Suivez-nous

Musique

Kendrick Lamar : la douloureuse histoire d’une prostituée dans « Keisha’s Song »

Publié

le

kendrick lamar

Avec « Keisha’s Song », publié dans Section 80, Kendrick Lamar a déployé son talent pour le story-telling, avec un sujet complexe et tourmenté. 

Ce mois-ci , c’est les 10 ans de la sortie du premier album de Kendrick Lamar, Section 80. Le rappeur de Compton se dévoile au monde avec ce projet éblouissant, qui va lancer l’une des plus grandes carrières du rap américain. Kendrick Lamar y dévoile son talent pour l’écriture avec un morceau poignant, « Keisha’s Song », qui raconte l’histoire d’une prostituée. Récit.

L’arrivée d’un nouveau prodige

Après le succès de sa mixtape Overly Dedicated en 2010, Kendrick Lamar est pressenti comme la « relève » du rap de Los Angeles. Les critiques sont unanimes et le premier album se fait attendre. Le 2 juillet 2011, K-Dot sort Section 80 exclusivement sur iTunes. Le fédérateur « HiiPower », produit par J.Cole, fait office de single, et propulse l’album dans les charts. 1 mois après la sortie, Snoop Dogg, Dr.Dre et Kurupt proclament Kendrick Lamar sur scène « nouveau roi de la Weast Coast ».

Publicité

Section 80 est un album concept, qui raconte les difficultés personnelles de deux jeunes filles, Tammy et Keisha. Leurs histoires permettent au jeune prodige d’aborder des thématiques fortes, comme l’épidémie de crack des années 80, le racisme, l’accoutumance. Un autre sujet fort va frapper l’auditeur. Si Kendrick prouve à travers ce projet sa qualité de rappeur, c’est en tant que lyriciste qu’il va se démarquer. Le story-telling va prendre une place très forte dans Section 80, notamment à travers les différents interludes. A seulement 24 ans, K-Dot s’attaque à un sujet douloureux à travers la 11e track : la prostitution.

Kendrick Lamar ou raconter l’indicible

Après avoir suivi ses vices, avec « No Make Up » (la superficialité), puis ses démons avec « Ronald Reagan Era (la drogue), on retrouve Keisha, l’une des protagonistes du projet, sur un morceau éponyme. L’occasion pour Kendrick Lamar, dont Eminem croyait qu’il avait un ghost-writer, de raconter le tragique quotidien de cette prostituée.  K-dot y dépeint les émotions qu’elle ressent à travers une soirée ordinaire de travail, dans une authenticité remarquable.

   « Dieu sait qu’elle est belle, Dieu connait la routine, elle a son corps endoloris ».

« Elle écoute Mr Shakur, c’est son rappeur favori, écoutant Brenda’Got a Baby pendant qu’un pervers l’appelle »

« Elle donne tout à son mac mais elle ne connait pas son père, c’est ironique. « 

L’écriture imagée de Kendrick Lamar étonne et offre un morceau puissant. La voix remarquable d’Ashtro Both, que l’on retrouve aussi sur « Ronald Reagan Era », donne une dimension envoutante au morceau. La production signée Tae Beast, laisse trainer une mélodie taciturne s’accordant avec le flow aérien du jeune Kendrick. Le story-telling poignant se conclut avec un ultime couplet où le rappeur explique la vie de Keisha : une enfance marquée par la drogue, une mère absente, un viol commis par son beau-père. Une vie tragique, qui se conclut par une fin tragique. On vous laisse découvrir la chute finale ce morceau magistral ci-dessous.

Commentaires

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *