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Musique

S-Crew : que retenir des quatre solos de « SZR 2001 » ?

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Seulement deux semaines après la sortie de leur album SZR 2001, le S-Crew a offert quatre morceaux en solo. Eclectiques, les membres du groupe ont délivré des performances touchantes et sincères.

Après une absence de six ans, les membres du S-Crew rattrapent le temps perdu. SZR 2001, sorti le 10 juin, a alors contribué à cette mission des plus délicates, en rassemblant le groupe sur un nouveau disque de 16 titres. Mais les estomacs de ses membres passionnés en demandaient plus.

Cachottiers et surtout impatients, ils ont donc seulement attendu deux petites semaines pour sortir chacun un nouveau titre en solo. Les morceaux, non annoncés à l’avance, ont alors l’effet de surprise escompté : ils dressent d’autant les sourires tout en réjouissant les oreilles. Avec ces quatre titres, les membres du S-Crew proposent quatre couleurs différentes, mais toutes ont le même fond introspectif : ensemble et contre les autres.

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Nekfeu en félin observateur sur « Nek O »

Au premier abord, « Nek O » est planant. La production, signée Hugz, à l’ambiance nocturne, s’étend toutefois entre tranquillité et obscurité. La voix calme et posée de Nekfeu contraste alors avec la couleur sombre qui se cache finalement derrière l’instrumentale.

Pourtant, ses récits, remplis de constats affligeants, viennent à nouveau renforcer la dureté du morceau. En référence au mot « Neko » qui signifie chat en japonais, l’auteur de Les étoiles vagabondes met à profit sa discrétion de félin pour dénoncer des vérités déplaisantes. « Des pédophiles notoires qui tirent les ficelles, Haut magistrat dans une planque où ça tamise, Conflits d’intérêts, c’est la France qu’on satellise, Pourquoi y a pas d’blases qui sortent ? »

Les pieds au milieu d’une flaque qui repousse, Nekfeu n’hésite pas non plus à interpeller sur le comportement de la police et les violences dont elle est à l’origine. « J’ai rien contre la police mais ils font du mal, Si, pour toi, l’dire, c’est banal, t’sais pas d’quoi tu parles, Déjà, faudrait les payer mieux, filtrer les fachos. » Une position franche, mais qui ne surprend pas étant donné son dernier clin d’oeil au 13 block sur le titre « 22 ».

Mekra : « Tout le bien c’est pour les miens »

Au parfum doux et légèrement mélancolique, Mekra pose, quant à lui, sa voix roque pour faire honneur à son entourage. Au titre reflétant parfaitement l’état d’esprit du morceau, « La mort n’arrête pas la haine » laisse Mekra exprimer son talent. Entre chant et kickage, il a réussi à délivrer une performance introspective et touchante.

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« Que de la haine (Que de la haine), Ça coule dans les veines (Ça coule dans les veines), J’ai un cœur pour les miens, pour les autres, je n’aurais jamais de la peine. »

 

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Notamment soucieux de rappeler ses origines, il exprime un sentiment profondément sincère et amoureux envers les siens. Le refrain consacre, par exemple, la répétition de le phrase « Tu sais d’où j’viens, 9-1 ». Mais ce sentiment revient aussi dans le premier et deuxième couplet. « Tout le bien c’еst pour les miens et pour lеs braves (Pour les braves) », « Mais j’protégerai les miens jusqu’à la dernière goutte de sang ».

Cet amour brulant retrouve aussi son antagoniste tout le long du morceau. « Tout le mal c’est pour les chiens et pour les liasses (Pour les liasses)« . C’est ainsi que « La mort n’arrête pas la haine » rejoint d’une certaine manière la même dynamique que celle présente sur « Nek O », mettant en avant cette notion de famille élevée contre les autres. Lui qui s’occupe déjà du brillant refrain de « Maintenant », conforte son aisance au-dessus de titres plus émotionnels.

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Aussi : S-Crew : « J’aurais pas dû » retrouve des couleurs après « SZR 2001 ».

Framal entre ciel et terre sur « Ici bas »

« Ici-bas » s’impose certainement comme le titre le plus émouvant de cette sélection. Les mélodies chantées de Framal maintiennent une douceur chantante durant tout le titre. A la limite du chuchotement à certains moments, Framal transmet des émotions fortes. Toute l’ambiance d' »Ici bas » porte le poids d’une tristesse légère, presque tendre.

« Oui, je ne vois que mes frères, Tombent dans la guerre, Dans le noir, on regarde le silence des étoiles, À la fin, ils nous restent R. » Les textes de Framal rassemblent un récit dont les protagonistes sont ses frères, donc potentiellement tous les autres membres du S-Crew. « Toute ma tribu coule dans mes veines (Coule dans mes veines), Les plus petits, les grands. »

Attaché à ceux qui l’entourent dans son quotidien, on le sent néanmoins côtoyer la nostalgie de ceux qui ne sont plus à ses côtés. Alors le coeur à moitié meurtri et mélancolique, il exprime la reconnaissance qu’il éprouve envers ceux qui l’ont soutenu « Si on en est là, C’est pour ceux de l’au-delà« .

Son positionnement entre terre et ciel participe à cette ambiance si particulière, si touchante. Il suit aussi la lignée de ses compères, en mettant au centre de son morceau l’importance des siens.

2zer : « Y a que la miff qui m’importe »

A contresens du reste des membres du S-Crew, 2zer renverse la douceur mélancolique prédominante sur les autres morceaux. Avec « Double turbo », le rappeur s’amuse et se balade sur l’instrumentale. La production est la plus énergique d’entre toutes, de quoi faire secouer la tête de haut en bas dès les premières secondes. Plus énervée, elle permet à 2zer de fournir un titre dynamique et réussi.

 

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« L’état veut me punir parce que je suis moi-même, Long, longtemps que j’ai compris qu’ils ne veulent plus de nous, J’en ai plus rien à foutre des valeurs citoyennes, Le loup mange les porcs et le chasseur tue le loup. » A travers un rap kické, 2zer racontent notamment son mécontentement envers le système. Les textes, couplés au dynamisme du titre, percutent alors immédiatement et font la réussite de ce solo.

Le rythme rapide et enivrant de « Double turbo » est également soutenu par son refrain, à l’air accrocheur. Le rappeur y témoigne aussi son amour pour ses compagnons. « Si ça tenait qu’à moi (Eh), On resterait soudés comme des siamois (Uh-huh), Nos soldats seraient armer que de savoir (Eh), Un monde imaginaire que j’suis pas seul à voir. »

Il termine également son deuxième et dernier couplet par une phrase qui permettrait finalement de résumer le fil conducteur de leur quatre solos : « Y a que la miff qui m’importe« . Ces quatre surprises du 23 juin sont ainsi une démonstration réussie du talent, et surtout des univers, de chacun des membres du S-Crew.

Dans le reste de l’actualité : Sneazzy signe son retour avec trois titres inédits.

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