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On a parlé Booba, SCH et Freeze Corleone avec Unfazzed

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Jeune beatmaker bordelais, Unfazzed est connu pour ses instrumentales léchées pour Booba, Maes, Gradur, SCH ou encore RK. On l’a rencontré pour évoquer son parcours, sa passion et son avenir. 

Commençons par les bases : comment en es-tu venu à faire des instrumentales ? 

Quand j’étais petit, à l’âge de 5 ans, ma mère m’a inscrit à l’école de musique de Gradignan, en Gironde, au piano. De plus, depuis petit, je baigne dans un monde musical. Ma mère et mon père faisaient de la musique, on était vraiment une famille de passionnés. Ça a donc commencé comme ça. J’ai continué le piano, ma mère m’a toujours dit que j’avais un réel talent. En 6ème, j’ai intégré le conservatoire de Bordeaux, puis j’ai arrêté en 2017 pour commencer les prods sur un coup de tête. Tout d’abord avec Garageband, une application gratuite sur iPhone, très intuitive. C’est rudimentaire, j’ai fait des petits trucs, puis à mon anniversaire, mon frère m’a offert un clavier et je suis passé sur PC avec le logiciel FL Studio. Aujourd’hui, je fais mes études à l’université de Bordeaux et je bosse en même temps mes prods, oscillant entre ma chambre et les studios parisiens.

Donc à la base tu ne baignais pas que dans le rap ?

Effectivement, avec le piano et le conservatoire j’ai une formation classique. Par contre, j’ai écouté du rap depuis tout petit, grâce à mon frère : les groupes emblématiques comme NTM, et aussi grâce aux radios comme Skyrock ou NRJ. Avec ma mère qui écoutait plusieurs styles musicaux, cela m’a permis d’acquérir une vraie diversité musicale.

Justement, tu es très diversifié malgré ton jeune âge. À 18 ans, tu as eu rapidement de la notoriété. Cela fait de toi une force ou une faiblesse dans la sphère rap ?

Ces dernières années, il y a eu une explosion des jeunes compositeurs, beaucoup émergent et percent car c’est simple de s’y mettre, de composer, de voir des tutos FL Studio. Donc je ne suis pas le seul dans mon cas. Mais c’est vrai que je suis quelqu’un de timide à la base, et c’est intimidant au début. Mais j’ai grandi, rencontré des gens, et il y a eu l’interview sur Mouv pour le titre “Madrina” qui m’a permis de toucher plus de gens, de me confronter à la notoriété, je reçois plus de messages de soutien, etc. Donc je suis moins dans la réserve qu’avant. En plus, c’est devenu une force maintenant que je suis habitué. Ça fait plaisir de voir des gens me demander des conseils, me donner de la force. 

Par la suite, tu as été signé dans une des plus grosses maison de disque française, Universal Music Publishing. Qu’est ce que cela t’as apporté ? 

Ça m’a notamment apporté des oportunités. J’ai aujourd’hui accès à certains artistes, quand t’es signé tu rencontres pleins de gens. C’est une autre approche du travail : il y a la partie où tu écris chez toi et la partie où tu es en studio. Le label organise des sessions avec des artistes, ça m’évite de les contacter directement étant donné que je n’ai pas encore une énorme visibilité et que certains artistes ne me connaissent pas. Ça m’a énormément apporté d’être signé, surtout avec mon statut de compositeur qui n’es pas encore très reconnu aujourd’hui.

La signature est arrivée juste après le hit pour lequel les gens te connaissent principalement : “Madrina” de Booba et Maes. Comment s’est passé la connexion ?

Denza, le beatmaker avec qui j’ai co-produit le son, envoyait depuis longtemps des instrumentales à Booba car il avait son mail pro et ça s’est fait tout simplement. Il a validé la prod et a posé dessus avec Maes pour son album. C’était une création assez rapide, on n’y a pas passé beaucoup de temps. C’est souvent comme ça : il y a des prods sur lesquelles tu vas passer beaucoup de temps et qui ne vont pas plaire. A l’inverse, là ça a pris une heure à peine et le son a super bien marché.

Et hors de ce tube, y a-t-il un placement que tu affectionnes tout particulièrement ?

Pour moi c’est “Haut Standing”. Je kiffe SCH et son univers, et quand j’ai vu qu’il avait posé sur une instrumentale que je lui avais envoyé, j’étais hyper content. En plus le titre estival est accompagné d’un clip tourné à la “Maison Bulle” de Pierre Cardin, ce qui donne un super visuel. Tout était beau : c’est vraiment un de mes sons préférés. Il y a aussi un truc que j’ai remarqué : on m’a pas mal parlé de “Madrina”, mais bizarrement aussi de la prod pour Freeze Corleone sur “Baton Rouge”. C’est fou, les gens m’en parlent alors que le son n’a pas beaucoup été streamé. D’un autre côté je suis content parce que c’était mon premier placement, d’ailleurs au début on entend mon ancien tag qui fait “Yann à la prod” (rires). 

Tu as tissé un lien avec certains artistes ?

Toutes les sessions que j’ai fait se sont super bien passées. Mais c’est vrai qu’avec Timal tout particulièrement il y a eu un bon mood. Des fois c’est moins marrant mais ça fait partie du boulot ! Je suis là pour ça, moi : accompagner les artistes.

D’ailleurs tu accompagnes de jeunes artistes en développement aussi ? Hors de l’urbain ?

J’ai pratiqué du classique, ce qui ne s’écoute pas en mainstream à l’heure actuelle. C’est pas parce que je fais de l’urbain en ce moment que je ne m’autorise pas à faire des choses différentes par la suite. Par exemple, actuellement, je suis pas mal en studio avec Roxaane, une jeune artiste de type “pop/variet’” qui n’est pas dans un style rap. Je l’accompagne dans son développement et c’est ça qui est cool. Je ne suis pas enfermé dans un truc, je kiffe faire des prods autres que cela. Par exemple, durant le confinement, Ghost Killer Track a organisé sur Instagram un concours entre beatmakers auquel j’avais participé : et j’ai fait une musique de générique TV ! Bon je n’ai pas gagné, mais tout le monde avait apprécié mon travail décalé.

À ce propos, ça t’intéresse les connexions entre différents styles qu’on trouve en ce moment ? Notamment l’émission annuelle Hip-Hop Symphonie sur Mouv’.

“Hip Hop Symphonie” c’est une super idée : faire chanter des rappeurs accompagnés par un orchestre classique ça rend de superbes chansons. Le fait que ça apparaisse sur des chaînes comme Radio France permet de mettre en avant l’urbain. Dans les tops stream maintenant il y a beaucoup de rap, mais du rap accessible au grand public. Je n’aime pas trop le terme “urbain” mais c’est vraiment la nouvelle variet’, qui vient mélanger tous les styles de musique. Les artistes font appel à tout type de beatmakers, moi j’ai fait un son pour Black M alors qu’il est plus pop aujourd’hui et ça a été bien accueilli par les auditeurs.

 

 

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Et à l’avenir, tu as des projets de prévus ? Une mixtape que tu produirais, à l’image de certains beatmakers par exemple ?

Ce n’est pas ma priorité, je me fais mes contacts pour le moment et quand j’aurais un réseau plus construit pourquoi pas. J’apprends aujourd’hui à comprendre comment fonctionne toute l’élaboration d’un son. C’est très long de comprendre comment marche tout ça. Entre la création de la prod, le mix de la prod, l’étalonnage du son, la mise à plat et le mix du son global il se passe beaucoup de temps ! On se casse la tête sur des sons, et parfois ça peut prendre deux semaines rien que pour réaliser un mix. Ça va dans le détails, et c’est ça qui fait la différence. Il faut se démarquer

Que dirais-tu aux jeunes comme toi qui souhaitent démarrer dans cette industrie ?

Bosser, et se lancer, ça permet de progresser. Perso je kiffe tellement la musique que ça m’a amené à persévérer. C’est pas donné à tout le monde, faut aimer ça. Tout est dans la passion ! N’importe qui peut commencer, c’est hyper intuitif avec internet, les logiciels sont simples à utiliser, et faire de vrais trucs en quelques mois est à la portée de tous. Ce qui est moins facile c’est d’apporter sa touche personnelle qui fait la différence… Tout est dans la qualité.

Pour finir, ue peut-on te souhaiter pour le futur ?

Je continue de kiffer, faire des prods, me perfectionner, donc la réussite ! J’ai vraiment de la chance d’être aussi jeune pour vivre cette expérience.

Et sinon, on a parlé confinement, SCH et écriture avec Furax Barbarossa.

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