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La puissante symbolique derrière le whiteface de Damso

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La puissante symbolique derrière la whiteface de Damso

En osant un whiteface dans sa récente collaboration avec Orelsan, Damso a voulu faire passer un message visuellement puissant. Le rappeur a réussi. 

La profondeur artistique de Damso est inépuisable. Au moins autant que les talents fous de Adrien Lagier et Ouss Ly, les réalisateurs du clip. Ensemble, ils ont souhaité illustrer avec pertinence les propos symboliques et irritants du Bruxellois dans sa collaboration avec Orelsan. « Montrer le non sens du racisme », voilà comment le tandem derrière la caméra explique l’enjeu de ce whiteface pour Hypebeast.

Ils poursuivent : « On a voulu que le spectateur réfléchisse encore plus à ces mots forts avec une scène qui questionne. On a inversé la couleur des esclaves. On ne sait alors plus dans quelle dictature on vit, une dictature fantaisiste dans laquelle ce sont les noirs qui ont pris le pouvoir et qui fouettent des hommes blancs transformés en esclaves. Avec cette scène on a voulu montrer que n’importe qui pouvait sentir le racisme et que surtout, qu’il soit envers les blancs ou les noirs, le racisme est dérangeant, qu’il met mal à l’aise. Voir des blancs se faire fouetter c’est tout aussi malaisant. »

“C’est écrit noir sur blanc que, le blanc, c’est mieux qu’le noir car le noir il est foncé. Le racisme depuis Jésus blanchit, pourtant cheveux laineux, pieds de bronze”

Le pari était audacieux et osé. Sur Twitter, certains s’en prennent à Damso, dénonçant son “racisme anti-blanc”. En réalité, évidemment qu’il ne s’agit pas d’un quelconque racisme, il s’agit plutôt d’une revanche douteuse. En effet, il y a quelques mois, le footballeur Antoine Griezmann déclenchait une polémique en osant un blackface. Les réactions avaient été interminables et le champion du monde avait été longuement accusé de racisme. En se grimant à son tour, le Belge a voulu inverser la tendance, briser les clichés.

C’est d’ailleurs malin d’avoir maquillé la pratique dans un morceau avec Orelsan. L’auteur du récent Épilogue s’est souvent caractérisé comme un cliché du bon Français provincial. Le public de l’artiste est d’ailleurs ultra éclectique et participe à sa popularité. Passant en radio, parfois écouté par une France sûrement moins qualifiée rapologiquement que Damso, Orelsan appuie d’autant plus ce whiteface qui, au-delà du simple appât à polémique, symbolise réellement un pied-de-nez au racisme en France. Coutumiers des scandales féministes, c’est même un double pied-de-nez qui traverse le morceau, puisque les deux artistes se sont montrés très respectueux envers la gente féminine, en ouvrant la porte délicate du racisme. Qu’il soit noir ou blanc.

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