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Kendrick Lamar se prend-il pour un prophète ?

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Kendrick Lamar se prend-il pour un prophète ?
Crédit photo : Scott Dudelson

Dans un article qui s’intéresse au personnage de Kendrick Lamar, Noisey s’est penché sur le phénomène qui tend à présenter le rappeur comme un prophète. 

Le coup de gueule du média envers le rappeur a débuté après que ce dernier ait reçu le prestigieux prix Pulitzer de la musique. Pour Noisey, derrière cette décision se cache “un beau gros coup de com’.” Alors qu’on pensait voir en ce prix la montée des artistes urbains dans les prodigieuses cérémonies, l’article nous sort la tête de l’eau. Il nous rappelle que Sig Gissler, administrateur du comité, souhaitait à tout prix “rajeunir et démocratiser” la cérémonie. Difficile à présent de croire que cette récompense n’est pas un simple hasard. Kendrick Lamar serait donc l’objet d’une instrumentalisation.

Noisey poursuit en prenant appui sur la discographie du rappeur, comparant “la douce époque où Kendrick Lamar ne représentait pas la totalité du hip-hop” à aujourd’hui, où le rappeur semble être devenu “une déité surplombant les simples mortels que nous sommes”. Ainsi, entre good kid, m.A.A.d city et DAMN., le rappeur leur semble méconnaissable. Il serait tombé dans la caricature, laissant sa réelle identité au vestiaire.

Alors qu’il parlait de ses problèmes personnels, de “manque de confiance en soi”, “d’alcool”, Kendrick s’est cette fois tourné vers une autre difficulté à laquelle il fait face, lui, mais pas seulement. Dans DAMN., c’est au nom de toute la communauté noire qu’il parle. Voilà pourquoi le statut de porte-parole lui a été accordé.
Mais l’artiste profiterait de l’instrumentalisation dont on parlait précédemment.

Kendrick Lamar, prophète ou grosse tête ?

Oui, la religion prend une place conséquente dans l’oeuvre de l’artiste. Même si les multiples références à Dieu dans ses sons peuvent nous faire douter, il n’est pas question pour le rappeur de se prendre pour un réel “messie” ou “prophète”. C’est l’égotrip qui parle pour lui.
Ainsi, si ce terme a pu sortir de la bouche de certains médias, il ne faut pas le prendre au premier degré. Car non, Kendrick Lamar n’est pas un prophète mais si on venait à prendre ce mot au sérieux, il serait justifié au vu de ce que le rappeur prône, de ce qu’il revendique. Car son succès, il s’en sert afin de “tendre un miroir aux autres autant qu’à lui-même” comme le disait si bien la chroniqueuse Rebecca Manzoni l’année dernière sur France Inter.

Si aujourd’hui le rappeur se trouve être devenu “une superstar planétaire”, pourquoi obligatoirement penser qu’une manipulation médiatique se cache derrière ? Concernant le prix Pulitzer, il faut avouer que la cérémonie a probablement choisi de le sacrer afin de redorer son image. Ce qui n’est pas pour déplaire au rappeur, qui s’est surnommé Pulitzer Kenny pour la première du Championship Tour. Sans ce rôle bien façonné, Kendrick Lamar ne pourrait pas avoir autant d’impact sur sa génération. Il est donc logique pour lui d’utiliser cette instrumentalisation. Grosse tête ou simple mise en scène, son personnage plaît au public et ça, Kendrick le sait. En plus de pouvoir contester à travers sa musique, son côté mainstream ne devient que bénéfique pour lui : le monde entier écoute ce qu’il a dire.

D’après sa définition, un prophète “apporte la vérité à l’humanité”. N’est-ce pas ce que Kendrick Lamar cherche à faire avec sa musique ?

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