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Comment Netflix profite d’un visa pour diffuser “Les étoiles vagabondes” ?

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Comment Netflix profite d'un visa pour diffuser "Les étoiles vagabondes" ?

C’est bon : Les étoiles vagabondes est désormais disponible sur Netflix. Mais derrière cette arrivée surprise se cache une petite particularité qui a bien aidé la plateforme de streaming. Coulisses. 

C’est l’histoire d’un film-documentaire qui se retrouve sur Netflix deux mois après sa sortie. Mais derrière l’excitation de retrouver Nekfeu et sa bande sur la plateforme streaming alors qu’on frissonnait de plus jamais le revoir, se trouve tout de même une petite incohérence : comment une oeuvre sortie si récemment en salle, peut se retrouver si tôt sur Netflix ? Et bien en profitant d’un visa temporaire. Les détails sont assez complexes et parfaitement éclaircis dans un article d’Ozap, mais détaillons.

La chronologie des médias

Il existe dans le monde cinématographique une “chronologie des médias” qui empêche aux réalisateurs et producteurs de faire ce qu’ils veulent avec leurs oeuvres, à partir du moment où elles ont été diffusées en salles. Pour faire clair, 36 mois sont censés séparer une sortie au cinéma d’une offre à la demande (SVOD). Cela permet de maintenir une certaine exclusivité, étalée sur plusieurs maillons.

Essec – Chaire média digital

Au bout de quatre mois, un film pourra sortir en DVD et VOD puis, au bout de 12 mois (réduits à 10 si accord), l’oeuvre pourra être diffusée sur un service de TV payant de cinéma. Voilà, en outre, pourquoi Canal + dispose d’un certain nombre de films en exclusivité. Après 22 mois, le film pourra être diffusé en clair par la chaîne productrice avant, après 30 mois, d’être diffusé en clair tout court. Ce n’est qu’au bout de 36 mois qu’interviennent les services VOD.

Les étoiles vagabondes et son visa temporaire

En théorie, donc, le film-documentaire de Nekfeu et Syrine Boulanouar n’aurait pas dû pointer son nez sur Netflix avant au moins trois ans. C’est finalement sans compter sur une petite nuance mise en place en amont. La chronologie des médias s’applique, en effet, sur les visas traditionnels, dont Les étoiles vagabondes n’est pas concerné. Le film bénéficie d’un visa temporaire grâce à sa sortie limitée (séance unique) qui l’exclut de la chronologie classique. De plus, Netflix n’est pas intervenue dans la production du long-métrage, la firme a simplement acheter les droits en aval.

Ce subterfuge n’a évidemment rien d’illégal, mais enraye le processus traditionnel de chronologie et force une concurrence semi-déloyale. Les différents éléments du maillon – service de TV payant, puis TV en clair – n’ont pas pu profiter de leur exclusivité, Netflix s’imposant dès le deuxième rang.