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On a parlé de Sète, vie d’artiste et d’Abou Tall avec Lyms

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Crédit: @lou_bet

Du soleil et une jeunesse rafraîchissante : c’est ce qui découle de l’art de Lyms, cette nouvelle étoile française de Sète. Inspiré, productif mais pas pressé, il nous raconte d’où il vient et comment il compte se hisser au plus haut du rap français, après avoir déposé son premier tremplin, 7 vie

Raconte-nous ton parcours, où as-tu grandi et comment t’es tu retrouvé à faire du rap ?

Je suis né à Sète, je suis ensuite parti à Nice. C’est aussi là-bas où j’ai commencé la musique, avec l’un de mes meilleurs amis. Il était atteint d’une maladie, la mucoviscidose, je le voyais beaucoup car je l’appréciais vraiment et peu de gens restaient avec lui. J’ai commencé par hasard la musique avec lui. Il m’a demandé de l’accompagner au studio car lui faisait déjà du son. Et pour un morceau, il lui manquait un deuxième couplet, il m’a demandé si j’étais chaud de l’écrire. Ça m’a tenté et je l’ai fait car je kiffe écrire, c’est pour ça que j’ai choisis de faire un BAC L. Après je t’avoue que le couplet que j’ai écrit, il était claqué. J’avais jamais écrit de morceau de rap mais je connaissais bien les schémas de rimes ! Et de là, je suis retourné une autre fois au studio avec lui puis une fois sans lui, deux fois, trois fois, etc… Et j’y ai pris goût.

Ensuite, j’ai déménagé à Toulon, j’ai eu un groupe et c’est là où j’ai commencé à m’y intéresser, car le fait d’être en groupe ramène un esprit de compétition. J’étais toujours le plus claqué du groupe, je suis arrivé en dernier, je venais pas de la même ville qu’eux. Fallait que je fasse mes preuves donc j’ai commencé à m’intéresser, regarder toutes les interviews, écouter tous les albums pour voir comment ils étaient écrits. Et ensuite, j’ai commencé à savoir qu’on pouvait se faire de l’argent en faisant de la musique, je ne le savais même pas. Puis, le groupe s’est séparé, mais ça m’a grave aidé cet esprit de compétition.

Tu écoutais quoi comme musique plus jeune ? On sent  des influences variées dans tes morceaux.

Franchement, j’ai commencé à écouter de la musique tard. Le premier morceau qui m’a marqué c’est “Gravé dans la roche” de Sniper, je l’écoutais sur Skyrock dans la voiture. Et ensuite, ma première claque musicale c’était avec la Sexion D’assaut. J’ai des oncles qui écoutaient beaucoup de sons, ils sont super connectés et ils trainent avec Demi Portion donc j’entendais d’une oreille ce qu’il se faisait. Et concernant ma musique, oui, c’est du rap chanté, c’est du chant-kické mélodieux. Ça restera dans ce délire, je ne suis pas un kickeur énervé, je ne sais pas le faire.

Demi Portion a mis Sète sur la carte, c’est un artiste important de la scène urbaine, quelle relation tu as avec lui ?

Demi Portion, il m’a vu naître, mais je t’avoue qu’on est jamais allé enregistrer en studio ensemble. Je l’ai toujours vu bosser ses albums, on a grandi avec ça, tu peux aller à local là où il traîne, il sera en train d’écrire un morceau de son prochain album. On parle beaucoup de musique quand on se voit, il aime beaucoup ce que je fais, il aime beaucoup les sons avec du chant, l’auto-tune, il kiffe de fou. Il me donne des conseils, il me voit comme un artiste de la nouvelle génération, il me dit “Tu devrais faire un feat avec tel ou tel artiste”. On discute beaucoup.

Dans le morceau “Comme les autres” avec Kanoe tu dis : «La vie d’artiste, c’est pas facile, certains sont devenus dépressifs». On sent une certaine maturité dans tes textes et beaucoup de recul sur tout ça. 

J’ai vu beaucoup d’artistes se mettre dans des états pas possible pour de la musique alors qu’ils n’avaient même pas percés. Ils sont devenus dépressifs, alors qu’ils n’ont même pas compris la musique. C’est pour ça que je dis que la vie d’artiste n’est pas facile car certains voient cette vie comme ils la voient sur Snap mais la vie d’artiste c’est pas ça. Quand j’ai signé, il y a plusieurs artistes de mon entourage qui ont dit “Ah, lui il a signé comme ça, sans être connu, alors moi aussi je peux”. Sauf que mon cas, c’est un cas parmi des milliers d’artistes, c’est rare, chacun son chemin.

Nous, dans notre quartier à Sète, il n’y a pas trop d’artistes mais si on vient de me dire “Regarde le petit là-bas il rappe”, bien sûr que je vais lui donner de la force, c’est obligé. Et même dans mes anciennes villes, comme à Nice par exemple, je donne de la force à des artistes. Et d’ailleurs, dans un commentaire Youtube sur le son avec Kanoe, il y a quelqu’un qui a dit “Ça serait lourd de revoir Lyms et Kanoe refaire le clip dans 10 ans”, j’ai trouvé l’idée lourde. On va refaire des morceaux, c’est mon petit reuf, c’est une évidence.

Abou Tall est présent sur ton projet, c’est un artiste qui t’a marqué plus jeune ?

Avoir Abou Tall sur mon projet, c’est fou car quand j’étais à Nice, j’écoutais beaucoup The Shin Sekaï, j’étais à fond sur eux. Pourtant c’est du chant, c’est même pas du rap. Et c’est aussi sûrement grâce à ça que je ne rap pas vraiment et que je chante. L’avoir sur mon premier projet, c’est un truc de fou, surtout que moi dans The Shin Sekaï j’ai toujours préféré Abou Tall, Dadju je le respecte de fou, mais je préfère Abou. Quand je parle à quelqu’un, j’ai l’impression de le connaitre depuis longtemps donc c’est tranquille, en studio, je parlais avec lui, on rigolait, je lui ai dit que je kiffais tous ses sons, il aime aussi beaucoup ce que je fais. Il m’a dit que je faisais parti des étoiles de la nouvelle génération, donc ça me fait plaisir de ouf surtout venant de lui. J’ai des potes qui m’ont dit : “Tu te souviens il y a quelques années, on l’écoutait et maintenant tu fais un feat avec lui, c’est un truc de fou”.

Ton EP contient 7 morceaux, ce chiffre, ça veut dire beaucoup de choses pour toi…

Avec ce projet, l’objectif c’est de me présenter au public, et le chiffre 7, je l’aime bien. Au-delà de la ville de Sète, je trouve que faire sept morceaux, c’est ni trop, ni pas assez, ça représente 20 minutes, tu l’écoutes, tu le digères, et tu le reprends en gardant les morceaux que tu préfères. C’est sûr que ce n’est pas avec un sept titres que tu vas faire top album, mais c’est une bonne carte de visite. C’est étape par étape, il ne faut pas se presser. J’aurais pu faire un projet à 30 sons, je les ai, mais ça sert à rien. Je suis productif de fou, je n’enregistre pas chez moi car je n’ai pas forcement envie d’apprendre à le faire. Je n’arrive pas à faire plusieurs choses en même temps, donc je préfère me concentrer sur l’artistique, l’écriture, la top line et les paroles.

Je sais que si je me rec, je vais pouvoir me concentrer, chacun son travail. Comme ça, avec l’ingé, le beatmaker on est tous à 100% dans notre truc. Pour ma méthode d’écriture, je suis dans mon lit, j’écoute des type beats et j’écris. Ensuite, j’envoie la prod, je demande une prod un peu pareil. Ou sinon sur place avec le beatmaker direct, j’ai une facilité à trouver des toplines rapidement. J’ai des beatmakers autour de moi avec Ogee Handz mon manageur, Alejo, Ethan Jackson. J’ai pas envie de me fermer en disant que je veux bosser avec tel ou tel beatmaker, j’aime bien m’ouvrir, c’est de la musique, si tu ne partages pas, ça ne sert à rien. Il faut de la couleur et les beatmakers sont là pour nous, j’écoute tout ce qu’on m’envoie. Je suis grave ouvert.

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