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“Ateyaba”, l’album qui devait tout changer

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Il y a 6 ans, Ateyaba sortait dans les bacs. Un album dans la lignée novatrice d’Ateyaba, encore Joke, qui ne l’a pourtant pas emmené vers les sommets.

Le 2 juin 2014, Ateyaba, que l’on appelait à l’époque Joke, sortait son premier album Ateyaba après 2 projets sortis en 2012 et 2013. Il est alors l’une des grandes promesses du rap français, et cet album a pour vocation d’enfin faire passer un stade au MC.

Pourtant, aussi brillant soit-il, cet album a surtout été le berceau de la grande prise de recul d’Ateyaba. Pour rappel, le rappeur devait sortir un nouvel album Ultraviolet en 2017, mais celui-ci n’a cessé d’être repoussé pour que l’artiste le perfectionne. Au final, il n’est encore pas sorti, et Ateyaba conforte sa légende de classique de l’ombre de la scène rap français.

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Ateyaba, le juste dosage entre expérimentation et tendance

Si Ateyaba arrive en 2014 avec une réputation qui le précède, c’est parce qu’il a su devenir le précurseur d’une musique hybride entre le rap et l’électro avec Kyoto et Tokyo. Parce qu’il a su faire prospérer son art sur une brèche inexplorée dans le paysage de l’industrie musicale française. Il a su ramener l’univers de la musique électrique dans le rap français.

Et sur Ateyaba, il rajoute à ce cocktail les influences trap de l’époque, très à la mode dans le rap français depuis Or noir de Kaaris. On trouve dans Ateyaba des morceaux comme “Majeur en l’air” ou “Miley”, en featuring avec Dosseh. Une volonté de l’artiste de donner à son album une portée plus universelle. Une panorama plus vaste que l’on ressent également d’ailleurs sur “Vénus”, dont les prétentions de single sont assumées.

Casting de luxe

Côté prod, il y a de tout. Ateyaba continue de collaborer avec les beatmakeurs qui lui sont terriblement bien accordés. On retrouve ainsi Myth Syzer sur “Niamtougou”, l’outro du projet. Mais aussi Ikaz Boi sur le culte “On est sur les nerfs” dans lequel on sent une véritable influence dubstep. En parallèle, on retrouve Therapy sur “Majeur en l’air”. Encore une fois, Ateyaba s’accompagne de ses collaborateurs de toujours pour plonger dans un rap qu’il maîtrise à la perfection, tout en travaillant avec des pionniers de la trap.

De bien belles présences au niveau des rappeurs également, puisque Joke s’entoure de Rim’k et Seth Gueko sur le morceau “Sphinx”. Dosseh vient également donner la réplique au MC pour “Miley”. Et que dire des présences cinq étoiles de Pusha T sur “Black Card” et Jhené Aiko sur “French Riviera” ? Bref, un superbe casting.

Une sortie mitigée

Après son arrivée dans les bacs le 2 juin, Ateyaba s’écoule à 7104 ventes sur sa première semaine d’exploitation. Parler de déception serait un euphémisme au vue de toute la hype que cet album avait engendré. A qui la faute ? Booska-P a interrogé Oumar, son manager en lui posant la question : «Avant, pour l’EP, on faisait des tournées de 10 dates avec des salles de 250 personnes en province, là on a fait une tournée de 80 dates avec des salles de 1200 personnes et 20 festivals. Selon moi, ce que Joke fait, ce n’est pas de la musique populaire.» Il ajoute même que «les gens ont surestimé son buzz».

Dans No Fun, Mehdi Maizi propose également une vision selon laquelle les problèmes de sample qu’il a rencontré à l’époque de la sortie lui ont également fortement portés préjudices. Dès sa deuxième semaine d’exploitation, Ateyaba a dû être retiré des ventes physiques pour un problème de droit d’auteur avec un sample de Miles Davis sur le morceau “Paris”. Résultat, Ateyaba continue de se vendre sur iTunes, mais plus en physique.  Et, dans une période où le streaming balbutie, le coup est très rude. Au final, les ventes d’Ateyaba sont tout de même loin d’être catastrophique. Était-il possible de faire mieux ? Sûrement. Peut-on pour autant parler d’un échec ? Moins sûr.

Le vrai problème, c’est l’après

Ateyaba sort l’année suivante Delorean Music, un EP de 5 titres plaisant, mais pas assez consistant pour des auditeurs qui demandent maintenant à l’artiste d’aller plus loin. Et pour ça, il devait y avoir Ultraviolet en 2017. L’album était prêt, mais l’artiste n’a pas voulu le sortir, pour des raisons qui restent encore opaques.

Depuis la sortie de l’album, de nombreux MC ont repris à leur sauce les influences de l’artiste. Finalement, cette niche initiée par Ateyaba a fini par s’agrandir, mais sans qu’Ateyaba lui-même n’y trouve sa place. Plus le temps passe, plus les attentes vis-à-vis du retour de l’artiste sont grandes… Et plus il est compliqué pour Ateyaba de revenir. 6 ans après cet album aujourd’hui devenu culte en grande partie parce qu’aucun autre projet n’est venu le compléter, Ateyaba soigne plus que jamais son retour.

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