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Musique

Orelsan et l’histoire du paragraphe supprimé de “Suicide Social”

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Publié en 2011 au coeur de Le chant des sirènes, “Suicide social” aspire à une interprétation plus personnelle, alors que Orelsan a préféré retirer son ultime paragraphe. 

Êtes-vous sûr d’avoir réellement compris “Suicide social” de Orelsan ? Ce superbe morceau souffle, comme Le chant des sirènes, sa neuvième bougie. Et à cette occasion, on est revenu quelques années en arrière à la découverte de ce titre qui s’impose comme l’un des plus admirables coup de plume de l’artiste. Très imagé et scénarisé, il dévoile une longue complainte de cinq minutes, dans laquelle un personnage déblatère sur la société actuelle. Il s’attaque à tout le monde, des syndicats, aux différentes communautés, en passant par la sphère artistique.

“Suicide social” est en fait une inspiration en musique d’une scène de La 25e heure de Spike Lee. Dans ce long-métrage, Edward Norton se fixe dans un miroir et en vient à décimer une par une les communautés new-yorkaises. Pakistanais, Italiens, “vieilles” de l’Upper East Side : le protagoniste pète un câble et finir par leur souhaiter la mort au détour d’une catastrophe naturelle. On finit pas comprendre que c’est le mal-être du personnage lui-même qui inspire cette tirade assassine.

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Orelsan : «”Suicide social”, c’est vraiment une série de clichés»

Et “Suicide social” de Orelsan suit cette même démarche. Le caractère universel du morceau permet d’impliquer l’auditeur : il se reconnaît parfois comme victime de certaines punchlines, mais rejoint également l’artiste lorsqu’il parle des autres. Souvent, le titre est qualifié comme une vérité absolue, chargée de dévoiler “tout haut ce que tout le monde pense tout bas”. C’est en réalité tout l’inverse de la démarche initiale du rappeur qui, lui préfère y voir une succession de stéréotypes.

«”Suicide social”, c’est vraiment une série de clichés, confiait d’ailleurs Orelsan, à l’époque, auprès de L’Express. J’aurais pu faire durer la chanson 4 minutes de plus. Pour moi parler des gens en tant que groupes, en tant que classes sociales, en tant que couches, c’est de la connerie. Cette chanson elle est à prendre comme un exemple de ce qu’il ne faut pas faire. C’est marrant, parce que certains commentaires disent : “Il a tout compris sauf quand il parle de ci ou de ça”. Mais ce sont des clichés.» 

L’initiative d’Orelsan aurait d’ailleurs pu être mieux comprise si l’artiste avait conservé l’ultime paragraphe du morceau. Dans celui-ci, il développait une sorte de morale, chargée d’expliciter le mal-être de l’interprète. «Je vais te dire, au début j’avais rajouté un p’tit huit mesures qui disait “Et tous ces gens dans lesquels je retrouve une partie de moi-même, et qui font que je me déteste bla bla bla”, et puis après je me suis dit que l’explication c’est la balle dans la tête du personnage à la fin du titre, c’est tout. Tout est dit, y’a pas besoin d’en rajouter ou de se justifier.»

Une conclusion finalement écartée, qui offre un autre degré de lecture. «Mais c’est ce que j’aime dans la musique ou l’art en général. Quand je vois un film, j’aime bien me poser des questions sur moi-même, je pense être capable d’analyser les choses.» L’auditeur est donc confronté à sa propre interprétation personnelle. Une manière maligne de renforcer la valeur d’un morceau qui souhaite moquer les stéréotypes de la meilleure des manières : en les propageant.

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