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Quatre albums toujours pas disque d'or et c'est clairement scandaleux Quatre albums toujours pas disque d'or et c'est clairement scandaleux

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Quatre albums toujours pas disque d’or et c’est clairement scandaleux

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À l’heure de la sur-certification, on a tendance à oublier que certains artistes galères à la conquête du disque d’or.

La multiplication des certifications, concentrées chez une petite poignée d’artistes, omet la difficulté de tous les autres à s’imposer dans l’industrie musicale. Comme l’inégale répartition des richesses, les 5% masquent les 95%, pourtant véritablement représentatifs d’un milieu cruel, où la force commerciale n’est pas toujours synonyme de qualité. Encore dernièrement, multiples projets dévoilés par des artistes confirmés, loués par la critique, n’ont toujours pas caressé la couleur dorée, premier échelon des certifications. Parlons-en.

Alpha Wann – Une main lave l’autre

On a beau en faire des caisses avec Alpha Wann, louant sa capacité à découper des prods comme un cuisinier cisaille un oignon, UMLA n’en reste pas moins un échec commercial. Évidemment, l’album n’a jamais été taillé pour telle ou telle certification. C’est sûr. Mais les artistes font quand même de la musique pour qu’on l’écoute, car on a beau être le meilleur boulanger du monde, si personne n’achète votre pain, c’est inutile.

Alpha Wann paye donc ses choix commerciaux bancales : recalant de la tracklist Nekfeu et Ateyaba, deux forces commerciales en présence, capables d’offrir du volume au projet. Autre manque : l’absence criante de single. Une volonté évidente pour l’artiste, effrayé à l’idée de tomber dans le mainstream. Difficile donc de chopper ce foutu disque d’or.

Ainsi s’installe un fascinant contraste où UMLA est reconnu comme l’un des meilleurs albums de rap de ces dernières mois, sans pour autant effleurer une quelconque certification. Sûrement qu’Alpha Wann s’en fout, et c’est peut-être mieux comme ça, lui qui précise que son seul potentiel tube est le pire morceau de l’album. C’est aussi pour ça qu’on l’aime.

Josman- J.O.$.

C’est gonflé par une hype certaine que Josman a publié J.O.$. en septembre 2018. Après 000$, l’artiste devait confirmer qu’il était l’un des rookies les plus chauds du game. Et il a confirmé… dans un silence étourdissant. Trop classique, la promotion de Josman lui claque la porte au nez, malgré un album exquis, porté par de vraies prises de risque et une originalité dans la forme.

Peu à l’aise médiatiquement, le rappeur ne s’est appuyé que sur sa propre communauté pour promouvoir son album. Une communauté fidèle et connaisseuse, mais encore trop tendre pour porter à elle-seule un projet jusqu’au disque d’or. Pourtant, ses seules présences sur Clique et Colors auraient pu accroître l’impact de la sortie de J.O.$..

Josman a sûrement aussi payé le timing de sa sortie, dans un mois de septembre 2018 bondé, et où Vald, sournois, a balancé une mixtape surprise le jour de sa sortie. Puis : pas de collaboration, à l’heure où l’exploitation entre artistes semble être un atout indéniable pour se démarquer. Enfin, à noter que “J’aime bien”, single phare de l’album en streaming, n’a jamais été clippé.

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Dinos – Imany

«Je refuse de vivre dans un monde où Imany n’est pas disque d’or», soulève un fan, sur Twitter. Et pourtant, un an et demi après, Dinos n’a toujours pas pu encadrer un disque doré chez lui. Difficile d’y trouver des réponses : les choix de singles ont été peaufinés, la présence de Youssoupha et Ateyaba offrent une véritable exposition à l’album et sa sortie a été programmée en mars 2018, dans un mois plutôt calme.

Peut-être que Dinos paye sa communication trop branlante pré-Imany. Le rappeur a annoncé, puis retardé, plusieurs fois son opus, avant qu’il ne soit officiellement dévoilé. Ce laps de temps, qui se calcule toutefois à plusieurs années, a sûrement noyé certains fans. Et la réédition proposée en décembre 2018, bien que portée par “Placebo”, tube de l’artiste, n’y changera rien.

Pour TaciturneDinos semble se diriger vers une promotion plus imposante, avec un gros travail en amont sur le merchandising. Trois versions pour un opus chargé de faire transiter l’artiste vers une autre dimension.

Jok’Air – Jok’Travolta 

En fait, on aurait pu choisir l’intégralité de la discographie de Jok’Air tant il est peut-être l’artiste le plus sous-côté de sa génération. Lui-même est plutôt lucide là-dessus : «Je ne suis pas à la place que je mérite, à la place que je dois être par rapport à ce que je propose, loin de là». 

La seule explication tangible à son manque de reconnaissance pourrait être surproductivité, cette fois-ci à entendre du côté péjoratif. En pleine hype post-MZ, en 2017, Jok’Air se laisse emporter par sa fougue et envoie trois projets éparpillés en quelques mois. Les fans étouffent, et Jok’Rambo, publié en 2018, peine à regonfler la popularité de l’artiste, malgré une rigueur artistique et une originalité folles.

Et si Jok’Rambo sonne un peu fouillis, Jok’Travolta est un petit bijou, porté par le single “Las Vegas”. Entre balades émotionnelles et featurings puissants, l’album avait tout pour faire passer Jok’Air du côté dorée de la force. Tout, sauf des ventes encore trop tendres. Et un film et une expansion plus tard (portant l’album à 34 morceaux)Jok’Travolta se glisse toujours dans le tiroir des classiques avortés, en manque de roro.

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