aide aussi beaucoup, il a notamment fait le séquençage des albums de Schoolboy Q, il choisit les chansons qui vont apparaître et dans quel ordre. C’est pour cela que c’était impensable de faire un livre sur Kendrick Lamar sans parler de TDE, sa création et son objectif.

Donc au sein du label, on imagine que tous les membres sont au même niveau puisque Kendrick va aussi aider de plus petites signature.

Exactement. Si on prend l’exemple de Reason, une des plus récente signature de TDE, Kendrick s’est occupé des ad-libs de son dernier single. Quand un mec sort un album, tu as toute l’équipe qui est derrière et tout le monde travail pour cet artiste-là. TDE ne sortent pas beaucoup d’album mais quand ils en sortent c’est des projets hyper travaillés avec toute l’équipe au complet. Kendrick est peut être une des plus grande superstars du monde, mais il va quand même aider Reason, qui n’est pas encore très connu sur des points précis comme sur des prods, sur sa manière de bosser son flow, sa voix, etc. 

Est-ce-qu’il y a pu avoir des tensions au sein du label entre les gros artistes et les plus petits?

Au tout début il y avait des tensions entre Jay Rock et Kendrick qui ne s’appréciaient pas du tout : c’était lié à des histoires de gang. Jay Rock faisait partie de Bloods, Kendrick ne faisait pas partie d’un gang mais venait de Compton, qui était un territoire Pirus. Et Jay disait en gros qu’il était censé détester Kendrick. Finalement, ils sont devenus très potes. Je ne crois pas qu’il y en ait eu entre les artistes, mais plus entre les artistes et le management comme par exemple SZA et Reason qui ont souvent vu les sorties de leurs album constamment repoussés. 

À Compton, je ne voulais pas passer pour le reporter qui va en zone de guerre et qui slalome entre les balles, ce n’était pas du tout ça. C’était très calme, il n’y avait aucun problème

Kendrick Lamar lors de la réalistion de la cover de “DAMN.”.

Comme tu l’as dit, l’équipe de TDE est très discrète. As-tu pu avoir l’occasion de rencontrer certains membres de l’équipe?

Malheureusement non. Je me suis rendu compte très tôt que TDE était une forteresse. Ces gens-là sont totalement inaccessibles sauf lors d’opérations de promo ou en tournée. A ce moment-là ils peuvent éventuellement rencontrer des journalistes. Mais en dehors de ça, si tu les contactes pour un projet annexe qui ne les concerne pas directement, tu n’auras jamais de réponse de leur part. Tu ne peux pas t’imaginer le nombre d’heures que j’ai passé à leur envoyer des mails, des DM, à les “harceler” un peu sur Instagram, sans succès. Ce qui me rassure cependant c’est qu’il y a un journaliste américain assez connu qui s’appelle Marcus J. Moore et qui écrit aussi en ce moment un livre sur Kendrick. Il travaille pour de très grands médias comme Billboard, Pitchfork depuis 10 ans et il a des connexions un peu partout. On est en contact tous les deux alors je lui ai demandé s’il avait réussi à les avoir, il m’avait répondu que non, c’est totalement impossible alors que lui a des contacts directs ! Il connaît par exemple un des meilleurs potes de Kendrick, donc il était à un texto de lui parler !

Par contre j’ai pu rencontrer tout l’entourage de TDE, tous les amis d’enfance de Kendrick. Certains d’entre eux se sont exprimés plusieurs fois dans les médias, je pouvais donc sourcer en plus leurs interviews. Mais ceux que personnes n’avaient interviewer c’était les amis d’enfance de Kendrick, les personnes avec qui il avait collaboré au début de sa carrière. Je me suis dis alors que j’avais une vraie carte à jouer en allant chercher ces gens. Ils m’ont rapporté au final des histoires qu’on ne connaît pas forcément et j’ai réussi à contourner l’impasse de TDE.

Quand tu es allé à la rencontre de ces gens, quel regard ont-ils eu envers toi en tant que journaliste français blanc voulant rentrer dans un monde à l’opposé du notre ?

Comme je ne voulais pas faire de biographie en restant assis derrière mon ordinateur, il fallait que j’aille sur le terrain, à Compton. Compton qui est une ville auréolée d’une réputation sulfureuse, d’histoires de gang, de violence de drogue etc… il y avait donc un très gros travail de préparation pour aller sur le terrain, rencontrer ces gens-là avec la bonne approche positive. Ce qu’il s’est passé, c’est que je suis donc allé à Compton avec l’idée de faire un reportage en parallèle du livre. Reportage qui a été publié dans un premier temps chez Libération. Si ces gens-là ont accepté de me parler et de me recevoir c’est parce que je ne leur ai pas uniquement parlé de Kendrick Lamar. Je souhaitais raconter leur histoire, celle de leur ville et dépasser les clichés sur Compton. C’est une ville en plein renouveau, elle a énormément changé depuis l’enfance de Kendrick : la mairesse Aja Brow a fait beaucoup de choses pour rapprocher les gangs rivaux et développer des opportunités économiques.

Je ne voulais pas passer pour le reporter qui va en zone de guerre et qui slalome entre les balles, ce n’était pas du tout ça. C’était très calme, il n’y avait aucun problème. Je n’étais pas dans le sensationnalisme. On a donc accepté de me parler de Kendrick Lamar, mais on sent que les gens on marre de parler de lui tout me temps. J’étais donc parti pour faire quelque chose sur Kendrick, je me suis retrouvé à faire presque totalement autre chose parce que ces gens-là ont une histoire indépendante très intéressante à raconter, et qui au final vient éclairer celle de Kendrick. C’est important pour moi de faire quelque chose de très respectueux vis-à-vis de ses proches, d’aller le plus en profondeur possible. Ce qui m’a toujours guidé dans mon écriture, c’est de réussir à mettre en parallèle la musique et l’histoire, et voir comment les deux s’alimentent. Et Kendrick, c’est peut-être le personne qui dit le plus de choses à ce niveau-là.

Ils m’ont montré que ce n’était pas une ville où il n’y avait que des monstres et des membres de gangs. 

Kendrick Lamar et le basketteur DeMar DeRozan à Compton, lors des manifestations pour le mouvement Black Lives Matter.

Les gens avaient-ils conscience quand tu es arrivé que la France était le deuxième plus gros pays consommateur de musique urbaine ? Ils avaient des références en rap français ?

Ils n’avaient pas de référence de rap français, par contre quand tu fais ce genre de chose il faut savoir se vendre. Donc je pense que s’ils ont accepté de me parler c’est aussi parce que je leur ai fais comprendre qu’il y avait un marché pour eux, en France, comme la plupart sont aussi des rappeurs, j’allais leur donner un peu de visibilité. Ce n’est pas forcément vrai parce que je n’ai pas la prétention d’avoir cette influence mais ils étaient aussi enclin à me rencontrer pour ça.

Au cours de ton périple, tu as pu rencontrer certains membres de l’entourage de Kendrick, y a-t-il un témoignage qui t’a plus marqué que les autres ?

Je dirais qu’ils m’ont vraiment tous marqué. Ils m’ont montré que ce n’était pas une ville où il n’y avait que des monstres et des membres de gangs. Celui qui m’a le plus touché c’est sûrement celui de Show Gudda, qui apparaît sur la pochette de To Pimp a Butterfly. C’était un des derniers que j’ai interviewé chez lui, au fin fond de l’ouest de Compton en plein territoire Pirus. Il y avait sa fille, sa femme et on était dans son salon sous un portrait d’un de ses cousins qui était récemment décédé par balle. Il y avait aussi son frère en fauteuil roulant, qui s’est fait tiré dessus à plusieurs reprises. Show Gudda c’est quelqu’un qui a une profondeur assez folle et qui n’hésite pas à se livrer. Il te raconte son histoire, celle d’un ancien membre gang qui a essayé par tous les moyens de s’en sortir, qui a connu l’épidémie des guerres de gang dans les années 80 et 90 quand Compton était vraiment pour le coup une zone de guerre.

Et puis toi, en tant que jeune blanc de Grenoble qui n’a jamais connu la misère, qui a grandi dans un milieu favorisé sans connaître le racisme tu écoutes cette histoire et c’est quelque chose de très marquant. À un moment il s’est presque mis à pleurer quand il parlait de son cousin qui est mort. La suite s’est super bien passée, il a beaucoup apprécié ma démarche, on est régulièrement en contact. Il a par exemple envoyé un texto pour moi à Kendrick, un de ses meilleurs potes pour lui dire que j’écrivais un bouquin. J’ai eu l’impression que c’était presque devenu mon pote en l’espace de deux heures. Je suis très fier d’avoir pu rencontrer ces gens-là et de pouvoir raconter leurs histoires car on a tous à apprendre de ce genre de parcours. Il ne m’ont même pas demandé de relire ce que j’ai écrit parce que j’ai l’impression qu’ils me font réellement confiance. 

To Pimp a Butterfly il a fait la synthèse de 100 ans de musique, c’est un album tellement complexe qu’on pourrait écrire tout un livre dessus

L’un des artworks de “To Pimp a Butterfly”, réalisé par Denis Rouvre.

Selon toi quel est le projet le plus abouti de Kendrick Lamar, celui qui marquera l’histoire ?

Le projet le plus abouti c’est To Pimp a Butterfly, pour moi c’est l’album parfait. Je ne suis pas un grand fan de Kendrick et de TDE en général, et je pense que c’est pour ça j’ai pu écrire le livre de cette manière, car ce n’est pas un livre de fan, j’ai pu prendre pas mal de recul. Contrairement à beaucoup je trouve que good Kid MAAD City ce n’est pas un l’album parfait, DAMN non plus, mais c’est mon point de vu personnel. Alors que sur To Pimp a Butterfly il a fait la synthèse de 100 ans de musique, c’est un album tellement complexe qu’on pourrait écrire tout un livre dessus. Ça a d’ailleurs été très difficile de réduire la partie du bouquins sur To Pimp a Butterfly.

Il dépasse totalement la musique, et par les temps qui courent cet album à encore une résonance très forte. Le son “Alright” a battu son record de streaming pendant les manifestations Black Lives Matter, on voit bien que cinq ans plus tard le message de cet album est toujours aussi fort. Le projet le plus important  pour lui par contre je pense que c’est le Kendrick Lamar EP, parce c’est vraiment l’album qui lui a permis de déterminer la direction qu’il allait prendre en tant que rappeur. Tu retrouves des bribes de cet album dans toute sa carrière. C’est aussi l’album où il passe du pseudo “K.dot” à celui de “Kendrick Lamar”, et c’est un changement important car à partir de ce projet il a une approche beaucoup plus personnelle de sa musique et des thèmes qu’il va aborder. Il va parler de lui-même et de son histoire, il se livre beaucoup dans musique. 

L’album qui l’a vraiment fait éclater sur la scène internationale c’est Good Kid Maad City: est-ce que tu penses que cet album a été une étape nécessaire pour avoir la maturité d’écrire un projet aussi musicalement complexe que To Pimp A Butterfly ? Est-ce qu’il avait calculé le fait de sortir un projet plus adapté au grand public avant de faire sortir cet album beaucoup plus engagé ?

Je pense que la sortie de TPAB n’était pas calculée, mais celle de Good Kid l’était parce qu’il a commencé à l’écrire en 2008. Il savait que c’était l’album qui devrait le présenter au grand public. Il avait besoin de raconter son histoire, la sienne et celle des gens de sa génération avant de pouvoir parler de sa communauté. Je pense qu’il voulait faire un album comme TPAB depuis longtemps, mais il n’avait pas commencé à y réfléchir ni à l’écrire car dans son processus mental c’était important de d’abord parler de lui pour après prendre de la hauteur et devenir un leader de sa communauté. En 2008, l’année où il a commencé l’album donc il avait déjà défini le titre et 2012, la tracklist à changé au moins dix fois donc il a écrit et réécrit l’album entre temps. Mais beaucoup d’éléments étaient déjà prêts depuis très longtemps.

Kendrick a prouvé à beaucoup de gens de Compton qui était membre de gang qu’ils pouvaient s’en sortir en ayant un message positif. 

Kendrick Lamar, lors des sessions d’enregistrement de “DAMN.”.

Dans ton reportage pour Libération tu décris Kendrick comme “la figure de proue” qui a permis à Compton de s’émanciper de la violence. Ça m’a fait pensé au clip de “King Kunta” et à sa collaboration avec Reebok où il avait réussi à réconcilier (au moins le temps d’un morceau) les Crips et les Bloods. Est ce que tu peux nous en dire un peu plus sur l’impact qu’il a eu dans cette guerre des gangs ?

C’est un peu le fil rouge de mon livre, c’est pour ça que je l’ai appelé “De Compton à la Maison Blanche” car selon moi toute la carrière de Kendrick est né à Compton, et il a amené Compton à la Maison Blanche sans rien cacher de ce qu’il se passait dans sa ville. C’est aussi pour ça que je suis parti là-bas interroger ses amis d’enfance, pour me rendre compte de l’impact qu’il pouvait avoir sur la ville qui l’avait vu grandir. Kendrick a prouvé à beaucoup de gens de Compton qui était membre de gang qu’ils pouvaient s’en sortir en ayant un message positif. Avant Kendrick, des figures de proue étaient notamment les NWA, et ce n’était pas des mecs qui montraient la ville sous son meilleur jour, sûrement parce qu’à leur époque la situation était catastrophique. Kendrick a pris un chemin totalement différent. Il côtoyait tous les membres de gangs mais n’en a jamais fait partie. Et comme il le dit dans Good Kid Maad City, son histoire est celle d’un bon gamin qui a grandi dans une ville de fou, et avec son pouvoir et sa musique il va travailler à la réconciliation entre les Pirus et Crips.

Ça passe par des symboles comme sa chaussure  avec Reebok mais aussi le clip de “King Kunta”, notamment la scène où il est sur un bâtiment appelé le Compton Swap Meet, immense marché aux puces emblématique de la ville où Dr. Dre et Eazy E venaient vendre leurs disques, acheter des vêtements etc… Il a été détruit quelques semaines après le tournage du clip mais ce plan filmé sur le toit de ce bâtiment avait quelque chose de très fort. Il se pose en leader de Compton, mais en ayant un message progressiste et positif. C’est aussi pour cette raison qu’il s’est impliqué auprès de Obama, qu’il retourne souvent à Compton pour mener des opérations caritatives. Le mec qui a fait la couverture de mon livre, Anthony Lee organise des camps pour les jeunes, les sortir de la violence et leur apprendre à peindre et dessiner. Et sans qu’il soit au courant, il s’est rendu compte un jour que TDE et Kendrick avaient fait un don de plusieurs milliers d’euros pour que ces enfants puissent s’acheter des fournitures scolaires. Il a un impact énorme sur la ville, et son meilleur ami, Lil L me disait que si un jour il voulait être maire de Compton, personne ne trouverait rien à dire ! Il est d’ailleurs très proche de la nouvelle mairesse.

Et pour finir, au regard de ce qu’il s’est passé récemment sur la scène politique avec l’annonce de la candidature de Kanye, un engagement politique serait-il envisageable de la part de Kendrick ?

Je ne suis pas sûr que ce soit quelque chose qui l’intéresse particulièrement. La prochaine étape de sa carrière ce serait plutôt le cinéma. Il a commencé à jouer dans la série Power de 50 cent. TDE va aussi normalement bientôt sortir un documentaire sur l’histoire du label. Mais politiquement, si jamais il devait s’engager je pense que ce serait à Compton et pas au niveau national. Jusqu’à récemment, il ne votait pas d’ailleurs. Mais étant déjà proche des politiques locaux, il est dans un sens déjà engagé politiquement. Il a reçu notamment la clef de Compton de la mairesse. Les artistes comme Kendrick ou les grands sportifs comme LeBron James ont peut-être une influence encore plus importante sur les américains que certains politiques. Ce sont des modèles de réussite, ils ont un message politique.

Kendrick Lamar – De Compton à la Maison-Blanche, aux éditions Le Mot et le reste, à retrouver ici

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