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Culture

Le constat froid et lucide du Joueur du Grenier sur les YouTubeurs actuels

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Le constat froid et lucide du Joueur du Grenier sur les YouTubeurs actuels

Pionnier de l’expansion des vidéastes au début des années 2010, le Joueur du Grenier a précisé ne plus se reconnaître dans le YouTube actuel. Et il s’est expliqué sincèrement. 

C’est à travers une vidéo de 14 minutes que le Joueur du Grenier a fait le point sur la conception qu’il a du YouTube actuel. Loin de faire preuve de langue de bois, le vidéaste cible ceux qui ont contribué à un virage duquel il se sent déconnecté. «YouTube m’ennuie.», titre-t-il simplement avant de préciser que ce n’est pas parce qu’il ne sent pas concerné par certains formats, qu’il n’apprécie pas les personnes qui se cachent derrière.

Il évoque «le fameux double F» comme principal vecteur du virage de YouTube : “du feat et du fun”. Grosso-modo, des invités et du divertissement. Une recette qui réside dans la quasi-intégralité des chaînes actuelles, qui déplaît au JDG. «Tout est devenu fade, il n’y a plus d’identité, tout le monde fait tout. Je trouve que YouTube est devenu cynique, et que les YouTubeurs ont mis une couche de “lol” par-dessus pour vous faire avaler ça.»

Il regrette également que l’appât du gain ait supplanté la véritable passion. Que la diversité des chaînes thématiques qui construisaient le YouTube de l’époque (gaming, culture, politique) n’existe plus. « Les YouTubeurs, maintenant, passent leur temps à courir derrière le format qui marche. C’est devenu une obsession. Comment trouver le prochain “cheat code” pour baiser YouTube et faire le nombre de vues ? »

Le Joueur du Grenier, sincère et objectif

Dans cette vidéo assez inédite dans son genre, le Joueur du Grenier semble même être emporté par ses propres émotions. «Ce qui me gêne, c’est cette sensation que beaucoup d’entre nous sont devenus des sortes de bergers qui font tout pour attirer les moutons dans notre champ, plutôt que dans le champ voisin.» Il développe également l’aspect concurrentiel de la plate-forme qui, selon lui, n’existait pas il y a cinq ans. La multiplication des formats similaires provoquant un embouteillage où une sorte de course à la connerie s’intensifie.

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De manière assez lucide, il évoque également sa jalousie, qui guide cette vidéo. Lui qui développe intensément son personnage du Joueur du Grenier depuis plus de dix ans, en tentant de lui insuffler une originalité à chaque épisode. «C’est sûr que moi aussi, parfois, j’aimerais faire un combat de Nerf ou tester n’importe quel jeu à la con et faire 4 millions de vues, plutôt que de me faire chier à trouver des blagues après dix ans d’émission.» Il précise même avoir testé d’autres formats, plus réels, dans ce style, mais se jugeant toujours trop idiot pour aller au bout.

Enfin, il parle également des productions qui se cachent derrière les grosses vidéos, regrettant que des équipes mettent en scène des YouTubeurs. Lui, qui transpire une certaine indépendance dans le milieu, trouve que YouTube se rapproche désormais trop du format télévisuel, jusqu’à en être, selon lui, un quasi-aboutissement.

Cette vidéo, d’une pertinence redoutable, brise la glace d’un monde qui semble presque trop beau, trop facile. Si le Joueur du Grenier comprend très bien les raisons qui motivent ce bouleversement de la plate-forme, il n’en reste pas moins pessimiste. Après tout, YouTube suit le développement classique d’un produit inédit, d’abord explicité par une poignée d’intéressés passionnés, puis finalement récupérés par des boîtes qui aspirent à une manne financière.

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