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Intenable rookie, débordant d'esthétisme, Tengo John vient de dévoiler sa nouvelle mixtape Temporada. Un projet ambitieux, chargé de faire évacuer le terrain avant l'explosion définitive de l'artiste.  Intenable rookie, débordant d'esthétisme, Tengo John vient de dévoiler sa nouvelle mixtape Temporada. Un projet ambitieux, chargé de faire évacuer le terrain avant l'explosion définitive de l'artiste. 

Interviews

On a parlé à Tengo John de Zoro, rupture amoureuse et premier album

Crédits photo: @Marcelo.tns

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Intenable rookie, débordant d’esthétisme, Tengo John vient de dévoiler sa nouvelle mixtape Temporada. Un projet ambitieux, chargé de faire évacuer le terrain avant l’explosion définitive de l’artiste. 

 Interlude: Bon, Tengo, comment ça va depuis Hyakutake ?

Tengo John: «Depuis Hyakutake… T’as la réponse un peu dans le projet. Il retrace mon année, qui a été compliquée, mais depuis deux, trois semaines ça va mieux.»

La couleur de tes cheveux, ça a un sens ou pas ?

«Pas vraiment non, c’est esthétique ! À la base je faisais des teintures vertes et j’avais encore les cheveux maxi-longs par rapport à aujourd’hui. À l’époque des premiers “Trois Sabres” j’avais les cheveux verts comme Zoro (One Piece), donc à la base c’est un peu pour Zoro. Moi c’est un truc que je kiffe depuis tout petit grâce à Djibril Cissé ! C’était mon joueur de foot préféré, il m’a marqué avec toutes ses teintures : les toiles d’araignées, les cheveux rouges, les cheveux bleues. Quand il était au Panathinaikos il avait un maillot vert, il faisait les cheveux verts avec des crêtes pas possibles !

C’était mon gars Cissé, c’était le joueur de foot Super Saiyan qui change de coupe, de couleur… C’était Son Goku version footballeur. C’était un athlète Cissé en plus, c’était pas un footballeur ultra technique mais c’était un athlète surpuissant un peu comme un Cristiano Ronaldo en terme d’accélération, force de frappe… Je kiffe Cissé aussi parce que c’est un Phénix : il s’est fait deux fois les croisés et à chaque fois il est revenu. C’est un gars extravagant, plutôt sympathique. Je l’ai vu en interview il y a pas longtemps et il parlait de Barbara, franchement c’est mon gars ! Mais du coup c’est vraiment esthétique, pour le kiff : quand j’ai fais un projet qui s’appelle Multicolore, j’avais les cheveux multicolores aussi.»

Je t’ai entendu dire que tu t’étais trouvé musicalement sur ce projet là.

«Totalement… Et tu vois je dis “totalement” mais du coup, j’espère pas encore, puisqu’on évolue toujours. Mais ouais, je crois que je me suis vraiment trouvé musicalement. C’est la première fois que je sentais que je faisais de la musique, en la réfléchissant, en sachant ce que je faisais, même si ça restait spontanée. Je sentais que j’avais pris du niveau, que ce soit en studio ou dans ma manière d’écrire.

Je m’étais jamais mis autant de contraintes, que ce soit pour du travail ou musicalement dans le but d’élever mon truc. Je suis sorti de ma zone de confort pour au final m’en faire une nouvelle. Je suis grave content du travail. C’est la première fois que je travaille autant dans ma vie, et c’est dans la musique et pour ce projet, donc j’en suis fier et content. Ces morceaux, c’est les seuls que j’ai fait dans ma courte et humble carrière que j’arrive à écouter en mode “Ça, c’est de la bonne musique”.»

Je voulais revenir avec toi sur ta connexion avec Krisy de cette année qui m’a grave touché.

«J’étais dans mes tweets de dépressif, j’allais pas bien donc je tweetais des bails en mode “Je vais pas bien”. Krisy a vu ça, et je savais même pas qu’il me suivait sur Twitter. C’est un truc de ouf pour moi ! Krisy, c’est un de mes rappeurs préférés depuis très longtemps. J’écoute depuis même avant Menthe à l’eau, un freestyle qui s’appelle “Brand New Jacket”, qui était sur Soundcloud et qui était incroyable ! Ocho l’avait screw à l’époque, on se buttait à ça. Même le projet Menthe à l’eau je l’ai casse-ded dans “Trois Sabre 1” c’est pour te dire j’étais vraiment un auditeur de Krisy.

Du coup il m’a envoyé de la force quand il a vu que j’étais pas bien. Il m’a envoyé un message de soutien, tout de suite on s’est parlé par DM. J’ai vu qu’il me suivait ça m’a fait trop plaisir. On a beaucoup échangé, et il m’a lancé le défi sans me laisser le choix et il a eu raison ! Il m’a dit “Tu sais quoi ? Sors un morceau dimanche prochain”. Donc j’avais une semaine… et encore j’avais que quatre jours parce que j’allais en Belgique, avec trois jours de concert donc à la fin de la semaine, ce n’était pas possible. Donc j’avais que 4 jours pour sortir un morceau sur ce que je ressentais au moment où j’ai tweeté mon bail.

Et donc j’ai fais le morceau “Super moche”, je l’ai sorti et il y a eu un vrai effet organique. C’était un morceau qui était pas prévu, ça a été annoncé nul part, qui est pas sorti en playlist, il est sorti spontanément limite à minuit sur YouTube parce que mes fans me l’ont demandé. Et il a eu une portée. Aujourd’hui c’est un des morceaux les plus streamés, parce qu’il est vrai, justement avec la petite histoire qu’il renferme. C’est un morceau qui est grave réel, tout est vrai dans ce que je dis, c’est ce que j’ai vécu, ce que j’ai ressenti à ce moment-là. Je pense que c’est aussi pour ça qu’il plaît, parce qu’il est authentique.

Et pour finir avec Krisy, quand j’ai sorti ce morceau, il a kiffé. Ça m’a fait plaisir et il m’a invité à passer quelques jours chez lui à Bruxelles. Et donc je suis passé au Jeune Club, dans son immeuble de business-man Bruxellois. Je voyais tous les platines de Damso, c’était impressionnant. Krisy, c’est un des meilleurs humains que j’ai rencontré, c’est un gars tellement gentil. On a pleins pleins de valeurs en commun. Au-delà du fait que ce soit un bête d’artiste, c’est un bête d’humain. On a fait du son dans son studio à Bruxelles j’ai passé quelques jours chez lui et voilà maintenant c’est la famille. C’est une des meilleurs choses qui me soit arrivée dans le rap, de mes jeunes années d’auditeurs. Si on m’avait dis ça il y a quelques années, j’aurais été comme un ouf.»

@Marcelo.tns

Je voulais te parler de “Notreamourémor?”, j’ai l’impression que ton public t’attends sur ce genre de sons.

«Il a eu un beau succès d’estime avec le clip, avec le morceau qui est très particulier, different de ce que j’ai pu faire. Il a un côté très chanson française, très calme. Et c’est vrai que ce que tu dis je l’ai ressenti, aussi sur “Super Moche”… et même aussi sur “Geisha”, qui est l’un des morceaux qui a le plus de streams de Multicolore ! Derrière “Trois Sabres” c’est “Geisha” le morceau le plus streamé de Multicolore. C’est pas “Printemps”, c’est pas “Citizen Spleen”, c’est “Geisha”. Et puis c’est un morceau que j’aime beaucoup, qui est très authentique. J’en ai toujours un peu fait, mais là c’est limite consacré sur tout un projet ou j’ai plus me centraliser sur ça, car c’est ce que je vivais cette année-là.

Et c’est vrai qu’on rappe maintenant sur ces morceaux là ! Si j’ai toujours les irréductibles Gaulois qui me disent “Trois Sabres ! On veut de la trap !” *rires*. Mais ça commence à changer ! Les gens ont capté que j’ai pris ce virage artistique tout en restant moi-même. Dans le projet, je rappe toujours et j’ai essayé de mener au mieux mes deux identités, comme sur Multicolore. Mais en mieux, en different. Et même sur cette facette rap, j’essaye de plus thématiser. Je suis devenu un fumier ! Je pense qu’avant il y avait encore une pointe d’innocence dans mon rap, j’étais encore ce jeune enfant dans son Shonen qui court en quête avec son épée, maintenant il y a plus trop ça. Je pense par exemple à mon morceau avec Slimka où on parle beaucoup de femmes. Ce n’est pas des thèmes que j’abordais dans mes couplets egotrip avant. Tout un virage a été fait.»

C’est quoi toi tes références d’albums quand t’as besoin que quelqu’un te parle de peine de coeur.

«Le dernier album qui m’a marqué dans ce sens, récemment, c’est Tobi Lou : Live on Ice. Ça a été mon album de chevet toute l’année et c’est devenu mon rappeur préféré Tobi Lou. Chicago, ma ville préférée. Avant c’était Chance the Rapper mon rappeur préféré de là-bas, mon goal, mon espoir, mais la c’est Tobi Lou. Son album est extraordinaire. Il raconte sa rupture, la post-rupture, tout ce qui va avec à travers une histoire qui date de 2014. L’album est sorti en 2019 : ça fait cinq ans que le gars ça le travaille. C’est un truc qui a bousillé sa vie et il en a fait toute sa musique. Moi, ça m’a vachement inspiré.

Son esthétique, son je-men-foutisme, comment il est décomplexé. Puis ces textes sont fort, il va droit au but. Tu sens vraiment les émotions avec les mélodies, c’est vraiment l’album de la rupture amoureuse en terme de rap. Sinon,il y a aussi Radio Suicide de Makala. Tu sens un peu ce thème picoté l’album. No offense si je dis une bêtise, mais j’ai ressenti ça sur “Nice Smile” et “Mr. Synopsis”. Puis, les albums de Daniel Caesar, de HER, mais c’est plus des chanteurs ça. En terme de rap, Boogie aussi, avec Everything is 4 Sale. Il ne parle pas que d’amour,  mais quand il en parle c’est incroyable.»

Dans “Désordre” tu dis, “Je sais qui je suis désormais”

«Ouais… Au final, je dis des conneries parce qu’on ne sait jamais vraiment qui on est. C’est con, mais ce qui ne te tue pas te rend plus fort. Donc quand tu traverses des trucs relous, forcement t’en ressors avec des leçons qui font que tu te connais mieux. T’en apprends sur toi même dans ces situations là, des émotions que t’avais pas forcement expérimentées. Si t’apprends sur toi-même, sur comment tu réagis face à ça, comment tu peux faire mieux, forcement tu te connais mieux après ça. Et puis même musicalement ! Je me sens beaucoup plus fort, musicalement ou personnellement.»

@Marcelo.tns

Qu’est-ce qu’il s’est passé avec “Trois Sabre 4” ?

«Je voulais le mettre sur le projet, mais il n’était clairement pas fini. On était encore en gros chantier dessus, je me posais pleins de questions, je ne peux pas trop t’en dire plus. Et aussi, il rentrait beaucoup moins dans la thématique du projet que les autres morceaux. Tous les autres, j’ai une manière de les rattacher au projet, à ce qu’il raconte. Lui, c’était compliqué et pour toutes ces raisons je me suis dis que j’allais le mettre à part et le sortir plus tard. Ou peut être qu’il ne sortira pas…»

Qu’est-ce qu’il te manque pour appeler ton prochain projet, ton “premier album”?

«Plus grand chose je crois. On y arrive, je pense qu’il me manquait Temporada, c’était la dernière pierre. Après je sais pas si je vais passer directement à mon premier album. Il y aura peut être un dernier projet intermédiaire, ou deux en collaboration… C’est possible que je fasse un projet avec Prince Waly ou avec Salakid. Il y a un moment où on parlait de faire un projet avec Di-Meh, ou avec Anna Kova. Donc c’est possible que je fasse des projets en commun avec mes amis. Une dernière petite pause histoire de me reconstruire et de reprendre de la vie un peu. Et après, ça on va partir sur l’album.»

A l’époque de notre interview pour Hyakutake, tu m’avais dis que t’avais déjà le titre, il n’a pas changé?

«Ouais je pense que ce sera toujours le même titre.»

Il ressemble toujours a ce que t’avais dans la tête à cette époque ?

«Forcément non. Je pense que musicalement et dans certaines thématiques, évidemment que l’image que je me faisais de mon premier album elle a beaucoup changé. Mais ce sera le même titre, parce que c’est toujours la même quête.»

Qu’est-ce que tu ferais si tu pouvais arrêter le temps ?

«Bah je reviendrais en arrière. Soit pour arranger les choses, soit pour les revivre en boucle dans un rêve éternel. Une belle année 2018. Voila ce que je ferais.»

Tengo John sera également en concert à La Maroquinerie le 23 Avril.

Dans le reste de l’actualité, après avoir émis l’hypothèse d’un «match retour», trois ans après Grand Paris, Médine a ouvert la porte au débat sur le casting de cette prestigieuse rencontre. Nos envies pour Grand Paris II.

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