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Musique

Les punchlines de Nekfeu que vous avez manquées dans “Expansion”

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À la surprise générale, Nekfeu a balancé la deuxième partie de son projet Les étoiles vagabondes. Si dans le premier volet, il était question de spiritualité, clash, adultère ou encore manga, Expansion est davantage axé sur la tristesse et l’amour. Mais les punchlines, elles, restent toujours aussi savoureuses. Florilèges.

“J’aimerais faire du rap thug, mais j’suis pas un menteur” – Interlude Fifty

Nekfeu refuse de s’inventer une vie pour avoir “de quoi” raconter dans ses textes. Si l’enfance du Fennec n’était pas royale, il n’était pas non plus à plaindre. Voilà un petit tacle à tous ceux qui se créent un passé pour paraître plus crédible. Aux Etats-Unis, par exemple, Rick Ross en a même fait son fonds de commerce… Nekfeu dénonce aussi ce manque de crédibilité dans “Tricheur”.

“J’ai pas envie qu’on s’amoche, tellement jaloux j’préfèrerais presque que tu sois moche” – Chanson d’amour

Le thème de l’amour est probablement le fil rouge d’Expansion. Nekfeu le formule ainsi dans “Rouges à lèvres” : “Faut que tu sortes dans ma tête, ça fait quatre titres où je parle de toi dans l’album (sans compter l’interlude)”. Il n’arrive pas à tourner la page de sa relation passée, et, si obsédé, il en devient jaloux et confesse ici qu’il aurait préféré que son ex soit moche pour que d’autres hommes ne la regardent pas comme lui le fait (avec les yeux de l’amour).

“T’as un nouvel homme innocent, il me semble qu’on est mieux ensemble. Sur le phone, propos menaçants, minuit sonne : je l’emmène en sang sur le sol” – Energie sombre

Cette punch est en quelque sorte le prolongement de la précédente. Nekfeu souffre de voir son ancienne petite amie dans les bras d’un autre homme, et ne supporte carrément pas cette vision. Le sang du Fennec ne fait qu’un tour : il s’en va refaire le visage de son adversaire.

“Je redeviens humble, les yeux vers le ciel, c’est pas l’Homme qui a crée le feu, c’est la foudre” – Sous les nuages

Petite leçon d’humilité avec Nekfeu pour professeur. Ici, il fait référence à la mythologie grecque, pays dont il est originaire, comme il le rappelle à divers extraits du projet. Ken Samaras, les yeux rivés vers le ciel, lieu où résident les dieux grecs – toujours selon cette mythologie – pense alors que ce n’est pas l’homme qui a créé le feu, comme les livres d’histoires le racontent. C’est Zeus, Dieu de la foudre, qui s’en charge, explique-t-il. Comprendre : Nekfeu, spirituel et humble, croit en une force supérieure à celle de l’homme.

“Un œil au beurre noir pour t’apprendre le black face” – Oui et non

Le black face, ou l’acte de se maquiller en “noir”, et finalement, n’incarner qu’un stéréotype raciste. Antoine Griezmann, par exemple, s’est excusé en décembre 2017 de s’être maquillé ainsi pour accompagner son déguisement hommage aux Harlem Globe Trotters. Avec cette punch, Nekfeu explique là qu’il n’hésitera pas à casser la gueule à celui qui s’essaiera à ce genre de pratique initialement utilisée dans les années 1800 pour ridiculiser les personnes noires.

“Dans cette histoire folle à la Roald Dahl, j’me suis mouillé comme la France au Rwanda” – Nouvel homme

Cette punch fait écho à une histoire d’amour que le rappeur a eu. En la comparant à une histoire écrite par Roald Dahl, la sienne est forcément spectaculaire. Car le romancier anglais est connu pour ses histoires imaginaires notamment Charlie et la Chocolaterie. Pour cette romance, Nekfeu annonce aussi s’être mouillé comme la France au Rwanda. Autant dire que l’interprète engagé prend parti : en 1994, la France a eu une influence militaire non négligeable dans le pays africain suite au génocide des Tutsi.

“Jeux vidéo et débats” – Jeux vidéo et débats

Titre à double sens. Rassurez-vous, vous n’êtes pas le seul à ne pas avoir entendu ce jeu de mots avec “je vis des hauts et des bas”. Sur ce track, le Fennec se remémore les temps difficiles avant le rap jusqu’à son succès d’aujourd’hui. Il conclut le son par une interrogation pleine de modestie :  “qui peut rapper mieux qu’ça je veux des noms”.

“Génération de ienclis j’ai créé du coup je vais devoir les éteindre, mon kho” – Ken Kaneki

Coup dur pour les freestyleurs de soirée : Nekfeu vous a dans sa cible. Le flow de Nek a inspiré beaucoup de personnes dans le rap, mais pas que. En soirée, certains amateurs tentent de reproduire son flow dès lors qu’un type beat passe sur l’enceinte. Ces “freestyleurs de soirée”, ici et souvent surnommés “ienclis”, ont longtemps écorné l’image de Nekfeu, certains lui reprochant sa “fanbase”.

“Tellement sombre que mon ombre est plus claire que moi” – Energie sombre

Le Parisien a traversé des temps durs suite à sa rupture. Avec cet oxymore, Ken raconte à quel point il était plongé dans la noirceur de la déprime. Nostalgique, il se remémore leurs souvenirs amoureux. Et même s’il a tenté de “passer à autre chose”, comme il confie, il fait un constat d’échec : “J’en ai niqué plein d’autres mais c’est moins kiffant” . Période interminable qui le ronge de l’intérieur, et qui explique son mal-être qui plane sur de nombreux morceaux de ses deux nouveaux projets. “Dans la même dimension dans mes sons depuis quelques mois”.

“Les paysages sont désolés, pourtant les hommes n’ont pas d’excuses” – Ecrire

Avec cette phrase Nekfeu dépeint un fléau qui ravage le monde : la déforestation, ou plus généralement, le saccage de la planète. Une punch qui accuse les Hommes, responsables de ce carnage environnemental et qui n’ont “pas d’excuses”. Il les oppose aux paysages qui ont sont, eux, “désolés”. Le rappeur joue bien évidemment sur la polysémie du mot, à comprendre ici dans le sens “dévastés”. Pour mettre des chiffres sur les paroles du Fennec, selon la WWF, entre 1990 et 2015, la déforestation s’élève à plus de 240 millions d’hectares.

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