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Culture

Les Victoires disent au revoir au “rap” et à la “musique urbaine” : la fin du désamour ?

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Les Victoires ferment "rap" et "musiques urbaines", enfin la fin des polémiques ?
© Abaca

En délaissant ses catégories de “genre”, les Victoires de la Musique tentent d’englober tout le monde dans un même panier. Quelles conclusions en tirer ? 

Pour sa 35e édition, les catégories spécifiques des Victoires de la Musique sont réduites au nombre de huit, contre 19 lors de son inauguration en 1985. À travers ce changement, qui espère rendre plus visible les catégories, disparaissent le “rap” et les “musiques urbaines”. Et quand on se plonge dans les archives de la cérémonie on comprend, en effet, que la qualification des “musiques urbaines” était un problème.

Le rap noyé dans le généraliste

En effet, l’évolution de la catégorie a de quoi faire tourner la tête : elle a changé neuf fois de dénomination depuis son apparition en 1998. D’abord associée aux musiques électronique, sous l’appellation “musiques électronique, groove, dance”, elle est, par la suite devenue “rap ou groove”, ou plus tard “rap, ragga, hip-hop ou R’n’B”. Elle s’est finalement dissociée en 2019, avec deux catégories différentes, “rap” et “musiques urbaines”. L’édition 2019, remportée par Damso, était plutôt optimiste, l’artiste espérant que son sacre puisse «ouvrir des portes».

Mais en 2020 : plus de rap, ni de musique urbaine. Ni de rock ou de musiques du monde d’ailleurs. Désormais, les catégories se scindent en huit gros paniers : album de l’année, chanson originale, artiste masculin, artiste féminine, révélation scène, album révélation, concert de l’année, création audiovisuelle. Beaucoup plus généraliste. «Avec la suppression des catégories de “genre”, nous donnons plus de place aux artistes et permettons à l’ensemble des nommés de jouer en live le soir de la cérémonie», assure Romain Vivien, président des Victoires de la Musique 2020.

«Quand un artiste du rap gagne des prix, c’est tout le rap qui gagne aussi»

C’est ainsi que les trois représentants de la scène rap se noient dans un fourre-tout mêlant artistes de tout univers. Nekfeu et ses étoiles vagabondes se glissent au milieu de Vincent Delerm et Alain Souchon pour l’album de l’année, Lomepal joue des coudes toujours avec Alain Souchon et Philippe Katerine pour l’artiste masculin de l’année, tandis que PNL est appelé aux côtés d’Angèle et des Vieilles Canailles. Un joyeux bordel.

Mais peut-être plus équitable, si tenté qu’un équilibre soit trouvé entre les différents genres. Cette année, la sélection semble être plus raisonnable, et retrouver PNL au milieu d’Angèle et des Vieilles Canailles semble offrir un panorama suffisamment large et fidèle de la musique française.

«Quand un artiste du rap gagne des prix, c’est tout le rap qui gagne aussi. Forcément il y a des projets qui vont retenir l’attention du panel, mais au final est-ce que cela nous empêche de sortir des albums, de remplir les plus grandes salles de France (Accor Hotel Arena…), d’être en tête d’affiche des festivals les plus importants et en haut des charts chaque semaine ?», souligne Mehdi Guebli, directeur général du Bureau des artistes et manager de Vald et Sofiane.

L’ultime regret réside toutefois dans le côté élitiste des sélections. Là où Moha La Squale et Georgio pouvaient profiter de l’exposition de la cérémonie en 2019, les nommés se résument désormais aux pointures de la scène rap. Mais c’est un problème qui s’étend à tous les genres disparus de la cérémonie.

Dans le reste de l’actualité, pour la 92ème cérémonie des Oscars, Natalie Portman a fait brodé les noms des réalisatrices snobées sur sa cape Dior. Une initiative qui suscite la polémique.

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