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Smeels : «Ce projet a été fait par amour et avec le cœur»

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Smeels tease son retour avec de mystérieux tweets

Quelques jours avant la sortie de son nouveau projet Par amour et pour le geste disponible depuis vendredi, on a pu échanger avec Smeels. Le jeune rappeur nous a parlé de sa musique et de son état d’esprit.

Par amour et pour le geste sorti, on est revenu avec Smeels sur la création de ce nouveau projet. Cette année spéciale, l’apport de ses projets antérieurs dans la construction de celui-là et le futur, autant de thèmes qu’on a abordé avec lui. Sur la lancée de son année 2020, Smeels est apparu décontracté et fier de ce nouveau projet.

Salut Smeels. Comment ça va ?

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Tranquillement. Comme un troisième confinement entre guillemets mais ça va.

Cette dernière année un peu spéciale, comment tu l’as vécue ?

Bah finalement je l’appréhendais un peu mais je m’en sors plutôt bien. Après, comme tu le sais on fait un taf qui est pas forcément hyper impacté, à part pour les concerts. Mais je trouve qu’en terme d’inspi, ça m’a pas impacté. Au contraire j’ai pu me redécouvrir un peu donc ça m’a fait du bien je pense. Je pouvais plus me concentrer sur ma musique et y consacrer plus de temps.

Parfois ce truc de rester enfermé ça peut vite couper l’inspi. Tu l’as pas ressenti comme ça ?

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C’est vrai que quand t’es enfermé chez toi, et que tu vois ton salon et ta télé, t’as pas forcément grand chose à raconter. Après je pense que c’est ton taf aussi en tant qu’artiste d’essayer de bosser et de passer à travers ça, être plus fort que la page blanche. Moi la page blanche j’en ai jamais connu, j’espère que ça m’arrivera jamais, mais être plus fort que ça, continuer à bosser, chercher des trucs pour contrer l’enfermement. Et toujours « no cap », sans inventer des trucs, rester vrai et droit dans ta musique.

En octobre dernier t’as sorti Very Bad Drip. Est-ce que tu peux m’en parler un peu, 6 mois plus tard ?

En vrai Very Bad Drip c’était totalement un délire. Dans le sens où, je suis en confinement, je suis solo chez moi et je me suis dit : « j’aime bien les sons cainri qui bougent un peu, ça manque un peu à ma palette musicale, pourquoi pas essayer un truc ? » Et c’est parti de là. Je trouvais que le format 3-4 titres s’y prêtait bien. Et quand j’ai enregistré « FACETIME », c’est là que je me suis dit que cet univers là était lourd. Et c’est un univers dans lequel je me sens particulièrement à l’aise. J’adore le rap américain, j’écoute que ça. J’écoute pas beaucoup de rap français, voirepas du tout, et du coup je me suis dit que j’allais pousser le délire. Parce que je me sentais bien dans cet univers. Et une fois sorti, je pensais pas forcément que les gens allaient aimer mais « FACETIME » a quand même bien fonctionné. Je pensais pas que les gens m’attendaient sur ce genre de morceaux mais finalement ils l’ont plutôt bien pris et moi ça m’a fait kiffer de faire ce projet.

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Qu’est ce ce processus créatif et ce nouveau style ont pu t’apporter ?

Il m’ont apporté une nouvelle flèche à l’arc, tout simplement. Il y a des styles que j’ai pas essayé et que certainement j’essaierai pas, comme la drill ou la zumba, qui sont pas trop mon délire. Mais voila, si je peux me découvrir un nouveau style et me rendre le plus polyvalent possible, je prends tout. Sauf la drill.

Pourquoi pas de zumba pas de drill ?

Comment dire ? … Tu vois la paire de Adidas Superstar ? Elle a rien d’original, tu la vois partout. La drill c’est pareil. Surtout que quand j’entends un morceau drill, j’ai l’impression c’est la continuité d’un autre morceau que j’ai déjà écouté. Vu que c’est du 140 BPM, tu peux tous les coller ensemble, ça fait un morceau entier. Je veux pas être de cette fête là. C’est un style que j’aime bien écouter mais je me vois pas en faire… Déjà j’aurais rien à dire dessus, parce que je pense que la drill c’est un état d’esprit aussi. Je pense qu’on peut pas tous se l’approprier. Je suis pas un mec de Londres ou un mec qui a vécu ce qu’ils ont vécu pour pouvoir le raconter sur une prod sombre comme de la drill. Donc je reste à ma place, je fais mes petits sons drip, tranquillement. Chacun sa casquette. Si ça se trouve je suis très nul aussi en drill. (rires)

Depuis le début y’a un côté vraiment « selfmade » qui est mis en avant dans ta façon de faire de la musique. Maintenant on sent que t’es plus entouré, qu’il y a plus de monde, même au niveau des beatmakers par exemple. J’ai notamment retenu les noms de Benjay et Noxious sur Par amour et pour le geste. C’était une réelle volonté de ta part ?

Il y a 9AM aussi attention ! Très très chaud aussi, ça fait un moment qu’on l’a dans le viseur et il est très très bon ! Je sais pas faire de prods personnellement, parce que j’ai pas la patience d’en faire. Du coup je bosse avec des mecs qui arrivent à capter mon univers. C’es comme ça que je m’entoure, pour pas perdre de temps sur des prods que je vais pas arriver à faire. Et je pense aussi  que c’est bien de s’entourer. Pas non plus tout déléguer, parce que si tu délègues tout t’es plus un artiste je pense. Mais déléguer ce que t’as pas forcément besoin de faire. Que ce soit des prods, du graphisme, c’est pas des trucs que j’ai forcément besoin de faire. Le changement que t’as remarqué est réel. Je me suis ouvert cette porte là depuis Very Bad Drip, et j’ai pu voir que c’était cool aussi quand on s’occupe de toi. T’as la tête à la musique et derrière t’as du suivi donc c’est cool d’être un peu pus entouré.

Est-ce que tu touches quand même encore au mix ou même ça tu délègues maintenant ?

Non le mix c’est toujours moi par contre. Tout ce qui est voix, tout ce qui est son, c’est toujours moi qui ait la mainmise dessus et je pense que ça restera comme ça. Même si un jour je suis amené à rentrer dans une maison de disques, je serai toujours là au moment du mix. Et on va tous réécouter encore et encore, jusqu’à ce que j’aime le délire.

Il y aussi Yeong Michin qui est encore là. C’est un gars avec qui tu collabores depuis super longtemps. Est-ce que c’est un duo que tu vois fonctionner pendant encore longtemps ?

Yeong Michin c’est mon reuf. Si demain il faut faire une mixtape commune, il y aura une mixtape commune. Je me pose même pas la question en fait. Il n’y a pas de Yeong Michin sans Smeels et il n’y a pas de Smeels sans Yeong Michin. Si il avait pas été là, j’aurais peut-être pas commencer aussi tôt la musique et je m’y serais pas autant familiarisé. Tu peux pas commencer la musique avec n’importe qui et j’ai eu la chance de tomber un mec come Yeong Michin, compréhensif, déter comme moi et on a pu tout les deux avancer main dans la main et se tirer vers le haut. C’est ce qui a fait que j’en suis arrivé là. Et je me vois loin avec lui ! Parce que déjà c’est mon reuf et en plus de ça musicalement parlant on se connait. Je bosse qu’avec des gens avec qui j’ai vraiment un ressenti.

Parlons de Par amour et pour le geste. Et parlons déjà de ce titre. Qu’est-ce qu’il signifie ?

C’est la façon dont le projet a été confectionné. Le projet a été fait par amour et avec le cœur, toutes les tracks sont vraies, comme d’habitude. Mais là je suis encore plus vrai, je me dévoile un peu plus, ma façon de penser. Avant j’avais un petit blocage, dans le sens ou je pensais que si je disais certaines choses les gens pouvaient peut-être mal le prendre. Sur ce projet, franchement j’en avais rien à cirer. Je me sus juste dit qu’il fallait que je sois le plus transparent possible, comme ça les gens me connaissent à travers ma musique. En fait, c’est une pseudo interview le projet. Et c’est un projet fait par amour et délivré pour le geste. J’ai vraiment kiffé faire ce projet et j’ai mis du love sur toutes les tracks.

Donc dès le début tu savais que t’allais partir sur 13 morceaux pour le projet ?

Déjà faut savoir que le nom du projet ça fait déjà un moment qu’il existe. C’est une phase qui me tient à cœur que je trouve forte et remplie de sens. Et depuis ce moment-là j’ai du faire une soixantaine de tracks, qui pour moi auraient été pour ce projet, donc à la fin ça a été de la sélection. Faut savoir qu’une semaine après avoir bouclé le projet, je suis reparti en studio et j’ai refait un son que j’ai mis dans le projet. J’étais posé dans mon canapé, j’écoutais des prods et là il y en a une qui m’a parlé. Je me suis barré au studio, j’ai enregistré et je me suis dit « Ouais c’est celle-là ». Alors que j’avais réfléchi à pleins d’autres sons, il me la fallait. Je la trouvais forte. C’est « Everose ». C’est dans mes moods un peu plus actuels. Il y en a 4-5 sons comme ça que j’ai fait sur les trois derniers mois. Ensuite certains datent d’il y a un an. Donc ouais j’ai fait beaucoup de morceaux avant de faire ma sélection finale. 13 morceaux c’était pas un truc défini.

Sur ce projet on sent que t’es vraiment en train de trouver ton univers. Que ce que t’as pu faire par le passé te sert maintenant à centrer un peu plus ta musique ?

C’est pas que j’ai trouvé mon univers, parce qu’en vrai je sais pas quand est-ce que je le trouverai. Parce que je me plais dans beaucoup de choses, j’ai à peu près des facilités dans pleins de styles différents. Mais comme t’as dit, j’avais déjà proposé des trucs en 2018-2019 qui étaient des beaux sons. J’ai pris cette base là et je l’ai améliorée avec encore plus de vérités, plus de franchises et plus d’honnêteté. Et c’et ce qui fait que ma musique elle est peut-être encore plus bonne que ce que je faisais avant. Mais j’ai toujours la même trame en terme d’écriture. Les sujets sont les mêmes je les maitrise peut-être un peu plus aujourd’hui. Le mix est amélioré, je gère encore mieux ma voix, donc c’est que de l’upgrade à chaque fois. Mais la base reste la même.

Du coup « Jusqu’au platinium », c’est plus qu’un « flex », c’est un objectif réel finalement ?

C’est plus qu’un « flex », c’est une vérité. Dans mes sons du « flex » il y en a. Mais je le dissimule pas, je le montre vraiment et tu sais que je « flex ». Mais quand je dis « Jusqu’au platinium » c’est réel, c’est clairement l’objectif. Arrivé là, on pourra dire qu’il y a quelque chose qui se passe. En dessous c’est bien mais c’est encore léger, c’est pas assez. Le platine c’est très intéressant et, je pense accessible pour tous les artistes, mais il y a une manière de faire et des portes à casser de force. Du travail, de l’acharnement, mais je pense que tous les artistes aujourd’hui à peu près installés, qui se développent peuvent y prétendre, faut rien lâcher. Et croire en Dieu aussi c’est important, ça aide de ouf dans le développement.

Par le passé t’avais pu dire que Selfmade était un step de passé dans ta discographie. Qu’est-ce que Par amour et pour le geste va avoir comme impact ?

Je le vois pas comme un Selfmade, parce que Par amour et pour le geste, il y a dessus toute une équipe derrière moi qui y a passé du temps, qui m’en a consacré. J’étais pas tout seul cette fois ci. Donc si Selfmade était un step, Par amour et pour le geste c’est une échelle. C’est le premier projet que j’écoute seul chez moi avec mes AirPods et j’ai le sourire. Quand je l’écoute je me dis que j’ai fait un truc spécial quand même. Toujours en restant humble, mais je suis archi fier du projet. Je suis archi fier de « Bleu Ciel » qui en a été le premier extrait. Je suis archi fier de tout ce que j’ai fait autour de ce projet. Rien ne peut m’atteindre là. Tu pourrais me dire « Gros le projet il pue sa mère », je te jure j’en ai rien à foutre (rires). Parce que, dans ma tête le projet est incroyable. Et c’est la première fois que ça m’arrive, je sais pas si c’est un excès de confiance ou quoi, mais en tout cas, ce projet quand je me pose et que je l’écoute, j’ai un grand sourire.

Ce sentiment j’ai l’impression qu’il vient aussi d’un truc en particulier. On sent que tu t’es pas bridé. Que t’as poussé les délires jusqu’au bout. Comme sur le morceau éponyme ou y’a un côté variété française totalement assumé.

De ouf. Comme j’avais déjà pu le dire, musicalement parlant je fais ce que je veux. Si j’ai envie de faire de la variét’ j’en fais, si j’ai envie de faire de la soul, je fais de la soul. Je serais pas forcément hyper bon, mais si j’ai envie d’e faire et que ça me branche je le fais. Et dans ce projet c’est ce que j’ai fait. Et tu fais bien de remarquer le titre « Par amour et pour le geste », parce que c’est celui là où j’ai senti qu’il y avait quelque chose à faire en terme de variété. Le refrain déjà, est très variété, les paroles qui sont pas trop explicites. C’est en truc où j’étais en mode musique française. Mais je pense que tout le monde peut se retrouver à un moment ou à un autre du projet. Certains tracks vont parler à certaines personnes, d’autres à des personnes différentes. Et c’était un choix stratégique de sortir « Bleu Ciel » en premier, parce que selon moi c’est le morceau qui porte le projet. Il fait écho à la cover et il annonce vraiment la couleur de ce projet.

Sur ce projet il n’y a pas de feats. Pourquoi ?

Ce projet est personnel. Je voulais pas que quelqu’un vienne parasiter mes pensées, donc je voulais rester tout seul. Maintenant, concernant les featurings, que ce soit à venir où ceux que je n’ai pas fait, ça dépend des morceaux. Pour te donner une petite info, je suis déjà sur Very Bad Drip 2, j’ai déjà deux morceaux et il m’en manque encore deux du coup. Et faudra que j’aille chercher un feat. Je trouve qu’il y a une track qui a besoin d’un feat sur ce projet. Et ça sera pas que stratégiquement parlant, c’est aussi en terme de flow, varier un peu musicalement parlant. Mais je suis très perso dans la musique en fait. Déjà j’suis relou à mort, et tous les artistes ont un égo. Tu viens tu fais un feat avec moi, je vais te demander de recommencer ça peut te frustrer. Mais je suis pas un mec fermé aux feats, mais c’est vraiment au feeling.

Du coup t’as déjà une idée de qui pourrait se retrouver sur Very Bad Drip 2 ? Ou avec qui tu te verrais collaborer dans le futur ?

En scène française je vois bien Oboy et Guy2Bezbar. Il est très très chaud Guy2BezBar, il a une énergie de fou. Pour moi c’est pas un artiste, c’est une vibe, c’est un délire à lui tout seul. Tu viens d’acheter une petite paire, tu dead ça : t’es en mode Guy2Bezbar. Et dans Very Bad Drip le thème qui revient c’est le « flex ». Le fait de frimer sans forcément être arrogant et je trouve que Guy2Bezbar fat ça à merveille. Et en terme de scène UK, il y a un mec que j’ai découvert il y a deux semaines c’est Central Cee. J’aime bien ce qu’il dégage. Après si j’ai vraiment le choix je te prends un Skepta, ça serait un truc de fou. J’aurais vraiment le sourire aux lèvres en studio avec Skepta.

Qu’est ce qu’on peut te souhaiter avec Par amour et pour le geste et pour la suite ?

Pas bonne chance parce que j’en ai pas besoin. Rien me souhaiter mais donner de la bonne énergie, que le projet souhaite dans les meilleures conditions possibles. Je suis pas dans l’optique de péter des scores de fou, mais j’aimerais beaucoup que ma musique soit reconnue à sa juste valeur. Je veux pas de posts de mid-week ou je sais pas quoi. Mais que les gens écoutent de la vraie musique faite par une vraie personne. Que le projet soit pointé du doigt pour son côté vrai, c’est ce que je me souhaite. La santé est là, la daronne est en bonne santé, tout va pour le mieux et c’est tout ce qui importe. Aussi j’ai déjà reçu pas mal de messages touchants qui me disaient que ma musique avaient pu aider certaines personnes. Si on peut influencer les gens comme ça c’est que du plus.

Dans le reste de l’actualité, on a parlé de Ichi, des beatmakers et de Maes avec Susanoô.

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