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Slim Shady : Retour sur ses plus gros clashs

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Eminem ses plus gros beefs

Si l’odieux peroxydé Slim Shady a tapé sur quasiment toutes les personnalités possibles et imaginables, certains de ses clashs ont pris une envergure telle, qu’ils ont marqué au fer rouge la grande Histoire du Hip-Hop. Flashback.

« You don’t, wanna fuck with Shady, cause Shady, will fucking kill you ». À croire que cette énième sommation ne suffira pas à dissuader les quelques téméraires qui oseront se risquer au jeu du clash avec Slim Shady. En tous cas, tous ceux qui s’y sont essayés se sont piqués. Il les avait prévenus pourtant… Le sulfureux alter ego de Marshall Mathers est effectivement redoutable en matière de joutes verbales. Un talent qu’il a su développer dès ses débuts dans le rap, alors qu’il tentait encore de se faire un nom dans l’univers musclé des battles. Utiliser les mots de ses adversaires pour frapper là ou ça fait mal est devenu pour lui une véritable arme de guerre. The Game l’a dit lui-même « Il ne faut jamais s’embrouiller avec Eminem. Il est intouchable, personne ne peut rien contre lui ». Vous ne le croyez pas ? Demandez à ces artistes qui, pour la plupart, se sont vu ruiner leur carrière après avoir tenté en vain de stopper la machine infernale. Retour sur les plus gros beefs de la carrière d’Eminem.

Afin de vous faire kiffer pendant votre lecture, nous vous avons préparé la playlist des plus gros clashs d’Eminem que nous traitons dans ce dossier. De plus, les lyrics sont accessibles en un clic tout au long de l’article. Enjoy.

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Slim Shady et sa mère droguée jusqu’à l’os

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Marshall & Debbie Mathers

Personne ne le connaissait qu’il brisait déjà les codes de tout un genre. Dans le Hip-Hop, vous savez sans doute qu’il est plutôt coutume d’encenser la figure maternelle, et bien pour Eminem, c’est tout le contraire. Debbie Mathers, sa mère sera la première à s’attirer ses foudres. Si la colère qu’il éprouve à son égard n’est rien comparée à la haine ressentie envers son père, le rappeur lui reprochera de ne jamais l’avoir soutenu et de ne pas avoir cru en lui à ses débuts. Illustration des plus violentes puisque c’est avec « My Name Is » , son premier single officiel qu’il la descendra. Dans cette chanson, Eminem parle de sa mère comme d’une femme ravagée par la drogue, addiction qui serait la cause de sa mauvaise éducation. Le ton est donné. Le morceau fera évidemment beaucoup parler et face à ce lynchage médiatique d’une violence inouïe, Debbie ira même jusqu’à porter plainte contre son propre fils pour « propos diffamatoires ». Dans cette affaire elle n’obtiendra que 1600 dollars de dédommagement sur les 10 millions qu’elle espérait.

Remise de cet échec, elle décide de l’attaquer sur son propre terrain, autrement dit en musique. Elle enregistra « Dear Marshall« , une lettre ouverte à son fils avec le groupe de Détroit X-ID. Dans ce texte, elle tentera de recoller les morceaux d’une relation familiale fracturée, mais en vain. Les relations entre les deux protagonistes ne cesseront de se dégrader aux fils des années. Eminem récidivera même à plusieurs reprises. « Cleaning Out My Closet » & « My Mom » pour ne citer que ses morceaux les plus connus. Il lui reprochera notamment de l’avoir maltraité dans sa jeunesse et de l’avoir drogué à maintes reprises. En 2013, Eminem crève l’abcès et décide finalement de retisser les liens avec sa mère. De la plus belle des façons avec « Headlights« , morceau dans lequel il s’excuse de tous les dommages causés à sa mère. Finalement, Debbie sera la seule personne qui le fera se remettre en question et ça c’est beau.

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Benzino & The Source: en tête de sa liste noire ?

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Benzino, probablement le pire ennemi d’Eminem

L’un des clashs les plus virulents d’Eminem fût celui avec Benzino, co-fondateur du légendaire The Source, magazine le plus influent et le plus lu du Hip-Hop. Tout a commencé par des déclarations de Benzino, qui disait qu’Eminem ne méritait pas son succès et qu’il volait la vedette aux rappeurs noirs et latinos. Une aberration. Il a par la suite dévoilé deux diss « Pull Your Skirt Up » et « Die Another Day » dans lesquelles il accuse Eminem d’être le « Hitler du rap » et d’être un « voleur de la culture » Hip-Hop. Avant cela, pour essayer de contrer l’influence d’Eminem, il lança une campagne dans son magazine. Campagne qui a accordé seulement deux micros pour  The Marshall Mathers LP , contre quatre pour son propre projet. Vous ne saisissez pas l’enjeu ? Sachez qu’un album qui obtenait 4,5 micros ou 5 était considéré comme un classique.

Eminem a alors répliqué en sortant à son tour deux sons: « Nail in The Coffin » et « The Sauce » . Dans ces titres, Shady remet en cause les qualités de rappeur de Benzino et par la même occasion son média.

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« Quand la colonne « Unsigned Hype » dans le magazine « The Source » était notre seule source de lumière, et que les « Mics » avaient de l’importance, avec 4 Mics t’étais bon, maintenant c’est le minimum, 3.5 Mics ça veut dire que t’es une merde, avec 4.5 ou 5, t’es comme Biggie, Jay-Z, Nas ou Benzino, putain je sais pas si vous vous rendez compte que vous jouez avec nos vies, j’ai vu Dre avoir une mauvaise note sur 2001 probablement parce que j’étais dessus » dira Eminem dans « The Sauce ». Plus de doute possible, Shady le déteste. Benzino aura même droit à quelques rimes épicées en son honneur dans le violent « Go To Sleep ».

A noter qu’Em avait figuré dans la colonne « espoir non signé » du magazine avant de percer, Benzino en rajoutera en disant que Shady lui était redevable. La majorité de la communauté Hip-Hop se rangea derrière Eminem (notamment Russel Simmons, fondateur de Def Jam), et beaucoup accusèrent Benzino de s’en prendre à une superstar afin de booster ses propres ventes ainsi que celles de son magazine.

Celui qui tira son épingle du jeu, c’est le magazine XXL. Le concurrent direct de The Source gagna des parts de marché conséquentes et augmenta son chiffre de ventes de façon spectaculaire. Autre conséquence direct de ce beef: les artistes Interscope n’accorderont plus d’interviews à The Source. Benzino tenta une dernière fois de détruire la carrière d’Eminem en publiant deux cassettes datant du début des années 90. Les cassettes qu’il avait entre les mains contenaient des propos très controversés. Le jeune Marshall Mathers à l’époque rappait sur comment les femmes noires n’étaient « intéressées que par l’argent » (Foolish Pride). Eminem expliqua que ces mots avaient été dit sous la colère après une rupture douloureuse. Il s’excusa publiquement et s’expliqua plus tard dans la chanson « Yellow Brick Road ».

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Fin 2006, Benzino est prié de quitter le magazine par les investisseurs privés de The Source.

Canibus: une piètre tentative de se mettre en avant

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Canibus n’a pas fait le poids face à Eminem

Drôle de clash que celui qui opposa Eminem à Canibus, membre du groupe de rap The HRSMN. C’est en 1998 que tout commence. Le Jamaïcain est alors en plein beef avec LL Cool J. Sauf que le rappeur de New York l’écrase avec le titre « The Ripper Strikes Back« . Ne sachant pas quoi répondre, il accuse ainsi Em d’avoir écrit le fameux morceau à sa place. Suite à ces soupçons, l’intéressé démentira les faits. Mis à mal par son précédent clash, Canibus chercha à se refaire. « Pourquoi pas s’en prendre à ce petit blondinet qui ne m’a rien demandé. » se dit-il ? Une erreur qu’il regrettera sans doute plus tard. Quoi qu’il en soit, il sortira « U Didn’t Care (Stan 2)« , une sorte de suite du célèbre morceau extrait de The Marshall Mathers LP dans laquelle il s’en prend au rappeur de Détroit. Dans cette reprise, le protégé de Wyclef Jean raconte comment Stan est devenu un rappeur célèbre après que Canibus l’ai sauvé de la noyade après sa chute du pont, le tout en critiquant son ancienne idole qui l’a ignoré. Sauf qu’il aurait dû réfléchir avant de s’attaquer à un tel morceau. Vous vous doutez bien qu’il n’a pas fait le poids face à l’original.

Même s’il n’a pas grand chose à craindre, Eminem ne se laissera pas faire pour autant et répondra avec « Canibitch » . (Appréciez le jeu de mot). D’entrée de jeu, on comprend que Marshall a juste envie de se marrer. Ainsi, sur un beat des plus entraînants, il raconte à ses neveux, l’histoire d’un « petit rappeur qui tentait désespérément d’avoir du succès parce que son album n’était pas bon ». S’en suivra une succession de piques par ci par là sur leurs albums respectifs. (Mention spéciale pour le titre « I’m Marshall »). Au final, ce clash n’en est pas vraiment un puisque Eminem n’a jamais vraiment eu à se défendre. Cela dit, on ne s’en plaindra pas tant cette première réponse de Slim nous aura fait marrer. Si Canibus s’attendait à booster ses ventes avec ce coup de buzz, la plume ne Marshall aura raison de ses ambitions.

Everlast: la tête de turc de Slim Shady

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Slim Shady & Everlast

Everlast, Erik Shrody de son vrai nom. fondateur du groupe House Of Pain sera l’un des artistes les plus attaqués par Slim Shady. Tout avait pourtant bien commencé entre les deux puisqu’ils avaient participé ensemble à l’élaboration de la bande originale du film End of Days.

Eminem ouvre le bal dans son morceau « Just Don’t Give a Fuck« . Dans une de ses rimes, Shady lance une petite pique gratuite à de nombreux rappeurs blancs dont Everlast fait partie. « Je suis plus gentil que Pete. Je suis Everlasting, je fais fondre Vanilla Ice comme du silicone. Je suis assez malade pour t’insulter sans raisons ». C’est vraiment en 1999 que les tensions apparaissent, lorsque les deux hommes se croisent lors d’un concert de Sway & Tech. Au moment de leur rencontre, Em n’aurait pas salué son interlocuteur. Manque de politesse ou acte volontaire ? Quoi qu’il en soit, ce dernier s’est défendu en déplorant qu’il ne l’avait pas reconnu. A l’inverse, Shrody a affirmé qu’il s’était tout bonnement fait rembarré par Marshall alors qu’il souhaitait simplement le féliciter de son succès. Deux versions contradictoires qui mèneront inévitablement au clash. Everlast attaquera le premier avec un remix de « Ear Drums Pop« , un morceau des Dilated Peoples. Shady ne supportera pas cette atteinte et répliquera du tac au tac avec « I Remember » . Avec ce son, Eminem prouve déjà qu’il est capable de poser son flow sur n’importe quel type d’instru. Sur des sonorités blues, notre ami affirme que la carrière d’Everlast n’est plus que de l’histoire ancienne. Il ira même jusqu’à souhaiter la mort de son adversaire en faisant part de ses regrets que celui-ci n’ait pas succombé à sa crise cardiaque survenue en 1990. Les mots sont forts et la réponse de son rival en sera d’autant plus violente.

Après avoir clashé D12, il lance le second round avec « Whitey’s Revenge« . Une revanche dans laquelle il choisi de frapper là où ça fait mal. Attaquer Eminem sur ses relations tumultueuses avec Kim sa mère c’est déjà beaucoup, mais faire explicitement référence à sa fille Hailie, c’est le mot de trop. La coupe est pleine et Shady contre-attaque encore plus fort avec « Quitter » . Avec son groupe D12, le bad boy de Détroit nous livre sa version de « Hit Em Up », la célèbre diss track de 2Pac envers Biggie. Les tensions sont définitivement retombées en 2010. On a même eu le plaisir de retrouver les deux artistes ensemble sur le remix de « Calm Down » de Busta Rhymes. Tout est bien qui finit bien.

Mariah Carey & Nick Cannon pour un flirt

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Mariah Carey, Nick Canon & Eminem

C’est bien connu, ses victimes préférées sont les popstars. S’il y en a une qui en a fait particulièrement les frais, c’est bien Mariah Carey. Un clash qui aura fait couler beaucoup d’encre dans les magazines people. Eminem a t-il couché avec la diva du R&B ? Quoi qu’il en soit, l’histoire s’est plutôt mal terminée et il le fait savoir. Les deux premiers indices sur la question glissent dans « Superman » et « When The Music Stops« , titres tout deux extraits de The Eminem Show. Fatiguée d’être l’objet d’un buzz qu’elle n’a pas souhaité, elle donnera sa version des faits en musique avec la chanson « Clown« , Elle en profite également pour provoquer le rappeur de Détroit en chantant ce morceau en live durant un Marionette Show, avec un pantin à l’effigie de son soi-disant amant. Vous aurez évidemment saisi la subtilité de la référence. Eminem remettra le couvert lors de sa tournée Anger Management Tour  en 2005 durant laquelle il dévoilera un message vocal que la jeune femme aurait laissé sur son répondeur. Il en rajoute l’année d’après avec « Jimmy Crack Corn« , extrait de The Re-Up. Eminem et Mariah, c’est décidément la version hip-hop des Feux de l’Amour!

Personne ne sait lequel des deux dit la vérité, mais 50 Cent a choisi son camp. Il soutiendra également son « favorite white boy » dans son morceau « All of Me« . Après ça, Shady connaîtra son passage à vide, mais à son retour en 2009, il n’en oubliera pas ses vieilles rancœurs. Em profite de Relapse et « Bagpipes From Baghdad » pour piquer Nick Cannon, le nouvel époux de la diva. Quelques mois plus tard, Mariah Carey reprend la parole avec le titre « Obsessed« , dans lequel elle mentionne explicitement Eminem qui serait obsédé par sa personne. La suite, vous la connaissez tous. Un morceau au titre évocateur « The Warning » , dans lequel il vide son sac et relate tout sur leur relation, tout en faisant un tir groupé sur les deux tourtereaux. Elle n’y répondra pas. Seul Nick Cannon s’interposera en bon mari avec le titre “I’m a Slick Rick”. Morceau qui mettra un point final aux hostilités. Près de sept ans de conflit pour un simple flirt, voilà qui semble cher payé.

Ja Rule: le diss qui a ruiné sa carrière

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Ja Rule & Eminem

Vous avez bien lu et vous savez sans doute de quoi je veux parler. Ce diss a probablement été l’un des plus médiatisés de cette dernière décennie. Je parle bien sûr du conflit qui opposa 50 Cent à Ja Rule. La rivalité entre les deux rappeurs remontent à 1999. Fifty éprouvait même une haine profonde envers le Murder Ink tout entier. (Le label de Ja Rule), même s’il faut reconnaître que Ja était en tête de sa liste noire. Que ce soit musicalement ou par interviews interposées, les piques fuseront de tous les côtés. Les joutes iront même bien au-delà du rap et seront d’une grande violence. Pour l’exemple, Fifty se fera poignarder par Blackchild, un des artistes de Murder Ink.

C’est en 2003 que le beef prendra une nouvelle dimension. L’année où le rappeur de Southides Queens rejoindra les rangs de Shady Records. Ja Rule & Irv Gotti avaient menacé Eminem & Dre de les attaquer s’il permettait à Fifty de sortir son album. Cet album c’est Get Rich or Die Tryin’, considéré par beaucoup comme le meilleur de sa discographie. Le disque sorti, les réactions ne se sont pas faites attendre. Le beef entre 50 Cent & Ja Rule deviendra à cet instant, une véritable guerre de label. Shady/Aftermath Vs. Murder Ink. Le morceau qui lancera les hostilités sera « Hail Mary« , ou comment prouver que Ja Rule n’est en fait qu’un « faux 2Pac ». Les mots sont assassins et Busta Rhymes viendra même en rajouter une couche. S’en suivra « Shit Hits The Fans » , sur l’album d’Obie Trice pour remettre les artistes de Murder Ink à leur place. La famille Shady est déchaînée, mais Ja Rule est bien décidé à ne pas se laisser intimider.

Il sortira le titre « Loose Change« , titre dans lequel il fera à son tour explicitement allusion à la fille d’Eminem, Hailie Jade. Voir Everlast se faire massacrer ne lui aurait-il pas suffit ? Furieux comme pas deux, Shady offre une revanche à sa fille avec « Hailie’s Revenge » . « Que je ne t’entende plus jamais prononcer le nom de ma fille dans une chanson ». Cet avertissement ne suffit pas ? Pas de problème. En compagnie de ses potes DMX & Obie Trice, Marshall l’enterrera définitivement et littéralement avec « Go To Sleep » , probablement LA diss track la plus violente de notre rappeur. On vous laisse constater la puissance des mots:

Maintenant endors-toi à jamais salope ! Ton temps est expiré, salope ferme les yeux. Va dormir salope, Pourquoi es-tu encore en vie ? Combien de fois dois-je te dire de fermer les yeux ?Meurs putain de salope bye-bye 

Mission accomplie et Ja Rule succombera d’un venin verbal sans égal. Voyant que la situation s’apprête à exploser, Em décide de calmer le jeu. C’est dans cette logique qu’il sort « Like Toy Soldiers » l’année suivante. Un morceau bien connu dans lequel il évoque les ravages causés par les clashs dans le monde du hip-hop censé prôner la paix et la non-violence. Si cette confrontation aurait pu plus d’une fois dégénérer et entraîner l’irréparable, on l’a échappé belle. D’ailleurs, Ja Rule reconnaîtra lui-même quelques années plus tard que ce beef avec 50 Cent & Eminem lui a coûté sa carrière. Il fallait y penser avant.

Limp Bizkit: les amis de mes ennemis sont mes ennemis

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Fred Dust & Eminem

Quoi, un clash entre Eminem & Limp Bizkit ? Impossible me direz-vous. Ils ont plusieurs fois collaboré ensemble, notamment sur les titres ‘Turn Me Loose » & « Our House« . Et vous avez raison. Cependant, un événement viendra tout bouleverser. Le clash avec Everlast, et oui encore lui. La rupture entre le groupe de métal et le rappeur sera une conséquence direct de ce beef. Alors que les médias ne parlent que de cette histoire qui enflamme le Rap Game, DJ LethalFred Durst, deux membres du groupe sont invités sur le plateau du Total Request Live, une émission de musique sur MTV. Lorsqu’on leur demande leur avis sur cette rivalité, leur réponse est surprenante. Pour eux, Everlast remporterait haut la main le clash musical face à Eminem. Ils ont même ajouté que le leader d’House of Pain prendrait le dessus si jamais les deux hommes en venaient un jour aux mains.

Pour Shady, c’est un coup de poignard dans le dos et il ne tardera pas à le faire savoir. Il leur réservera une diss track rien que pour eux sur l’album Devil’s Night de D12. Sur « Girls » , Eminem déverse sa colère sans limite contre ceux qu’il considère comme des fillettes. Les amis d’Everlast sont ses ennemis et ça, le groupe l’a appris à ces dépends. D’ailleurs, DJ Lethal était censé figurer sur « Quitter », le morceau qui donnera Eminem gagnant dans son clash contre Eric Swordy, mais les circonstances ont fait qu’il  y a renoncé. Connaissant la rancune du bonhomme, on a du mal à imaginer comment il pouvait en être autrement.

Cette haine ne durera pas éternellement puisqu’en 2002, alors qu’il enregistre The Eminem Show, Shady décide d’enterrer définitivement la hache de guerre, Xzibit l’ayant convaincu que leur petite gueguerre était futile. Les artistes auraient même collaboré par la suite sur le morceau « New World Order », un titre racontant la traque d’Oussama Ben Laden par les troupes américaines. Eminem jouait le rôle du terroriste tandis que son compère incarnait un GI venu le tuer en Afghanistan. Enfin ça, c’est la théorie puisque dans la pratique, le morceau n’a jamais été dévoilé au public. Et c’est bien dommage.

Jermaine Dupri: Shady a dit, pas touche à Dr. Dre

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Parce que les clashs ne concernent pas que les rappeurs

Il ne s’agit pas à proprement parlé d’un beef opposant Eminem à Jermaine Dupri, du moins pas initialement. Tout est parti d’une rivalité entre producteurs, plus précisément avec le grand Dr. Dre. Sauf qu’Em n’aime pas que l’on s’attaque à son mentor. C’est pour cette raison qu’il jugea bon d’intervenir par la suite. Le clash prendra sa source dans une interview que Don Chichio accorda en 2001 au magazine XXL. Le plus naturellement du monde, il affirme qu’il se considère meilleur et plus influent que les grands noms de la production que sont Dr. Dre & Timbaland. L’Histoire ne trompa personne et pas grand monde ne donna de crédit à ses paroles.

Néanmoins, le Doc n’apprécia pas cette petite provocation. Au point de lui dédier quelques rimes dans son couplet de « Say What You Say » . S’il s’est attiré les foudres du Doc, Eminem a lui aussi pris les armes pour défendre celui sans qui il ne serait pas là aujourd’hui. Résultat ? Jermaine Dupri assassiné par le duo Dreminem. Shady en profite même pour tacler Benzino et Canibus au travers une rime. C’est ce qu’on appelle faire d’une pierre, trois coups. Ce ne sera pas la dernière fois que les trois ennemis seront taclés ensemble sur le même morceau. Le bad boy de Détroit en rajoutera une couche sur « Can I Bitch », dont nous vous avons déjà parlé puis sur « Say My Name », titre d’Xzibit en featuring avec le regretté Nate Dogg.

Après Eminem, c’est toute la clique qui viendra défendre Andre Young. X to The Z remettra à son tour Dupri à sa place avec son freestyle Grindin tandis que Snoop Dogg enfoncera le clou avec son remix de « Welcome to Atlanta ». Au final, sa carrière s’essouffla progressivement et le beef avec. Lui qui disait être le meilleur, on lui rappelle que Dre et Timbaland ont tout deux sortis un album l’an dernier?

Insane Clown Posse: le clash 100% Détroit

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Slim Shady adresse un message à Insane Clown Posse

Le beef opposant Slim Shady & ICP (Insane Clown Posse) est l’un des premiers de la carrière du rappeur. Pour ceux qui ne connaîtraient pas, ICP est un groupe de Détroit composé de deux rappeurs. Violent J (Joseph Bruce) et Shaggy 2 Dope (Joseph Ulster). Voix de l’horrorcore, ces derniers sont pour beaucoup considérés comme les plus détestés du rap game. Tout commença en 1997, alors qu’Eminem était en pleine promo pour The Slim Shady EP. En marge d’un live du duo au St Andrew Hall de Détroit, le jeune artiste distribua des flyers pour annoncer un de ses concerts. Flyers sur lesquels était mentionné qu’ICP serait « peut-être » présent lors de la soirée. N’ayant pas apprécié de ne pas avoir été prévenu au préalable, le groupe refusa catégoriquement de participer au show. Fidèle à lui-même, Shady rentra dans le lard. Il commença à décrédibiliser les deux clowns en affirmant entre autre que ses potes de D12 les auraient chassés d’un club de Détroit avec un pistolet de paintball. Un fait que le groupe démentira sur le morceau, « Nothing But A Bitch Thang« , première diss track destinée à Eminem. S’en suivra une succession de piques de la part de Marshall sur les titres « Get U Mad »  & « Drastic Measures » .

En 2000, le conflit reprend de plus belle, Em ouvre le feu en déclarant dans une interview: « Fuck ICP, buy my CD ». Suite à cette nouvelle agression, les intéressés décident de frapper fort. Récemment associés au groupe Twiztid, ils vont sortir « Slim Anus« . Ce à quoi, il répondra avec le titre bien connu « Marshall Mathers« .

Ce ne sera pas la seule diss track destinée à ICP dans cet album, vous voyez où je veux en venir ? Mais si, souvenez-vous, de Ken Kaniff, personnage homosexuel récurant dans les aventures de Slim Shady. Nous avons tous le souvenir traumatisant de son apparition sur MMLP, celle ou ce dernier se fait sucer par un dénommé Shaggy. Et oui vous l’avez deviné, il s’agit bien ici de notre bon vieux clown qui, encore une fois, se fait humilier comme il se doit. A tel point que le site Rap Genius a désigné cette tracks comme l’une des plus sexuellement explicite de l’histoire du Hip-Hop.

Ces petites gueguerres musicales et scatologiques ne sont rien comparé à la suite des événements.  En juin, Eminem agresse physiquement Douglas Dail, un manager d’Insane Clown Posse, allant jusqu’à le menacer avec une arme à feu sur un parking à Royal Oak dans le Michigan. L’Homme porte plainte, mais Marshall  évite la prison au profit de deux ans de liberté conditionnelle et 10,000 $ d’amende. Un autre drame s’ensuivit l’année suivante, lorsque William Dail, un autre associé du groupe étrangla un fan d’Eminem qui le provoqua lors d’un concert dans le Nebraska. Il est temps d’arrêter les frais. Le beef prend fin officiellement en 2005 après une réconciliation entre D12 &  Psychopathic Records.

Slim Shady part en guerre contre George W. Bush

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Eminem est l’un des nombreux détracteurs de l’ancien président

Eminem est également entré en conflit avec des politiques et plus particulièrement George W. Bush. Dans « Mosh » , chanson dévoilée le 26 octobre 2004 pendant la campagne présidentielle, Eminem appelle les électeurs à ne pas voter pour le président sortant. La vidéo a été dévoilée gratuitement sur internet, mais fut aussitôt censurée. Le message est clair: Eminem appelle à un soulèvement du peuple et ce, peu importe la classe sociale et la couleur de peau. Son combat principal : ramener les soldats mobilisés en Irak au pays. « Plus aucun sang versé pour le pétrole, nous avons nos propres combats à mener contre cette guerre psychologique, le but est de nous faire penser que nous ne sommes pas loyaux, que nous sommes la honte de notre pays si nous ne le servons pas ». Il traitera Bush de « menteur », de « lâche » et suggérera qu’il prenne un « AK 47 pour aller mener sa guerre afin d’impressionner son père. » Malheureusement les efforts d’Eminem seront vains et George W. Bush sera réélu pour un deuxième mandat le 2 novembre 2004.

Dick Cheney, l’ex vice président, a également reçu une petite pique du rappeur. La femme de Dick avait en effet déclaré au Sénat « Qu’Eminem n’était pas le premier rappeur à avoir des propos misogynes, mais qu’il avait amené la haine des femmes à un autre niveau ». Des propos qui n’avaient pas plu au sulfureux Slim Shady, qui dans « Without Me« , dira « Je sais que vous avez un travail Madame Cheney, mais il semble que les problèmes cardiaques de votre mari s’aggravent ».

Avant eux, Bill Clinton en avait lui aussi pris pour son grade. Dans « Who Knew« , Eminem soulève l’hypocrisie de la censure dont il est victime, alors que lui-même commettait des actes douteux… « Tu veux que je contrôle mes mots alors que le président lui même se fait sucer ? ». Il fera référence de nombreuses fois à Bill Clinton et à Monica Lewinsky à travers sa carrière, notamment dans « Scary Movies » et « Rap God« , ainsi que dans le clip de « My Name Is ».

Pouvons-nous espérer un retour de Slim Shady ?

Bien entendu, cette sélection n’est qu’une infime partie des personnalités que notre Shady a persécuté durant sa carrière. Moby, Britney, Amy Winehouse Christina Aguilera Michael Jackson ou encore Nelly en sont de parfaits exemples. Qu’importe le nombre, il les a tous fait taire: ses adversaires et ceux qui ne croyaient pas en lui. Original et subversif, Eminem Aka Slim Shady s’est aujourd’hui indubitablement imposé comme l’un, si ce n’est le meilleur rappeur de tous les temps. Si son authenticité, sa technique et la qualité de sa plume y sont pour beaucoup, à la vue de ses antécédents, on ne peut nier que ses talents en matière de diss y ont énormément contribué. Néanmoins, force est de reconnaître que cette tendance est aujourd’hui retombée. Oui Eminem est encore virulent, parfois choquant et par moment violent, mais sa nouvelle sobriété et son gain de maturité ont eu raison de cette fougue de jeunesse qui a fait son succès. Preuve en est avec la dernière polémique en date. Dans « Vegas » , extrait de Shady XV, celui qui se fait appeler Evil Twin menaçait de violer Iggy Azalea. L’annonce a certes, eu son petit effet médiatique, mais le rappeur de 41 ans n’a pas réellement été pris au sérieux, contrairement à la grande époque. Devons-nous pour autant lui jeter la pierre ? Bien sûr que non. Car si ses récents choix musicaux et son orientation artistique peuvent s’avérer contestables pour certains, notre rappeur n’a rien perdu de sa sincérité. Il n’invente rien et continue de se livrer sans artifice à chaque nouvelle apparition.  Le Slim Shady que nous avons connu est-il pour autant mort et enterré ? On a du mal à y croire. On reste persuadé que si un malheureux imprudent se risquait à lui chercher des poux, son diabolique alter ego ressortira les crocs.990305_6_RS_EMINEM_ABOUT_TO_BLOW_FNL_0414x11-1411x1940

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