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Musique

Vicky R : «Je fais des trucs très mélodieux, mais quand je veux, je peux rapper»

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vicky r

Si vous ne connaissez pas encore Vicky R, prenez 7 minutes de votre temps et découvrez son nouvel EP RHC sorti aujourd’hui.

Un avant-goût efficace : trois titres intelligemment choisis permettant l’immersion la plus totale dans l’univers aussi doux que percutant d’une étoile montante de la scène hip-hop française. Passez facilement du calme de « Rien ne vaut la vie » à l’égo trip de « RHC », et découvrez les multiples facettes de Vicky R. La jeune femme émeut autant qu’elle fait danser et surprend sur des prods signées Sutus. Chaque sonorité propulse dans un univers différent et souligne le talent de l’artiste. Aussi bien influencée par la pop française que par la variété gabonaise qui l’accompagne depuis son enfance, l’ambitieuse Vicky R prend place et s’affirme pour renouveler habillement le paysage du rap français actuel. Un monde qui l’accueille grandement. Rencontre.

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Comment tu te sens ? Hâte de sortir ce nouvel EP le 24 juin ?

Je me sens super bien. Depuis mon dernier single « ICE » j’ai rien sorti donc j’ai hâte de revenir en solo. J’ai beaucoup travaillé, j’ai eu le temps d’expérimenter pleins de nouvelles sonorités différentes. C’est un petit format mais c’est ce qu’il faut pour préparer la suite.

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Rembobinons. En 2019, tu as fait partie de la mixtape La Relève de Deezer. C’est le titre “Panama” qui a été choisi, qu’est ce que ça t’a fait d’être approché par Mehdi Maïzi pour être sur la mixtape? 

J’étais comme une ouf ! En plus, en 2019, je venais de finir mes études et au début de l’été, je suis chez moi, je fais la vaisselle j’entends mon téléphone sonner j’ai une notif. Je vois : « Mehdi Maïzi vous a suivi ». Et, je te jure, la semaine d’avant je regardais le trailer de La relève, et je me disais j’aimerais trop faire un truc comme ça. Dans les 10 minutes qui ont suivies, il me dit : « J’ai un truc cool à te proposer ». Une demi-heure après je reçois un mail : Vicky R – La Relève. C’est un tournant, c’est super décisif. Mehdi, c’est Mehdi. C’est une référence en matière de rap. Il va pas vers tout le monde : s’il vient vers toi, c’est qu’il voit qu’il y a un potentiel. Mon poster de La Relève, je vais l’encadrer ! (rires)

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«L’exutoire c’était la musique»

Tu t’es ensuite faite remarquer avec ton EP V, sorti en mars 2020. Un projet très personnel : on te sent sincère dans ta musique. C’est ça que tu recherches ? 

Mon dernier projet date de 2014, entre temps j’ai eu le temps de vivre pleins de choses : tu grandis, tu deviens une femme, tu t’affirmes. Je sortais d’une rupture, et l’exutoire c’était la musique. Et moi, je ne me livre pas beaucoup. Mon père il est comme ça aussi. J’ai perdu ma mère a 16 ans. Je suis très renfermé mais là, j’essaie d’être plus expressive.

Avec V, j’ai parlé de ma vie, de mes doutes, même dans mes anciennes relations. Comme t’as dit : c’est un projet intimiste, mais j’aurai pu aller plus loin. Il y a pleins de morceaux que j’ai fait que je n’ai pas sorti car je ne suis pas encore prête. C’est comme si tu donnes une partie de toi. Je me dis qu’on peut s’en servir contre moi. C’est pour me protéger, protéger ma santé mentale et mon entourage.

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En avril, tu as été invité par Sally sur le titre “Shoot”, tu as pu rapper avec d’autres rappeuses comme Chilla, Joanna, Kanis et Alicia. Qu’est ce que signifie cette expérience pour toi ?

« Shoot », il fallait le faire. C’est important pour la suite. On dit toujours que les artistes féminines ne sont pas solidaires et je pense que ça, ça a mis un petit coup. C’est un morceau qui a fait du bruit et qui a été super bien accueilli. Quand tu regardes les critiques, les gens étaient content de voir ça. C’était important de le faire, c’est pour la culture comme on dit. Moi, dès que Sally m’a appelée j’ai dit « oui » tout de suite. Pour moi, c’est important. Il faut qu’on collabore. Et c’est que le début. Depuis « Shoot », j’ai enregistré un morceau avec Joanna et je vais faire un morceau avec Chilla. Sally c’est sûr qu’on collaborera ensemble dans l’avenir. Il faut créer du trafic. Plus on fera des trucs comme ça, plus on nous prendra au sérieux.

Est-ce que c’est une façon aussi de prouver au rap français que les femmes ont leur place ? 

Bien sûr. En vrai, on remet souvent notre place en question, mais on a notre place. On est tout autant talentueuses. Là tu sens qu’il y a encore de la réticence. Mais « Shoot »  fallait le faire et ça sera important pour la suite. Ça va venir, ça présage des bonnes choses. On discute même d’un projet, c’est dans notre tête.

«Je veux dire aussi que je rappe»

Parlons maintenant de ton EP RHC. Au niveau des sonorités, il est super varié. Qu’est ce qui t’as le plus influencé ? 

J’ai pris conscience d’un truc : j’ai une palette assez large. Je me suis dit : « C’est le moment de le montrer maintenant ». Aussi, c’est trois titres : il faut faire trois sonorités différentes. Si quelqu’un n’est pas trop dans le rap dur, t’as un son comme « Rien ne vaut la vie », plus introspectif, calme, personnel. Puis t’as « Le cercle », le son de la ride, qui rassemble. J’ai voulu montrer cette palette et l’EP qui arrivera après sera pareil. Il y aura de l’afro, de la pop, il y aura de tout. Dans la pop française par exemple, j’adore Jenifer !

Mais non !

Je te promets ! (rires) Je suis une grande fan! Jenifer, Zaho. Zaho, j’ai fait sa première partie au Gabon en 2014. Travis Scott aussi pour le côté décodeur, trap. J’écoute beaucoup Missy Elliot, Drake. Beaucoup de rappeurs gabonais aussi, et du gospel ! Là, sur ce projet, si je prends les trois titres, je te dirais « RHC », c’est du Travis Scott, « Rien ne vaut la vie » c’est du Zaho, et « Le cercle », c’est Hamza ! Très grande cliente de Hamza ! Je dors, je vis Hamza ! (rires)

L’EP se nomme Rap Haute Couture, c’est quoi le Rap Haute Couture pour toi? 

J’aime beaucoup la mode. « RHC » c’est un joli son. C’est joli. Enervé, mais joli. C’est du « big drip ». Je veux dire aussi que je rappe. Je fais des trucs très mélodieux mais quand je veux, je peux rapper.

Tu dis aussi : “Je traîne le soir, je suis une mauvaise fille”. C’est quoi être une mauvaise fille? 

(rires) En vrai… c’est une pique. Quand t’es une meuf, t’es dehors la nuit, t’es une bonne vivante on va dire : « Ouais, c’est une pute ». C’est pour dire : « Ouais, je traîne le soir, vous en pensez ce que vous voulez ».

Sur ton titre “RHC” ce qui est aussi super intéressant, c’est ce changement de prod : il y a des rires d’enfant en guise de transition, et on passe sur une deuxième partie beaucoup plus whine qui donne envie de danser.

C’est Sutus ! C’est un génie ce mec, il est vraiment fort. Musicalement, c’est une des meilleures choses qui me soit arrivée. On parle pas longtemps : « Ouais gros j’ai une idée », il met la prod, on se regarde et ça coule de source. « RHC » je l’ai fait en séminaire. On s’est dit : il faut surprendre. Et c’est vraiment un morceau surprenant. Moi, vraiment, quand j’ai entendu la prod de « RHC » pour la première fois, j’ai couru partout.

J’étais dans une chambre et là, j’entends des : « Boum, boum ». (rires) Je me dis : « Mais il se passe quoi là ? ». Il était 4 heures 30 du matin. J’écoute la prod partie trap et là le switch quand la prod elle change, on est devenu fous. Après j’ai pris le temps de l’écrire. Vu qu’il y a deux parties, je me suis demandé comment j’allais appréhender le morceau. Je me suis dit la partie trap où c’est très énervé égo trip et l’autre partie on fait un truc qui va rentrer en tête, potentiellement viral. C’est du « deux sons en un », ça a rien à voir. Ça rejoint cette idée de montrer ma palette.

«Rap et mode ça va ensemble»

Sur “RHC”, tu dis “j’investis dans la sape”, et effectivement on le voit sur les réseaux, tu accordes aussi une grande importance à ton style, le rap et la mode c’est indissociable?

Rap et mode ça va ensemble. Encore plus maintenant. Quand tu vois Lala&ce qui défile pour Kenzo, S.Pri Noir… Moi j’avais pas l’habitude de ça ! Quand j’ai fait La Relève, j’ai fait des trucs avec Reebook, ça va trop vite ! Ça m’étonne même que ça soit arrivé aussi tard ! Même quand tu regardes à l’époque de Diam’s, t’imagines si elles avaient eu l’occasion d’avoir accès à ce à quoi on a accès maintenant, ça aurait été un truc de ouf !

«Je ne veux pas avoir de regrets»

Sur le titre “Rien ne vaut la vie”, tu dis “ne prends jamais rien pour acquis”, c’est une leçon que tu te répètes à toi-même?

Ouais, tout le temps. Même dans le relationnel : combien de fois t’as des potes avec qui t’as commencés à qui tu ne parles plus ? Mes amies, je ne suis pas à l’abri que demain on est un désaccord et que chacun prenne son chemin. Mais ça sera jamais avec de la haine. Il faut jamais rien prendre pour acquis dans tout. Et tu sais l’anecdote sur « Rien ne vaut la vie » c’est quoi? C’est qu’il y a une meuf de l’industrie, dont je tairais le nom… On lui a envoyé quelques sons du prochain projet, elle m’a dit ouais c’est lourd et tout mais je trouve qu’il manque un son introspectif. Je lui ai dit : « J’ai déjà fait un truc introspectif avec V et surtout que le deuxième va s’appeler V2″. Et j’étais un peu frustrée après l’appel. Puis ils m’ont envoyé des prods. J’ai trouvé une prod et j’ai écrit direct. J’ai envoyé à mon manager et il m’a dit : « C’est bon, on l’a ». Quand on me pique un peu, c’est la meilleure réponse.

Tu te dis qu’un jour tout peut s’arrêter ?

Bien sûr ! J’ai une licence de communication, je sais que demain si ça marche pas, je peux travailler. Jusqu’à 2019, je bossais. Mais j’ai arrêté, je me suis dit que je ne voulais pas avoir de regret. Mais ça a été difficile, puisque fallait que j’en discute avec mon père. Il s’est tellement sacrifier pour moi que la meilleure chose que je puisse faire c’est de réussir. J’estime avoir déjà fait ma mission, j’ai un diplôme. Si ça ne marche pas, je peux travailler.

Là tu vis juste ta passion.

Je vis ma passion et je profite. Si je le fais pas maintenant, je vais le faire quand ?

On a parlé mode et image, alors tu vas sûrement clipper des titres ?

Là on a clippé « RHC » ! On a fait un bon petit clip. On s’est dit : on fait soit un gros clip, soit un petit truc avec beaucoup d’attitudes et des bons looks. On a plus opté pour cette dernière option. « Rien ne vaut la vie », on va peut-être faire une version live avec des vrais instruments. « Le cercle », on a eu une petite idée. Ça sera plus un visuel qu’un clip. Mais on s’est dit : « Est-ce qu’on prendrait pas une petit GoPro et on filme quand je chille avec mes potes ? ».

Le but avec cet EP c’est de faire patienter tes auditeurs avant un nouveau projet c’est ça ? 

C’est refaire une petite carte de visite post-Covid. Il y aura aussi une sortie cet été. Spoiler alert : j’ai un feat avec Still Fresh. On a fait un morceau et on aimerait bien l’envoyer pour cet été parce que c’est un morceau summer. Et après l’autre projet, la suite de V, j’ai trop hâte. Il y aura des feats aussi, des trucs surprenants ! Là, je laisse la musique parler et à la rentrée je vais en guerre ! (rires)

 

Dans le reste de l’actualité, Orelsan : pourquoi ses retours sont toujours aussi grandioses

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