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Musique

SCH : l’extrait supprimé de “Gomorra” qui le rendait encore plus sombre

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© Koria, en 2015

Lors d’une première version dévoilée sur ses réseaux sociaux, l’introduction de “Gomorra” de SCH devait contenir un dialogue lourd de sens entre Gennaro Savastano et Ciro di Marzio. 

Il y a cinq ans sortait A7 de SCH. Dans cet opus sombre et charismatique, l’artiste en a profité pour déployer ses mille influences, largement surplombées par l’univers mafieux. Une atmosphère qui éclabousse d’autant plus sur le morceau “Gomorra”. Clippé à La Scampia, à Naples, ce titre se veut une plongée complète dans les histoires tumultueuses de la Camorra, la mafia locale. Le morceau en lui-même, qui fait écho à un film et une série éponyme, fourmille de références à l’univers. Il interpelle plusieurs personnages, tandis qu’il pose sa voix sur une superbe production de DJ Ritmin et Guilty, où ces accords de piano se laissent emporter par une voix enfouie dans des mystérieux jeux d’instruments à cordes.

Dans l’album, le titre est introduit par “Genny & Ciiro”, une courte fresque d’une petite minute, uniquement instrumentale, qui permet de glisser jusqu’à “Gomorra”. Une première embouchure qui dessine l’ambiance, à la fois douce et angoissante, comme une bande originale fidèle de la série télévisée italienne. D’ailleurs, le morceau aurait dû s’en inspirer d’autant plus, puisque sa version originale, dévoilée à travers une vidéo de SCH en studio, met en scène une conversation entre les protagonistes de la série : Gennaro Savastano et Ciro Di Marzio. Attention, spoilers

Et aussi : SCH : une superbe histoire écrite avec sa discographie entière

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“Gomorra” : le long monologue de Gennaro Savastano

Le discours initial incorporé par SCH provient de l’ultime épisode de la première saison de Gomorra. Celui-ci consacre sa première partie à l’émotion suite à la mort de la Donna Imma, la mère de “Genny” Savastano. Alors que Ciro vient le voir à l’hôpital, Gennaro lui demande de l’accompagner à bord d’un corbillard, en direction du cimetière. Une ambiance glaciale et oppressante s’en dégage. Gennaro Savastano se lance alors dans un lent monologue, ponctué de silences et d’intenses regard à son passager. Il y évoque la religion, le décès de sa mère et semble appréhender une confrontation sanglante.

«Maman, elle n’est pas là-dedans. Là-dedans, il n’y a rien. Maman est déjà loin… Tu crois en Dieu ? Ce Dieu qui sait tout et voit tout, tu y crois ? Moi, j’y crois. Je crois que tout arrive à des Saints. Quand tu m’as pris avec toi, pour que je tue quelqu’un pour la première fois, qu’après tu m’as couvert auprès de mon père : Dieu le savait, lui, que ce n’était pas moi qui l’avais tué. Quand Salvatore Conte est rentré ; quand Daniele est mort : ça aussi, il le savait. Il sait absolument tout, et même qu’on se retrouverait ensemble dans ce corbillard. Nous, on pense savoir ce qu’on va faire, mais Dieu seul peut savoir à l’avance comment les choses finissent.»

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L’épisode se conclura finalement sur une fusillade au sein d’un théâtre, où Ciro touchera à plusieurs reprises Gennaro, laissé pour mort au coeur de l’enceinte. Ce monologue, certainement écarté pour des raisons de droits d’auteur, aurait certainement renforcé l’atmosphère mafieuse du titre. De la religion à l’aveu de crimes, jusqu’à la force de la famille : on y découvre un panorama complet des motivations perpétuelles de la Camorra. Mais, force est de constater que la lente introduction instrumentale imaginée par le duo de beatmakers joue sur le mystère, l’ambiance pesante, la crispation. Et ce silence oppressant fonctionne aussi bien.

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