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Parlons de “Les magiciens”, le récit fantastique d’Isha

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Parlons de "Les magiciens", le récit fantastique d'Isha
© liswaya

En plein coeur du troisième volet de La vie augmente, Isha a évoqué la colonisation du Congo avec une fibre artistique saisissante. Un morceau virtuose et immanquable.

«Ils ont laissé le livre magique», tweetait JeanJass, le jour de la sortie de La vie augmente vol. 3. Et pour cause, lui-aussi avait certainement décelé le potentiel artistique fédérateur de “Les magiciens” d’Isha. Avec le troisième titre de son nouveau projet, l’artiste bruxellois a réussi à marier avec virtuosité un message historique et artistique.

Le titre, produit par le collectif Katrina Squad, trace un paysage doux, avec une rythmique légèrement afro, surplombée de plusieurs voix féminines. Arrivant sur l’instrumentale, le pré-refrain d’Isha dénote par son récit monstrueux. «Le feu est sorti de leurs bateaux, sur la plage, le sang a coulé. Ils ont pris l’or et les diamants, ils ont laissé le livre magique.»

Derrière son texte digne d’un conte fantastique, Isha narre la colonisation du Congo par les Belges, au XIXe siècle. Pourtant joyeux et entraînant, le morceau explore la vie des Congolais après l’arrivée des colons. Isha semble se glisser dans la peau d’un enfant, naïf, à qui on cacherait la vérité, qui se questionne sur la vie autour de lui. Les magiciens, ce sont les colons, puisant dans les richesses du pays. Le livre magique, c’est la Bible, chargée d’évangéliser le pays.

Isha : «Je suis finalement un produit des colonies»

«Mon père est historien, c’était son thème de prédilection, il était spécialisé là-dedans, explique Isha à Alohanews. Donc j’ai grandi là-dedans, et je sais que je suis, finalement, un produit des colonies. C’est la colonie qui nous a façonné, qui a réécrit notre histoire.» Il explique le titre des magiciens, par l’attachement du colonisé pour la culture du colon. «Près d’un siècle après, de savoir qu’ils ont encore cette mainmise sur l’esprit du colonisé, ça relève vraiment de la magie.»

Certaines phases sont d’ailleurs exceptionnelles de réalisme. «Pourquoi nos mères accouchent d’enfants qui n’ont pas la même couleur que nous ?», demande-t-il en référence aux naissances d’enfants métisses après les viols des colons. «Pourquoi ce vieil homme crie ? On lui a coupé la main, maintenant, il pleure pour qu’elle repousse», s’interroge-t-il en référence aux mains coupées des Belges, par les colons.

«J’aime bien le fait que j’ai réussi à brouiller un peu les pistes», tempère-t-il à Interlude, en expliquant qu’il s’agit, selon lui, de l’un des morceaux forts de La vie augmente. À écouter, et à réfléchir.

Dans le reste de l’actualité, à travers son film Regarde-moi, Lomepal a levé le voile sur quelques minutes de conversation avec sa mère qui ont intégré à son dernier opus, Jeannine

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