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On sous-estime l'importance qu'aura QALF dans la suite de la carrière de Damso On sous-estime l'importance qu'aura QALF dans la suite de la carrière de Damso

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Pourquoi QALF est si important dans la carrière de Damso ?

Visuel par @mathieubdt

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D’ici la fin de l’année (et jusqu’à preuve du contraire), Damso devrait dévoiler sa mystérieux mixtape QALF. Mais au-delà de l’attente interminable, le projet revêt des enjeux inédits dans la carrière du Belge.

Il ne lui reste plus qu’une poignée de semaines. Selon ses dires, Damso devrait dévoiler son nouvel opus, QALF, avant la fin de l’année. C’est en tout cas ce qu’il avait annoncé pendant l’été, plaçant par la même occasion une pic bien salée à son ancien mentor, Booba. Une indépendance nouvelle, un an et demi après son contrasté Lithopédion. Toujours aussi opaque dans sa communication, Damso refuse de mettre une date sur son opus, jusqu’à lessiver ses fans, qui miroitent devant QALF depuis de longues années.

Et si le succès commercial programmé de ce nouveau projet ne fait pas l’ombre d’un doute, le post-Lithopédion affiche des enjeux à  prendre au sérieux. La preuve en cinq points.

Au revoir Booba, Damso est libre

Sortie de nul part, la séparation entre Damso et Booba laisse des traces, la plupart sur le compte Instagram du Duc. Discret dans l’affaire, le Bruxellois est pourtant celui qui va avoir le plus à prouver : montrer qu’il est capable de sortir un projet solide et musclé sans Booba. Car pour l’instant, les pics du boss du 92i n’ont pas que du faux.

L’artiste lui a reproché d’oublier des singles dans son album qui pourrait enrayer la progression de son opus. Dans le mil : après “Smog”, extrait dévoilé en amont, Damso n’a rien sorti. L’expérience et la qualité commerciale de Booba n’auront eu qu’un faible impact en amont : de ce que l’on comprend, Dems a eu quasi carte blanche pour son opus, malgré les réticences de Kopp.

Il est difficile de jauger l’influence qu’a eu Booba dans la carrière de Damso, notamment lors de ses derniers mois sous le label, mais jamais ce dernier semble n’avoir été aussi pertinent que drivé par le Duc. QALF sera l’occasion de prouver que, sans lui, il est tout aussi capable de pondre un classique indiscutable.

Quatre ans depuis QALF

QALF est le fil rouge de la carrière de Damso. D’abord annoncé avant Batterie faible, premier album de l’artiste, le projet a finalement été rangé dans le placard de “ceux qu’on ne verra jamais”. Pourtant, le Bruxellois l’a régulièrement déterré, plaçant quelques références dans ses morceaux et construisant un improbable mythe. Lequel a été ponctué de plusieurs sorties informelles, puis officielles, après annonce de Damso.

QALF est donc, en plus d’être un projet attendu, un pur produit de fan-service. Beaucoup d’éléments de l’opus semblent avoir fuité, mais personne ne sait lesquels seront gardés, ou non, pour le projet final. Quelques snippets, à l’image de “Ouzbek”, sont devenus ultra-populaires, mais également poussiéreux. En fait, Damso semble bosser sur QALF depuis quatre ans, mais tout laisse penser que la tracklist sera finalement assez récente, ou du moins, complètement retravaillée.

Mais jusqu’où ? Car le public semble accroché aux extraits dispersés sur la toile. Le rappeur va devoir doser entre ses premiers fans et son nouveau public pour proposer un opus fédérateur et brut. Une alliance pas évidente, qui nécessite une inspiration inédite.

Damso et ses insupportables théories

Le post-Lithopédion n’aura pas permis à Damso de se décrocher de son insupportable étiquette théoricienne. Déjà outrageusement exploitée à l’occasion de son dernier album, cette facette semble fermement cliver son public. C’est simple : de moins en moins de personnes semblent s’intéresser aux mystères effleurés par l’artiste dans ses stories ou sur son compte Instagram. Lequel avait d’ailleurs permis l’officialisation de QALF à travers un visuel grec douteux.

Mais là, Damso semble plus rangé dans le silence que dans la conspiration. QALF a été annoncé sans fioriture, et le manque de communication correspond plus à son personnage qu’à une réelle volonté de guider ses fans vers du néant. Et ça tombe bien : le public veut du concret, vraiment. Peut-être qu’une date de sortie ne serait pas de trop, toutefois, alors que sa fan-base scroll Spotify chaque jeudi, à minuit…

damso qalf

Lithopédion, parlons-en

Ne serait-il pas temps de désacraliser ce qui reste comme une énigme de l’année 2017. Lithopédion, où le troisième album mystère de Damso. Hormis un succès commercial hallucinant, il reste bien moins de choses de Lithopédion que son prédécesseurExcepté quelques puissantes claques, des prises de risques clivantes et des copies un peu tristes d’Ipséité.

Sûrement la critique a-t-elle été trop tendre avec Lithopédion, qui reste quasi-unanimement le moins bon album de Damso, après un Batterie faible brillant et un Ipséité brillantissime. Cet opus là se veut moins fédérateur, en étant pourtant largement le plus attendu. D’ailleurs, sûrement cette attente offre-t-elle à l’album une nouvelle prouesse commerciale, ponctué d’un triple disque de platine.

QALF, pour qui la performance platine semble être une partie de gâteau, devra toutefois renouer avec la critique, qui a clairement eu du mal à digérer Lithopédion. Montrer qu’il n’a pas besoin de Booba, écarter sa facette de conspirationniste déchu et sortir un projet structuré et saal : les attentes son fixées.