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Taxe “anti-rap” : c’est quoi cette fameuse mesure qui fait polémique ?

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Depuis juin, la création d’une taxe sur le streaming musical se dessine au Sénat. Par extension, ce projet s’apparente à une taxe anti-rap, qui sera examinée dès ce soir à l’Assemblée Nationale.

C’est la ministre de la culture, Rima Abdul Malak, qui l’évoquait à mi-voix au Sénat, en juin. Pour assurer le financement du Centre national de la musique (CNM), le gouvernement pourrait mettre en place une taxe sur le streaming musical d’ici peu. Une mesure destinée à combler le déficit budgétaire du CNM et à rapprocher son fonctionnement du CNC, Centre national du cinéma et de l’image animée. Cette taxe pourrait avoir des effets très néfastes sur l’industrie du rap et ses auditeurs et sera soumise dès ce soir, 5 octobre, au vote des députés, selon Ventes Rap.

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Un abonnement plus cher, et des revenus plus bas pour les artistes

La taxe proposée s’élève à 1,5%, «assise sur l’ensemble des revenus issus des abonnements payants aux formules de streaming musical et des revenus publicitaires» d’après l’amendement déposé le 30 septembre par 6 députés NUPES dans le projet de loi de finances pour 2023. Concrètement, ce prélèvement pourrait se répercuter sur le prix des abonnements, d’une part, mais également provoquer une baisse du montant des redevances versées aux artistes et producteurs, d’autre part.

Et si le rap est un des genres musicaux les plus écoutés en France, il reste précaire concernant le déblocage de subventions et leurs conditions d’attribution – notamment parce que rares sont les représentants de cette industrie dans les instances responsables de ces subventions. Par ailleurs, le streaming représente aujourd’hui plus de 87% de la consommation des albums de rap au Top 200 France, d’après le Syndicat national de l’édition phonographique (SNEP). Une dépendance qui explique l’impact que pourrait avoir cette taxe anti-rap sur l’industrie.

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Le Motif : «Les seuls qui ne sont pas consultés sont les artistes»

Mais le SNEP s’est formellement opposé à cette taxe dite anti-rap, comme l’explique son président Bertrand Burgalat aux Échos. «On est en période d’inflation et dans certains pays, on voit déjà des désabonnements. Il y a une forme de concupiscence autour des revenus du streaming, beaucoup de monde veut se les approprier, mais c’est au risque de tuer la dynamique du marché.» Bertrand Burgalat propose de son côté l’aménagement de taxes existantes pour trouver de nouveaux fonds auprès des réseaux sociaux gratuits, et notamment de TikTok.

«Le problème avec cette taxe, c’est que ça déchaîne les passions, a réagi Le Motif sur Instagram. Les institutions ont leur avis, les majors aussi, les plateformes aussi, les médias aussi et les politiciens aussi. Les seuls qui ne sont pas consultés sont les artistes», déplore-t-il. Un avis partagé par Niska, Booba ou encore par Oumar Samaké, fondateur de SPKTAQLR. «Tout ça pour financer le CNM, là où nous ne sommes même pas présents ? Aucun producteur issu de notre musique n’y siège mais par contre, notre musique doit le financer ?, interroge le manager. Non, c’est impossible.»

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Si d’après l’amendement cité plus haut, «le rendement de cette taxe est estimé à 21 millions d’euros», elle pourrait donc contribuer à précariser l’industrie du rap, tandis que celle-ci représenterait injustement la majorité des revenus du CNM.

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