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"Christophe" d'Orelsan & Maître Gims : non, ce morceau n'est pas un clash "Christophe" d'Orelsan & Maître Gims : non, ce morceau n'est pas un clash

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“Christophe” d’Orelsan & Maître Gims : non, ce morceau n’est pas un clash

Crédit photo : Maylis Devaux

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“Christophe Maé, Christophe Maé, Christophe Maé, Keen V”. Nous avons tous fredonné ce refrain ces derniers jours, mais contrairement aux idées reçues, ces références répétées à de nombreux artistes de la chanson française n’ont rien d’un clash.

Issu du dernier album d’Orelsan, La Fête Est Finie (disque d’or en 3 jours), le featuring avec Maître Gims aura fait coulé beaucoup d’encre, et surtout, nous aura bien fait rire. Dans “Christophe”, le rappeur de Caen ironise sur les clichés qui subsistent entre sa culture et ses origines. Il est vrai qu’en tant que blanc originaire de Normandie, rien ne le prédestinait au rap s’il on en croit certains idéaux racistes.

Cette vision réductrice est portée encore aujourd’hui, notamment par Henry de Lesquen, l’ex-candidat à la Présidentielle et ancien patron de Radio Courtoisie. On se souvient qu’il avait déclaré il y a quelques mois que le rap était une “musique nègre”, un sous-genre à bannir des ondes radios et de tout lieu public.

Autre exemple, celui de Marion-Maréchal Le Pen qui, même si elle a affirmé à plusieurs reprises écouter du rap, ne trompe personne quant à ses valeurs idéologiques. C’est d’ailleurs sans doute la raison pour laquelle cette dernière a justement fait l’objet de quelque douces punchlines du rappeur dans son morceau.

Bref, n’en déplaise à cette “Vieille France”, Orelsan fait “d’la musique de Noir” et en est fier. Pareil pour Maître Gims qui de son côté, assume son succès auprès des auditeurs Blancs et d’être classé dans la variet’.

Une ode habile à la Chanson française

Si les piques envers la petite-fille Le Pen et son Père sont réelles, ne voyez en aucun cas en “Christophe”, un clash à l’égard des noms d’artistes scandés à plusieurs reprises dans le refrain. Qu’il s’agisse de Christophe Mae, Keen V, Eddy Mitchell ou encore Johnny Hallyday, ces références bien qu’un tantinet taquines il est vrai, sonnent bien plus dans le sous-texte, comme des d’hommages.

En effet, par ce procédé habile et rempli d’auto-dérision, Orelsan et Gims ne s’opposent pas à proprement parler à ces artistes, mais se placent au contraire, avec eux dans le panthéon de la chanson française. De plus, n’oublions pas que Christophe Maé et Keen V ont eux aussi des influences afros dans leurs musiques respectives. Comprenez alors qu’ils font en quelques sortes eux aussi, de la “musique de noir”, comme Orelsan, d’où l’importance de la référence.

Il ne s’agissait donc pas pour le duo de clasher tous ces artistes, mais plutôt d’affirmer avec une bonne dose de second degré, une réelle fierté de faire partie de la grande famille de la chanson française. Un message implicite que Keen V a justement bien compris et qu’il n’a pas manqué de saluer sur Twitter.