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Musique

“Kim” et Eminem, l’histoire d’un amour irrationnel

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eminem kim

Février, c’est le mois de la Saint-Valentin, de l’amour. Alors, on a jugé bon de retracer, via une mini-série, les histoires amoureuses que le rap à produit ces dernières années. Zoom sur “Kim” d’Eminem.

En 2000, Eminem sort son classique The Marshall Mathers LP. Adulé autant que détesté, Eminem a toujours eu la capacité à catalyser l’attention autour de lui. Dans un disque où il est en démonstration technique de la première à la dernière piste, un morceau se démarque particulièrement et est encore aujourd’hui l’un des plus émouvants de sa carrière: “Kim”.

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Un storytelling glaçant

Tout d’abord, il faut commencer par rappeler que “Kim” est une fiction. Eminem met en scène une situation où il se rend chez son ex-femme, Kim, tue son nouveau mari, avant de l’emmener en voiture. Elle passe le trajet dans le coffre avant d’arriver dans les bois, où il finit par l’égorger. Ce morceau est le préquel de “97′ Bonnie & Clyde”, publié un an plus tôt sur l’album The Slim Shady LP, dans lequel Eminem et sa fille Hailie vont jeter à la mer le corps de Kim.

Dans cette histoire, Eminem ne rappe même pas. C’est une scène de dispute dans laquelle il insulte Kim et lui avoue en même temps son amour. Dans son livre Angry Blonde, Em déclare à propos de ce titre: «Vous n’allez jamais me croire mais je l’ai jouée pour elle (Kim) quand nous avons recommencé à parler. Je lui ai demandé de me dire ce qu’elle en pensait. Je me souviens que je m’étais dit : “Je sais que c’est une chanson de merde, mais ça montre à quel point je tiens à toi”». Dr Dre a dit à ce propos : «Si j’avais été Kim, je serais partie en courant en écoutant ce morceau».

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Entre amour et haine, on observe une progressive montée en pression sur ce morceau, avec un Eminem qui perd de plus en plus le contrôle, jusqu’à l’égorgement à la scène finale, et le retour chez Kim pour récupérer leur fille Hailie. Tout le paradoxe d’un amour autodestructeur qu’Eminem n’arrive plus à supporter. Cela témoigne de son amour inconditionnel envers Kim, et d’une frustration qui l’a poussée à la haïr plus que personne au monde.

Musicalement, un morceau unique

A la première écoute d’un titre comme “Kim”, la réaction naturelle est l’incompréhension. On reste bouche bée face à ce que l’on vient d’écouter. Comment ne pas être totalement déconcerté après ces six minutes de hurlement et de violence ? Toute la force de ce morceau réside dans l’interprétation. Eminem a cette capacité à énormément jouer avec sa voix pour garder l’auditeur en haleine dans le storytelling. C’est pourquoi on ressent dans son intonation au micro toutes les émotions qu’il traverse: amour, colère, tristesse, désespoir, regrets, détermination. La pression ne fait que monter et explose sur un refrain fabuleux, où l’on comprend qu’il préfère la tuer car il ne peut plus continuer à vivre sans elle.

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Eminem a enregistré ce morceau en une prise. Pour l’anecdote, ce morceau, produit par les Bass Brothers, est à la fois le premier de l’album qu’il a enregistré et le seul où Eminem n’a pas touché à la production. Il s’est uniquement concentré sur l’énergie qu’il voulait dégager. Ce morceau n’a jamais été reproduit sur scène.

Eminem, entre génie et folie

Storytelling, violence, interprétation et émotions: ce morceau est à coffrer au Panthéon du rap. Un chef d’œuvre monumental qui témoigne à lui seul du génie et de la folie d’Eminem. Il est également représentatif d’une particularité de la carrière d’Eminem: sa maîtrise à la perfection des storytellings. On en retrouve sur pratiquement tous ses albums, de “Guilty Conscience” sur The Slim Shady LP jusqu’au poignant “Darkness” sur Music To Be Murdered By sorti en janvier 2020. La particularité qu’il a de pouvoir modifier sa voix au milieu de ses couplets en faisant intervenir différents personnages a influencé toute une vague de rappeurs du 21è siècle. C’est le cas de Kendrick Lamar par exemple, qui a avoué que “The Marshall Mathers LP avait changé sa vie”. Cet album est à coup sûr l’un des meilleurs de sa carrière.

La passion qui émane de ce titre symbolise toute l’irrationnalité de la relation d’Eminem avec Kim, qui  iront jusqu’à se remarier en 2006. Avant de divorcer à nouveau trois mois plus tard. Cette relation est ancrée dans le personnage de Slim Shady. Elle revient constamment et évolue au fil de sa discographie, jusqu’au morceau “Bad Husband” sorti en 2017 sur l’album Revival, dans lequel Eminem revient sur cette relation avec du recul et s’excuse envers Kim.

Dans le reste de l’actualité, quand Jay-Z parle d’amour sur “Song Cry” entre vulnérabilité et fierté.

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