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Musique

Avec “L.U.J.I.”, Lujipeka se la joue solo, mais reste bien entouré

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L’EP L.U.J.I. de Lujipeka est sorti ce vendredi 22 mai. L’occasion de retracer ce projet qui oscille entre expérimentation et continuité.
Shelby Duncan

L’EP L.U.J.I. de Lujipeka est sorti ce vendredi 22 mai. L’occasion de retracer ce projet qui oscille entre expérimentation et continuité.

«Un redémarrage à zéro», c’est ainsi que Lujipeka décrivait cette nouvelle aventure en interview chez Interlude. L’artiste vient donc de dévoiler son premier EP solo. Coronavirus oblige, Lujipeka a, ces derniers mois, complètement revu sa stratégie, car L.U.J.I. devait initialement sortir le 27 mars. Au lieu de ça, l’artiste rennais a dévoilé un premier mini-EP, avec un son qui sortait chaque jour lors de la semaine du 6 avril sur Skyrock. Son nom ? P.E.K.A.

Puis, saut dans le temps, rendez-vous en ce 22 mai pour découvrir L.U.J.I. Un tournant musical et symbolique dans la carrière de Lujipeka. L’occasion pour l’artiste de s’essayer à de nouvelles mélodies, et d’affirmer le commencement d’une carrière en solo après 3 albums passés au cœur de Columbine.

Et aussi, Coronavirus : Lujipeka repousse son EP, mais sort un nouvel EP. 

L.U.J.I, l’univers solo de Lujipeka

Avec ce projet, Lujipeka pose les bases d’un univers dont il est désormais le seul maître à bord. Fini de partager avec Foda C, dont les visions artistiques semblent s’être effritées au fil du temps. La réédition d’Adieu Bientôt, dans laquelle les deux rappeurs ne s’offraient que deux sons sur dix en duo, et tout le reste en solo, ne pouvait que laisser présager une scission artistique.

L.U.J.I. est un projet où règne la musicalité, un moyen pour Lujipeka de dévoiler ses expérimentations. On le retrouve ainsi sur “Même” à poser sur une instrumentale très club, dans une ambiance qui n’est pas sans rappeler Clubbing for Columbine. Album dans lequel Columbine avait déjà exploré des sonorités similaires, mais qu’il avait délaissé par la suite. Changement également dans “Refrain” : Lujipeka kicke sur une prod futuriste, le genre d’ambiance à laquelle il ne s’était encore jamais essayé.

Et que dire des sonorités zumba dans laquelle Luji semble être passé maître après le tube qu’était “C’est pas grave”. Sur L.U.J.I, l’artiste révèle tout son savoir-faire en la matière, notamment sur les morceaux “Dans la ciudad” ou “Rampalampam”. Ça y est, les bases de la dimension musicale de Lujipeka sont posées.

«Lâche-moi, lâche-moi la main»

Lujipeka a trouvé sa musicalité dans la forme, il est cependant bien loin d’avoir oublié Columbine dans le fond. À vrai dire, l’artiste semble être sujet à une forme de dualité, le son “Lâche-moi la main” en est le meilleur exemple. «Lâche-moi, lâche moi la main / j’voulais qu’on parle de moi» Dans ce refrain, Lujipeka déclare qu’il cherche désormais à être reconnu pour son talent personnel. Comme si c’était de Columbine qu’il devait maintenant lâcher la main.

Et pourtant, quelques mesures plus loin, Yro, membre du collectif, signifie le contraire : «C’est pas d’l’amour, c’est bien plus que ça, trop nombreux pour les cinq doigts de la main». Yro affirme l’identité de Columbine, d’un collectif soudé comme les doigts de la main.

Même dualité dans l’introduction “Soleil”. Lujipeka assène les deux phases suivantes dans le même couplet : «Je tiens Columbine comme un dictateur», puis «Hier c’est loin demain c’est moi». Luji tient son collectif dans une main, son ambition en solitaire dans une autre. En résulte L.U.J.I, projet qui signe son envol, mais pas son éloignement.

Et aussi, Avec “Ahou”, Lujipeka se risque en solo dans un monde torturé. 

Trouver le juste milieu

L.U.J.I. est un projet dans lequel transpirent les thèmes qui inspirent Lujipeka. L’artiste parsème ses textes de référence à un ennui teinté de mélancolie. «J’tourne dans la ciudad, y’a rien à faire» (“Dans la ciudad”), «C’est la revanche des nerds, traîne dehors comme un zonard» (“Ahou”), «Dis-moi qu’tu la sens aussi, hein, tu la ressens aussi la tristesse dans ta ville» (“Palapalaba”)… Une thématique qui ressortait beaucoup chez Columbine, par exemple au travers du morceau “Rémi”, mais que Lujipeka adapte ici avec ses propres codes, et le champ lexical de l’errance.

Intéressant également de relever les références du rappeur. Dans “Ahou”, Lujipeka cite l’Attrape-cœurs, roman de J.D Salinger, qui traite de la peur et de la difficulté à passer de l’enfance à l’âge adulte. Ce qui était précisément l’un des grands thèmes des deux premiers albums de Columbine (Clubbing for Columbine et Enfants Terribles). Encore une fois, Lujipeka poursuit les thématiques qui lui étaient déjà chères quelques années en arrière, tout en cherchant de nouvelles références.

L.U.J.I. est un projet dans lequel Lujipeka se réinvente, tout en restant dans la continuité de son univers artistique. Aujourd’hui, il vient d’affiner les contours de sa mélodie, et de prolonger les thèmes de son écriture. «Dans mon album solo, j’f’rai un son pour ma mère», déclarait-il en 2017 sur “Fireworks”. Pas aujourd’hui visiblement, mais qui sait, peut-être pour la prochaine fois ?

Dans le reste de l’actualité, Diabi : «Le seul qui a un son français, c’est Jul».

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